Lentement mais sûrement, l’équipe du Sérail et le tenancier du Parlement se dirigent clopin-clopant vers des législatives bidon que les historiens qualifieront plus tard de meilleure pantalonnade de 2026. Des élections auxquelles personne ne croit, à part le pensionnaire du Château qui doit penser que l’engeance politique qu’il fréquente est formée de Scandinaves issus du croisement de la République de Platon et d’un bidet romain.
Pas un jour ne passe pourtant sans que l’un des trois mamelons du pouvoir ne jure devant les journalistes, qui tapinent dans l’antichambre avec la domesticité, que la consultation aura lieu à la date prévue. Sur le papier certainement. Mais dès que les trois partitions sont mises en musique, la cacophonie qui en sort grince à tout berzingue.
Toujours aussi grand prince, Istiz Nabeuh continue lui de s’essuyer les pieds avec application sur le projet de loi du gouvernement au sujet du vote des expats en le catapultant vers les commissions parlementaires, ce qui lui assure un enterrement de première classe. Faut dire qu’à la base, l’équipe à Tonton Nawaf ne lui avait pas facilité la tâche et avait surchargé le papyrus de tout un fatras de mesures qui n’ont rien à voir, comme les guignolades autour des cartes magnétiques ou des « mégacentres » électoraux. Un enrobage sans doute destiné à faire passer la pilule à l’Ancêtre législatif, lequel a néanmoins signifié à tout ce joli monde qu’on ne la lui fait pas…
Puis surgit soudain la saillie magique : « report technique ». Depuis des mois qu’on l’attendait celle-là ! Les birbes déliquescents qui s’ébrouent aux pieds du Haut Perché nous distillaient déjà l’idée que ce ne serait pas la mer à boire. Venant d’une camarilla d’imbuvables, le propos est truculent. « De quelques mois seulement », qu’ils bêlaient, zappant le fait que chez eux on peut pinailler des années sur des points débiles, au prétexte que le diable est tapi dans les détails. Tellement d’ailleurs, qu’on se demande si ce n’est pas la profusion des diables qui a toujours enfanté ces détails.
Maintenant que le boa du report est gobé, gageons que d’autres croûtons vont bientôt se mettre en branle pour ânonner qu’un ajournement sine die du scrutin « ne serait pas la fin du monde ». Viendra ensuite le temps des incantations. Genoux à terre et battant le bedon qui leur sert de coulpe, ils invoqueront en toute contrition ces fameuses « circonstances régionales exceptionnelles » qui permettront de remettre le couvert pour une extension du bail parlementaire. Un salmigondis de prières que le Taulier de la Chambre doit réciter dans le plus secret des replis de son cortex ramolli. Car c’est bien connu : quand la soupe est bonne, les papys ne décrochent jamais !
Dire qu’il y a des pays où de pauvres hères se font massacrer pour avoir le droit de voter, pendant qu’ici on se paie le luxe de rêver à des reports de scrutins parce que les bulldozers électoraux promis ont coulé une bielle et que leurs conducteurs se sont fait raser gratis. La voilà, la cerise sur ce gâteau gâté : un Parlement et des députés à vie dans un pays qui a oublié de vivre.
gabynasr@lorientlejour.com


L'Otan n'a pas de plan dans le détroit d'Ormuz, mais y pense
L'art de rapporter des réalités chimériques et strictement libanaises d'une façon inégalée et inégalable !!! Merci pour nous avoir ouvert les yeux ...
15 h 19, le 26 janvier 2026