Les urgences de l’hôpital de l’Université américaine de Beyrouth, dans la soirée du 17 septembre 2024. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
L’attaque israélienne de septembre 2024 au Liban, au cours de laquelle des milliers de « bipeurs », les dispositifs de communication portables utilisés par le Hezbollah ont explosé, a coûté environ 322 millions de dollars à Israël, a rapporté Gil Pinchas, un ancien conseiller financier de l’armée israélienne, récemment retraité, au quotidien israélien de gauche Haaretz.
« Le tout a coûté un milliard de shekels (322 millions de dollars, Ndlr). Tout compris. Mais il s’agit d’un investissement sur le long terme. Cela n’a pas commencé pendant la guerre », a précisé Gil Pinchas, interrogé dimanche sur l'inclusion du coût des détonations des talkies-walkies.
La double attaque, menée les 17 et 18 septembre 2024, a fait exploser le premier jour les « bipeurs » puis le second les talkies-walkies, tous deux appartenant au parti-milice pro-iranien, faisant près de 40 morts, dont des enfants et des professionnels de santé, et près de 4 000 blessés. Quelques jours plus tard, le 23 septembre, Israël a lancé une offensive aérienne d'envergure au Liban, déclenchant deux mois de guerre ouverte avec le Hezbollah, conclus par un cessez-le-feu entré en vigueur fin novembre.
Un peu moins de deux mois après l’attaque, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait reconnu qu’Israël était à l’origine des explosions, précisant que cette opération, tout comme l’élimination de l’ancien chef du Hezbollah Hassan Nasrallah fin septembre, avait été menée par le Mossad avec son feu vert, malgré l’opposition de hauts responsables de la sécurité et de certains ministres. En décembre 2024, deux anciens agents du service de renseignement Mossad ont révélé à l’émission « 60 Minutes » de CBS News que le Hezbollah avait acheté des milliers de talkies-walkies et « bipeurs » piégés, sans se douter qu’ils avaient été fabriqués en Israël.
M. Pinchas a également indiqué que les frappes aériennes israéliennes durant la guerre de juin 2025 contre l’Iran, qui ont duré douze jours, ont coûté 20 milliards de shekels (environ 6,4 milliards de dollars). Le conseiller a ajouté que ces coûts ne constituent pas le principal facteur dans la décision de lancer une opération, mais que « c’est important, car le gouvernement doit se préparer (à en tenir compte) ». Il a précisé qu’en 2024, le ministère israélien de la Défense a investi plus de 1,2 milliard de shekels (environ 386 millions de dollars) dans 300 start-ups, sans en détailler la nature. « Cela provient du budget de la défense et, au bout du compte, cela vous donne des produits pour une guerre future. Toutes les start-ups ne réussissent pas, mais au final, vous avez besoin de cette surprise », a-t-il ajouté.
Dans un article publié en janvier dernier, le Haaretz estimait que l’assassinat de Nasrallah le 27 septembre 2024 avait coûté 34 millions de dollars à Israël. Ce jour-là, des avions de chasse israéliens ont décollé de la base aérienne de Hatzerim dans l'après-midi, armés d'au moins 83 tonnes de bombes, qu'ils ont ensuite larguées sur un ensemble de six immeubles dans le quartier de Haret Hreik de la banlieue sud de Beyrouth.



Quand on aime on ne compte pas… si le Liban avait fait appel à des mécènes ultra riches libanais dans le monde pour améliorer sa défense et affronter les fossoyeurs de notre pays, le Liban ne serait pas la serpillère de tous ces terroristes qui viennent, sans y être invités détruire notre pays qu’ils savent faible et sans défense. Mais nos dirigeants jusque là avaient d’autres préoccupations. Celle de s’enrichir sur nos ruines et nos cadavres. Ne venons pas reprocher à un pays d’utiliser tous les moyens pour défendre son existence. Ça frise le ridicule.
13 h 07, le 04 février 2026