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Économie - Rapport

Bank Audi : 5 % de croissance économique au Liban en 2025, trois scénarios pour 2026

Dans son rapport, l’établissement fait état d’une augmentation de 1,3 milliard de dollars frais dans le secteur bancaire lors des 11 premiers mois de l’année écoulée.

Bank Audi : 5 % de croissance économique au Liban en 2025, trois scénarios pour 2026

Un quartier de Jounieh vu depuis le téléphérique, le 21 juin 2022. Photo d'illustration Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour

Après la Banque mondiale (BM), c’est au tour de Bank Audi de publier son rapport sur l’état de l’économie libanaise en 2025. Un texte dans lequel la banque libanaise partage les mêmes constats macroéconomiques que ceux relevés par l’institution internationale, bien que certains chiffres en diffèrent.

« La percée politique qu’a connue le Liban au début de l’année 2025 a entraîné d’importantes retombées économiques et financières, se traduisant par des inversions de tendance sur plusieurs fronts », notent dans leur introduction les auteurs du rapport. Par conséquent, « la croissance du PIB réel est estimée à 5 % en 2025, après une contraction de 7,5 % enregistrée en 2024 dans un contexte de répercussions liées à la guerre », ajoutent-ils. Un niveau supérieur à celui avancé par la Banque mondiale qui a revu à la baisse ses estimations de croissance de l’économie libanaise pour l’année écoulée, passant de 4,7 % à 3,5 %.

Avancées politiques et économiques

Cette tendance positive a notamment été enclenchée par « plusieurs percées politiques majeures sur le plan intérieur, à commencer par l’élection présidentielle, la formation d’un gouvernement de technocrates qualifiés, ainsi que la décision historique du cabinet du 5 août instaurant le monopole de l’État sur les armes », indique le rapport. Ces avancées, réalisées parallèlement aux efforts de mise en place des réformes économiques, ont également eu pour résultat de rassurer les investisseurs étrangers, faisant grimper les prix des eurobonds à 23,10 cents à fin décembre 2025, contre 12,75 cents à fin décembre 2024 et seulement 6 cents fin septembre 2024. Cette amélioration se poursuit en début d’année alors que leur valeur atteignait 28,50 cents selon la banque, soit leur niveau le plus élevé depuis le défaut de paiement du Liban le 9 mars 2020.

Bank Audi précise que l’année 2025 a également témoigné d’une amélioration au niveau du secteur public. Concrètement, cela s’est manifesté par un excédent budgétaire d’un milliard de dollars selon les chiffres de la présidence libanaise, indique-t-elle dans son rapport, alors que le gouvernement tablait sur un équilibre budgétaire. Cela « résulte directement de plusieurs initiatives gouvernementales visant à lutter contre l’évasion fiscale », notamment « au sein des services des douanes ». Dans ce cadre, les auteurs du rapport mentionnent que le communiqué de la présidence évoque « environ 6 milliards de dollars » de recettes publiques en 2025, soit près de 20,7 % de plus que les prévisions budgétaires, alors que les dépenses publiques se sont élevées à environ 5 milliards de dollars, soit 0,5 % de plus que les prévisions. Malgré cela, l’établissement bancaire estime que « les mesures prises en 2025 doivent être renforcées, de nombreux domaines des finances publiques (tels que le sureffectif, l’électricité, l’eau, les câbles de télécommunications illégaux, etc.) nécessitent encore une attention particulière ».

Pour 2026, la banque indique que le « gouvernement gagnerait fortement à réduire les dépenses inutiles tout en accélérant le rythme des actions de lutte contre les pertes de recettes ». Cela passerait selon elle par la réduction de postes au sein de la fonction publique, par l’introduction des technologies numériques, par la diversification de ses sources de revenus par le biais d’investissements et par le renforcement du recouvrement des recettes non fiscales, alors que les recettes fiscales représentent 82,9 % du total des revenus publics.

En ce qui concerne le secteur bancaire, Bank Audi précise que l’année passée a été « marquée par une augmentation significative des dépôts en dollars frais dans le secteur bancaire libanais », égale à 1,3 milliard de dollars lors des 11 premiers mois, passant de 3,2 milliards de dollars à fin décembre 2024 à près de 4,5 milliards de dollars à fin novembre 2025. Celle-ci a été accompagnée d’une diminution de 2,2 milliards des dollars bloqués en banque depuis le début de la crise en 2019 (communément appelés "lollars"), qui sont passés de 84,7 milliards de dollars à 82,4 milliards de dollars en novembre 2025. Parallèlement, le rapport mentionne qu’à juin 2025, la Banque du Liban faisait état d’une enveloppe totale de prêts en dollars frais (libres de restrictions) de 553 millions de dollars.

