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Politique - Législatives 2026

Les expatriés libanais peuvent voter pour les 128 députés, estime la Commission de législation ; Berry fustige l'avis

Selon le chef d'Amal, l'avis a été « dicté par une partie qui planifie à l’avance l’arrêt du processus électoral et vise à empêcher la tenue des élections à leur date. »

Les expatriés libanais peuvent voter pour les 128 députés, estime la Commission de législation ; Berry fustige l'avis

Des députés dans l'hémicycle, le 29 septembre 2025. Photo d'archives Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour

Va-t-on vers un nouveau bras de fer politique, susceptible de reporter la tenue du scrutin ? Le président du Parlement et chef d'Amal Nabih Berry a fustigé dimanche « l'existence d'un plan visant à empêcher la tenue de l’échéance législative à la date prévue », en mai, après que la commission de législation et de consultation a estimé que les expatriés libanais peuvent voter depuis l'étranger pour élire les 128 députés, et pas uniquement pour six sièges dédiés, comme le prévoit la loi électorale de 2017. M. Berry a accusé l'instance, qui rend des avis consultatifs et n'ont pas valeur normative, d'avoir publié son avis « sur instruction d’une partie », sans toutefois la nommer, dans un entretien au journal panarabe al-Chark al-Awsat.

La commission répondait à deux questions adressées par le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar, qui a récemment établi dans une circulaire qu’en l’absence d’identification réglementaire de la 16e circonscription, qui prévoit l'ajout de six députés pour lesquels votent les expatriés, les candidatures dans ce cadre ne pourront pas être déposées. Ce vide juridique crée potentiellement une situation dans laquelle les expatriés inscrits aux législatives, au nombre de 144 000, ne pourraient pas élire de candidats, étant donné qu’aucun candidat ne pourrait s’inscrire. Les deux questions adressées par le ministre étaient : « Les expatriés inscrits peuvent-ils voter depuis l’étranger pour les 128 députés ? » et « Les expatriés inscrits doivent-ils se rendre au Liban pour voter pour les 128 députés ? »

« Une partie planifie à l'avance l'arrêt du processus électoral »

M. Berry a fustigé l'avis de la commission, rattachée au ministère de la Justice, soulignant qu'elle « ne vient pas de nulle part, n’a pas été fabriquée de toutes pièces, mais qu’elle a été dictée par une partie qui planifie à l’avance l’arrêt du processus électoral et vise à empêcher la tenue des élections à leur date, lesquelles doivent se dérouler sur la base de la loi électorale en vigueur ».

Le chef d'Amal a en outre rappelé qu’il avait personnellement ouvert le dépôt des candidatures aux élections législatives cette semaine, convaincu de la « nécessité de couper court à tout ce qui se dit et se colporte selon quoi je serais favorable à une prorogation du mandat du Parlement, sous prétexte que le mouvement Amal serait en recul sur le plan populaire et qu’il n’aurait aucun intérêt à la tenue des élections ». « Nous avons décidé de nous en remettre aux urnes, car elles seules sont en mesure de répondre à toutes ces allégations », a-t-il ajouté. Avant de conclure : « J’ai insisté, et je continue d’insister, pour que les élections aient lieu à la date prévue, et pour que toutes les parties assument leurs responsabilités en facilitant leur organisation, au lieu que certains dressent des obstacles sur leur chemin. » Le ministre Hajjar n'a pas encore commenté la réponse de la commission.

Selon les observateurs, la tenue du scrutin en mai, et selon la loi électorale en vigueur, est favorable aux intérêts du mouvement Amal. Le candidat de l'opposition chiite Ali Mrad (Liban-Sud III) a confié cette semaine à L'Orient-Le Jour que l'opposition aura peu de chances si les législatives se tiennent en mai prochain. En revanche, si le scrutin est repoussé de deux ou trois mois, dans le cadre d'un report technique, et à condition d’éviter la dispersion sur plusieurs listes, elle pourrait selon lui améliorer ses perspectives et mieux s’organiser.

