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Lifestyle - Mode

Une nouvelle ère pour Versace sous la direction artistique de Pieter Mulier

Le créateur belge est à la fois l’un des noms les plus prestigieux et les plus discrets de la mode. Son recrutement à la tête de la création de Versace annonce un chapitre différent qui commence en juillet et intrigue déjà les passionnés de cette industrie qui ne survit qu’en se renouvelant sans cesse.

Une nouvelle ère pour Versace sous la direction artistique de Pieter Mulier

Peter Mulier nommé à la tête de la création de Versace . Photo Karim Sadli diffusée sur paradagroup.com.

En avril dernier, Prada annonçait l’acquisition de Versace. La maison de luxe fondée par Gianni Versace, assassiné en 1997, a été cédée pour 1,25 milliard de dollars par son dernier propriétaire, Capri Holdings. Et c’est l’héritier de Prada, le coureur de rallye Lorenzo Bertelli, fils de Miuccia Prada et de Patrizio Bertelli, qui est désormais le président exécutif de Versace. Comment concilier le minimalisme de Prada et le more is more de Versace ? La marque à la méduse, connue pour ses codes sexy, fondée sur le désir, la sensualité et l’affirmation du corps, supportera-t-elle cette greffe exogène sur une maison réputée intellectuelle, grande mécène de l’art contemporain ? Le kitsch, les excès, une forme de « mauvais goût » transformés en haute couture par Versace sont-ils conciliables avec la sobriété cérébrale de Prada ? Entre deux entreprises familiales, deux conceptions du désir, deux univers aux antipodes l’un de l’autre, le croisement s’annonçait explosif. Pourtant, le terrain avait été préparé. Un mois avant la vente de la marque, Donatella Versace qui avait directement succédé à Gianni à la direction artistique de la maison avait démissionné de ses fonctions. Une transition douce avait été opérée avec le recrutement du Napolitain Dario Vitale à la création, précédemment directeur du prêt-à-porter de Miu Miu, marque petite sœur de Prada, plus ludique et instinctive que sa très structurée aînée. Aussitôt la vente conclue, Vitale cède pourtant la place à Pieter Mulier, directeur artistique d’Alaïa, dont la prise de fonctions vient d’être annoncée pour le 1er juillet prochain.

« Prada Group et Versace annoncent la nomination de Pieter Mulier au poste de directeur de la création, à compter du 1er juillet 2026. Ce choix marque le début d’un nouveau chapitre pour la marque. Tout au long de sa carrière, Mulier a façonné des esthétiques distinctives, contribuant au succès de marques telles que Raf Simons, Jil Sander, Dior, Calvin Klein et actuellement Alaïa en tant que directeur de la création. Mulier sera sous la responsabilité du président exécutif de Versace, Lorenzo Bertelli » : un communiqué qui résonne comme une intronisation. « Lorsque nous avons envisagé l’acquisition de Versace, nous avons identifié Pieter Mulier comme la personne idéale pour la marque. Nous pensons qu’il peut véritablement libérer le plein potentiel de Versace et qu’il sera capable d’engager un dialogue fructueux avec le fort héritage de la marque. Nous sommes ravis de commencer ce voyage ensemble », détaille de son côté Lorenzo Bertelli.

Né en 1976, Pieter Mulier est un créateur de mode belge, architecte de formation, diplômé de l’Institut Saint-Luc de Bruxelles, formé dès ses débuts dans les ateliers de mode masculine de Raf Simons. Lui qui a passé son enfance dans la manufacture de chemises de luxe de son grand-père est avant tout un passionné d’excellence. Réputé pour son élégance et sa discrétion, son nom circule surtout dans le milieu des initiés. Il ne fait pourtant pas grand bruit, préférant toujours mettre en avant les marques pour lesquelles il travaille plutôt que son propre nom. Il est pourtant favori à chaque ouverture de mercato, mais c’est Raf Simons qui l’engage comme bras droit et directeur créatif quand il prend en charge Calvin Klein aux États-Unis. La maison Azzedine Alaïa, sous l’aile du groupe Richemont, réussit finalement à le recruter en tant que directeur créatif de plein pouvoir, responsabilité qu’il tient depuis 2021. Qui mieux qu’un architecte pour poursuivre la vision de l’iconique Azzedine Alaïa, si technique, structurale, sensuelle dans son minimalisme ? Mulier est le créateur des ballerines mesh (ou filet) et du sac Teckel, deux immenses succès commerciaux qui renflouent la popularité de la marque sans que jamais la mention de Pieter Mulier n’éclipse celle d’Alaïa. C’est un trésor d’intelligence du vêtement et du corps à la fois, un parfait trait d’union entre une culture de la culture et une compréhension profonde des codes du désir que décroche Prada à travers lui, pour sa nouvelle vision d’un Versace qui doit changer pour que rien ne change.

En avril dernier, Prada annonçait l’acquisition de Versace. La maison de luxe fondée par Gianni Versace, assassiné en 1997, a été cédée pour 1,25 milliard de dollars par son dernier propriétaire, Capri Holdings. Et c’est l’héritier de Prada, le coureur de rallye Lorenzo Bertelli, fils de Miuccia Prada et de Patrizio Bertelli, qui est désormais le président exécutif de Versace. Comment concilier le minimalisme de Prada et le more is more de Versace ? La marque à la méduse, connue pour ses codes sexy, fondée sur le désir, la sensualité et l’affirmation du corps, supportera-t-elle cette greffe exogène sur une maison réputée intellectuelle, grande mécène de l’art contemporain ? Le kitsch, les excès, une forme de « mauvais goût » transformés en haute couture par Versace sont-ils conciliables avec la...
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