La cour intérieure de la prison de Roumié. Photo d'archives Ramzi Haidar/AFP
Dans une vidéo diffusée depuis le bâtiment « B » de la prison de Roumié, consacré aux salafistes, un détenu entouré d’une cinquantaine de prisonniers, a annoncé, dimanche, le lancement d’une grève de la faim ouverte à partir de lundi, en signe de protestation contre la situation « tragique et inhumaine » qui prévaut en prison.
« Notre grève de la faim se prolongera jusqu‘à la satisfaction de nos revendications légitimes », a affirmé le détenu, appelant tous les prisonniers à travers le territoire national à se joindre au mouvement. Selon des sources médiatiques, les détenus de la prison du Palais de justice de Tripoli ont également, entamé, lundi, une grève de la faim.
Le porte-parole des détenus visibles dans la vidéo a, en outre, invité toutes les personnes « de conscience », issues des « diverses composantes de la société », à participer à un sit-in de solidarité, place Riad el-Solh dans le centre-ville de Beyrouth, vendredi, à 12h30.
Parmi les détenus figurant à ses côtés, se trouvait Ahmad Assir, le cheikh salafiste impliqué dans des affrontements avec l’armée, à Abra (Saïda), en 2013, qui avaient causé la mort de nombreux soldats.
S’adressant à « toutes les instances politiques, judiciaires et institutions humanitaires », le communiqué lu par le prisonnier précise que les détenus « n’ont épargné aucun moyen pour faire entendre leur voix aux responsables, qui restent sourds à leurs revendications ». Le texte rappelle que « ces responsables ont été avertis à maintes reprises que la situation dans les prisons est catastrophique et susceptible d’exploser à tout moment ». Il soutient qu’au sein de la population carcérale, 44 décès ont été recensés l’an dernier, ainsi que six autres depuis le début de l’année en cours, dont « un suicide », qu’il attribue tous à « l’absence de soins médicaux et (à) la négligence par l’État de ses obligations sanitaires et sociales ».
En parallèle, la direction des Forces de sécurité intérieure (FSI) a publié un communiqué, dimanche, dans lequel elle a souligné que « la vie et la santé des détenus sont une responsabilité sérieuse qui ne peut être négligée ». Suite à des informations ayant circulé sur les réseaux sociaux autour de la mort de deux prisonniers, l’un à Roumié et l’autre à Qobbé (Tripoli), les FSI ont ainsi fait état de l’adoption de « mesures en coordination avec les services de sécurité et médicaux de toutes les prisons libanaises, afin que chaque détenu reçoive les soins appropriés à son état, soit en prison, soit à l’hôpital en cas de transfert nécessaire, avec un suivi lors de son retour en détention ».
Dans le même communiqué, le service sécuritaire a clarifié les circonstances respectives de la mort des deux détenus évoqués plus haut : né en 1940, le premier était un ressortissant syrien, qui souffrait de maladies chroniques. Il avait reçu « tous les médicaments et traitements nécessaires », et avait subi « plusieurs interventions chirurgicales ». Samedi dernier, suite à des difficultés respiratoires, il a été transféré en urgence à l’hôpital Dahr el Bacheq (Metn), puis à l’hôpital al-Raï, à Saïda, où il a été placé en soins intensifs, avant de « décéder d’un arrêt cardiaque malgré des tentatives de le réanimer », toujours selon les FSI. Le second détenu était un Libanais âgé de 70 ans, incarcéré à Qobbé, et souffrant également de maladies chroniques. Il a été transporté à l’hôpital public de Tripoli, « en moins de 25 minutes », souligne le communiqué, indiquant que « selon les informations disponibles, le détenu n’avait pas respecté récemment la prise régulière de ses médicaments, bien qu’ils soient disponibles en prison ».
« Justice sélective »
Sur le plan judiciaire, le porte-parole des détenus présents a dénoncé « une paralysie due aux grèves répétées des magistrats », notant que ce contexte « a transformé les détenus en otages ». En référence aux pourparlers en cours entre Beyrouth et Damas pour le transfert de prisonniers syriens vers leur pays, il a indiqué qu’« après des années de souffrance, les prisonniers sont surpris, aujourd’hui, de constater que l’État libanais s’oriente vers des solutions sélectives ». S’il a reconnu « un droit légitime » pour des détenus syriens, remplissant certaines conditions, de purger le reste de leurs peines en Syrie, il a souligné que « les autres prisonniers continuent de pâtir de slogans creux, notamment de fausses promesses de désengorgement des établissements pénitentiaires, ainsi que des vaines annonces sur une accélération des procès ». Ce qui, selon le communiqué, « renforce l’institutionnalisation de l’injustice au détriment d’une justice transitionnelle ».
Contacté par L’Orient-Le Jour, une source sécuritaire indique que la direction de la prison de Roumié n’a reçu aucune « notification officielle » de la part des grévistes, ce qui, selon cette source, complique leur prise en charge et leur suivi médical.



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20 h 40, le 26 janvier 2026