Plus fondamentalement, la question du modalité de vote des expatriés menace d'un report ce scrutin-clé de la démocratie parlementaire libanaise. Le tandem chiite et le Courant patriotique libre veulent conserver telle quelle la loi électorale (2017) qui prévoit l'ajout de six députés « des Libanais de l'étranger », selon l'article 112 de la loi électorale en vigueur. Une option perçue comme plus favorable à leurs intérêts. D'autres groupes parlementaires, Forces libanaises en tête, militent pour un amendement permettant aux émigrés de voter pour l'ensemble des 128 sièges actuels, en fonction de leur lieu d'origine. À deux reprises, avant les législatives de 2018 et celles de 2022, la Chambre avait suspendu l’article 112, permettant aux électeurs de la diaspora de voter dans les circonscriptions de la métropole.

Le scrutin a été fixé par le ministère de l’Intérieur au dimanche 3 mai prochain pour le vote des expatriés dans les pays où ils se sont inscrits (le vendredi 1er mai dans les pays où le dimanche n’est pas jour férié) et au dimanche 10 mai pour les inscrits en métropole. Mardi dernier, le ministère a ouvert le délai de dépôt des candidatures pour l’ensemble des circonscriptions, c’est-à-dire les quinze de la métropole et, en vertu de la loi électorale en vigueur, la seizième, consacrée à la diaspora.

Va-t-on vers un nouveau bras de fer politique, susceptible de reporter la tenue du scrutin ? Le président du Parlement et chef d'Amal Nabih Berry a fustigé dimanche « l'existence d'un plan visant à empêcher la tenue de l’échéance législative à la date prévue », en mai, après que la commission de législation et de consultation a estimé que les expatriés libanais peuvent voter depuis l'étranger pour élire les 128 députés, et pas uniquement pour six sièges dédiés, comme le prévoit la loi électorale de 2017. M. Berry a accusé l'instance, qui rend des avis consultatifs et n'ont pas valeur normative, d'avoir publié son avis « sur instruction d’une partie », sans toutefois la nommer, dans un entretien au journal panarabe al-Chark al-Awsat.La commission répondait à deux questions...
commentaires (3)

Il a voulu se jouer des lois et règlements du parlement et de la constitution eh bien il a un retour un d'ascenseur inédit et brutal. A partir d'aujourd'hui fini la complaisance, il a trouvé en face ceux avec qui se mesurer vont lui faire perdre des plumes. Cette première épilation va lui faire très mal, et il devra s'y faire car celles qui vont suivre AIE! AIE! OUILLE! OUILLE! OUUUUILLE !!!

Pierre Christo Hadjigeorgiou

09 h 11, le 17 février 2026

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Commentaires (3)

  • Il a voulu se jouer des lois et règlements du parlement et de la constitution eh bien il a un retour un d'ascenseur inédit et brutal. A partir d'aujourd'hui fini la complaisance, il a trouvé en face ceux avec qui se mesurer vont lui faire perdre des plumes. Cette première épilation va lui faire très mal, et il devra s'y faire car celles qui vont suivre AIE! AIE! OUILLE! OUILLE! OUUUUILLE !!!

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    09 h 11, le 17 février 2026

  • Qui d,autre fustige, boycotte et ferme a cles aux etoiles la porte de L,ETOILE ou les GAZS s,entremelent sans exploser ? L,ETOILE du CONCENSUEL...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 55, le 16 février 2026

  • Les modalites d'application de la loi qui prone l'election de 6 deputes de la diaspora n'ont pas ete precisees. Le cas echeant, elles doivent etre discutees et votees au parlement. Or, le meme Nabih Berri qui accuse ses opposants de vouloir saboter le processus electoral, refuse de reunir le parlement au sujet de la loi electorale. De peur d'etre mis en minorite. On se demande qui sabote quoi ?

    Michel Trad

    10 h 39, le 16 février 2026

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