Trois scénarios

Au-delà de l’année écoulée, Bank Audi conclut son rapport en s’avançant sur les perspectives de 2026. Elle y propose ainsi trois scénarios, estimant que le scénario positif a une probabilité de réalisation de 45 %, situant l’intermédiaire à 35 % et le négatif à 20 %.

Le scénario positif repose sur le maintien de la stabilité sécuritaire tout au long de l’année, sur la concrétisation d’un vaste effort de reconstruction, d’importants flux de capitaux étrangers, l’adoption de la loi sur le « trou financier » actuellement au Parlement, et la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Selon ce scénario, Bank Audi avance notamment que la croissance du PIB réel pourrait atteindre 8 %, que les prix des eurobonds dépasseraient le seuil de 30 cents et que les dépôts frais du secteur bancaire connaîtraient une croissance à deux chiffres.

Le scénario intermédiaire repose sur l’hypothèse d’une stabilité sécuritaire en 2026, accompagnée d’un effort de reconstruction limité et de la poursuite des querelles politiques internes, sans réformes majeures ni accord avec le FMI, ce qui se traduirait par un rythme de reprise modéré. Dans ce cas, la croissance du PIB réel se situerait autour de 3 %, les prix des eurobonds oscilleraient autour de 25 cents et les dépôts frais du secteur bancaire connaîtraient une croissance négligeable.

Enfin, le scénario négatif repose, lui, sur la détérioration relative de la situation sécuritaire, l’intensification des rivalités politiques internes et l’absence d’entrées de capitaux étrangers significatives. Le cas échéant, la croissance du PIB réel basculerait dans le rouge dans un contexte de forte inflation, les prix des eurobonds repasseraient sous le seuil de 20 cents et les dépôts frais du secteur bancaire pourraient enregistrer une contraction nette.

Après la Banque mondiale (BM), c’est au tour de Bank Audi de publier son rapport sur l’état de l’économie libanaise en 2025. Un texte dans lequel la banque libanaise partage les mêmes constats macroéconomiques que ceux relevés par l’institution internationale, bien que certains chiffres en diffèrent.« La percée politique qu’a connue le Liban au début de l’année 2025 a entraîné d’importantes retombées économiques et financières, se traduisant par des inversions de tendance sur plusieurs fronts », notent dans leur introduction les auteurs du rapport. Par conséquent, « la croissance du PIB réel est estimée à 5 % en 2025, après une contraction de 7,5 % enregistrée en 2024 dans un contexte de répercussions liées à la guerre », ajoutent-ils. Un niveau supérieur à celui avancé par la Banque mondiale...
commentaires (2)

Des chiffres et des chiffres, l’économie va bien nous dit-on. Allez donc faire votre marché et vous verrez que cette embellie n’est pas pour vous ! Venant en plus d’une banque, ces chiffres deviennent naturellement suspects. Comment un peuple démuni et volé peut-il réaliser pareille prouesse ? Il doit y avoir une erreur, et ce rapport parle peut-être d’un autre pays. A moins que tant que les banques vont bien, tout va bien. Revoyez vos dossiers messieurs et svp ne généralisez surtout pas.

NG

06 h 42, le 26 janvier 2026

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Commentaires (2)

  • Des chiffres et des chiffres, l’économie va bien nous dit-on. Allez donc faire votre marché et vous verrez que cette embellie n’est pas pour vous ! Venant en plus d’une banque, ces chiffres deviennent naturellement suspects. Comment un peuple démuni et volé peut-il réaliser pareille prouesse ? Il doit y avoir une erreur, et ce rapport parle peut-être d’un autre pays. A moins que tant que les banques vont bien, tout va bien. Revoyez vos dossiers messieurs et svp ne généralisez surtout pas.

    NG

    06 h 42, le 26 janvier 2026

  • L'OlJ continue a donner la parole aux crapules bancaires qui ont participe activement au VOL des depots de leurs clients. Mais, peut-etre ignorez-vous que Samir Hanna, ancien PDG de Audi bank, est sous le coup de poursuites judiciaires en France et au Liban ? Ces gens n'ont rien a dire. Ils doivent payer, en silence. Un peu de decence, que diable.

    Michel Trad

    20 h 44, le 23 janvier 2026

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