Le chef de l'Etat libanais, Joseph Aoun (à droite), s'entretient avec des figures politiques hostiles au Hezbollah, le mardi 3 février 2026. Photo publiée sur le compte X de la présidence libanaise/@LBpresidency
Le chef de l'Etat, Joseph Aoun, a affirmé mardi sa « détermination » à tenir les élections législatives « à partir du 3 mai prochain », rapporte la présidence libanaise sur son compte X. À l'heure où plane sur le scrutin l'ombre d'un report, sur fond de tensions politiques autour de la modalité du vote des expatriés, le président a indiqué que cet enjeu ne relève pas de ses prérogatives, mais du pouvoir législatif.
« Nous réaffirmons notre détermination, aux côtés des présidents de la Chambre des députés (Nabih Berry) et du Conseil des ministres (Nawaf Salam), à organiser les élections législatives à partir du 3 mai prochain. Les idées avancées en vue de leur report, pour quelque raison ou durée que ce soit, ne me concernent en rien, cette question relevant des prérogatives du pouvoir législatif, seul habilité à trancher de telles propositions », a affirmé M. Aoun. Il a par ailleurs indiqué se tenir « à égale distance de tous les candidats », précisant ne pas « intervenir dans les alliances électorales ». « Ma mission consiste à garantir l’intégrité, la sécurité et le bon déroulement du processus électoral », a-t-il ajouté.
M. Aoun a tenu ces propos devant un rassemblement de figures politiques hostiles au Hezbollah, dont le député de Tripoli Achraf Rifi.
Le scrutin clé de la démocratie parlementaire libanaise a été fixé, la semaine dernière, au 10 mai pour les Libanais résidents, tandis que les Libanais de la diaspora devraient voter une semaine plus tôt, le 3 mai.
La question du vote des expatriés continue de diviser la Chambre. Conduits par les Forces libanaises, les partis favorables à un amendement de la loi électorale plaident pour que les expatriés puissent voter pour l’ensemble des 128 députés, comme lors des deux précédents scrutins, et non pour six sièges supplémentaires réservés à la diaspora, comme le prévoit la loi électorale de 2017. Cette dernière option est privilégiée par le tandem chiite (Amal-Hezbollah), sous l’impulsion du président du Parlement Nabih Berry. Début janvier, M. Aoun avait lui-même évoqué un éventuel report « technique » des législatives. « Un, deux mois ou plus ne constituent pas un report », avait-il lancé dans un entretien accordé à Télé-Liban.
« Éviter que le pays ne soit entraîné dans une nouvelle guerre »
Joseph Aoun est également revenu sur les dossiers régaliens. « Je travaille avec l’ensemble des parties concernées afin d’éviter que le pays ne soit entraîné dans une nouvelle guerre, car le peuple libanais n’est plus en mesure de supporter d’autres conflits, et parce que les circonstances internationales ont créé de nouvelles réalités qui exigent une approche réaliste et rationnelle pour protéger le Liban et ses citoyens », a déclaré M. Aoun. Une allusion implicite à la crainte liée à une éventuelle intervention du Hezbollah aux côtés de la République islamique d'Iran, en cas de frappes américaines contre Téhéran. « J’espère que les efforts déployés pour épargner au Liban tout danger rencontreront compréhension et engagement positif », a ajouté le chef de l'État.
L'approche « rationnelle » évoquée par M. Aoun fait écho à ses propos, largement critiqués par le Hezbollah, où il avait appelé début janvier le parti chiite pro-iranien à la « raison », sur fond de refus du parti de se désarmer au nord du fleuve du Litani, malgré la décision gouvernementale prise en ce sens en août 2025.
Parallèlement, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, ainsi que le vice-président du Conseil Tarek Mitri ont tenu des propos similaires. M. Salam a lui aussi déclaré depuis Dubaï ne pas permettre que « le Liban soit entraîné dans une nouvelle aventure ». M. Mitri, interviewé mardi par la chaîne saoudienne al-Hadath, a dit « espérer que le Hezbollah fera preuve de raison, cette fois encore, en cas de déclenchement d’une guerre contre Téhéran. » Il a ajouté qu'il rejetait « toute implication dans une guerre régionale ou la transformation de notre pays en théâtre de la guerre des autres. » Il a également rappelé que le « Hezbollah refuse de remettre ses armes au nord du Litani. »
M. Aoun a également estimé que le « retour de la confiance de la communauté internationale envers le Liban et son soutien est une conséquence naturelle des efforts que nous déployons pour reconstruire l’État sur des bases solides, notamment à travers l’instauration de l'État de droit et du monopole des armes », aux mains de l'État. « Ce sont deux principes irréversibles (...) et nous œuvrons à leur réalisation », a-t-il ajouté. « Il n’est pas question de suspendre la mise en œuvre des engagements que j’ai pris dans le discours d’investiture », le 9 janvier 2025, a-t-il ajouté.
L'aide internationale au Liban est conditionnée au désarmement du Hezbollah et à la mise en place de réformes structurelles, à la suite de la crise économique et financière de 2019. L'aide pour la reconstruction des zones détruites par la guerre à l'automne 2024 entre le Hezbollah et Israël n'a pas encore été accordée, le parti chiite refusant de remettre son arsenal sur l'ensemble du territoire libanais.


Les élections doivent avoir lieu quelques soient les circonstances. Il est temps que nous nous habituons a respecter nos lois. nos règlements et la constitution. Quand au gens du Sud, s'ils sont enregistres dans leur village ils iront voter dans leur village même détruit. Un bureau de vote ce n'est qu'une ou deux chambre qui facilement peuvent être installées en préfabriqué s'il le faut. Reste a savoir si les expatriés voterons ou pas car ils sont la balance nécessaire qui permettra de changer les choses au Liban.
09 h 34, le 04 février 2026