Le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, au Salon mondial de la défense, en Arabie saoudite. Photo diffusée par l'armée libanaise.
Le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, s’est rendu en Arabie saoudite les 8 et 9 février, deux jours après sa visite officielle aux États-Unis, a indiqué mardi l’armée. Selon l’institution militaire, le général Haykal a répondu à l’invitation de son homologue saoudien pour assister au Salon mondial de la défense organisé par l’Autorité générale des industries militaires, sous le patronage du roi Salman.
Au cours de son séjour, le général Haykal a rencontré son homologue saoudien et discuté des perspectives de coopération entre les armées libanaise et saoudienne pour les préparatifs liés à la conférence de soutien à l’armée libanaise prévue le 5 mars à Paris. Cette conférence avait été annoncée à la mi-janvier par la présidence libanaise, à l’issue d’une réunion à Baabda avec les ambassadeurs et émissaires du Quintette, dont l’envoyé français Jean-Yves Le Drian et le conseiller du ministre saoudien des Affaires étrangères, Yazid ben Farhane.
« Les deux parties ont également souligné la nécessité de soutenir l’institution militaire sur tous les plans, en raison de son rôle dans le maintien de la sécurité et de la stabilité au Liban, ainsi que dans l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, parallèlement à la lutte contre le terrorisme et la prévention du trafic de drogue et de contrebande », a ajouté l’armée.
Le trafic de drogue a déjà nui aux relations entre le Liban et l'Arabie saoudite par le passé. Ce pays avait suspendu ses échanges commerciaux avec le Liban en 2021, lorsque les autorités saoudiennes avaient interdit l'entrée de fruits et légumes en provenance du pays du Cèdre après l'interception de plusieurs cargaisons contenant du Captagon, une drogue de synthèse. A la suite des efforts déployés par les autorités libanaises dans l’objectif de lutter contre le trafic de drogue, et avec l'aide des nouvelles autorités syriennes proches de l'Arabie saoudite (après la chute du régime Assad en décembre 2024), le royaume a promis dernièrement de renforcer à nouveau ses liens commerciaux avec le Liban.
Le général Haykal a également visité l’ambassade du Liban à Riyad, où il a été accueilli par l’ambassadeur Ali Karanouh et rencontré des membres de la communauté libanaise. Il a exprimé sa reconnaissance au royaume saoudien pour son soutien à l’armée et au Liban face aux défis actuels.
Le commandant en chef de l’armée libanaise était revenu vendredi d’une visite officielle aux États-Unis, où il avait discuté des progrès dans le cadre du désarmement du Hezbollah et des autres milices actives au Liban. Au cours de ce déplacement, il avait été critiqué par le sénateur républicain Lindsey Graham, qui dénonçait des « efforts quasi inexistants » pour désarmer le parti chiite.
Le général Haykal devrait présenter courant février sa vision pour la mise en œuvre de la deuxième phase du plan visant à établir le monopole de l’État sur les armes, alors que le Hezbollah refuse toujours de remettre son arsenal au nord du fleuve Litani. Dans le même temps, Israël poursuit ses frappes quotidiennes, principalement au Liban-Sud et parfois dans la Békaa, en violation de l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024.

