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Société - Explosion Au Port De Beyrouth

Drame du 4-Août : Zeaïter et Khalil condamnés à des amendes de 10 et 100 milliards de livres libanaises

Deux jugements ont été rendus, après deux plaintes déposées contre les deux députés et anciens ministres du mouvement Amal. Leur avocat assure qu'il fera appel.

Drame du 4-Août : Zeaïter et Khalil condamnés à des amendes de 10 et 100 milliards de livres libanaises

Les anciens ministres Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter.

La fin des recours abusifs pour entraver l'enquête ? Le tribunal de première instance de Beyrouth a rendu vendredi deux jugements condamnant les deux anciens ministres Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter à verser deux lourdes indemnités pour avoir, à plusieurs reprises ces dernières années, entraîné un « retard de l'enquête » sur la double explosion meurtrière au port de Beyrouth, par de multiples recours en justice, jugés abusifs. Il s'agit de deux actions civiles menées en parallèle de l'enquête sur le port.

La plainte contre les deux députés du mouvement chiite Amal présentée par la juge Dania Dahdah, en tant que soeur d'une victime de l'explosion, et rendue publique mardi, prévoit le versement de dix milliards de livres libanaises (soit plus de 100 000 dollars). Elle a été portée par les avocats Melhem Khalaf, Tammam Sahili, et Maan Abou Saber.

Une autre décision, obtenue par L'Orient-Le Jour, et émise le jour même par le même tribunal, les condamnent à verser la lourde amende de cent milliards de livres libanaises (soit plus d'1 million de dollars). Elle a été pour sa part portée par cinq avocats, Tammam Sahili, Nasri Diab, Choukri Haddad, Nagib Hajj Chahine et Assad Najm. Les avocats des deux plaintes sont membres du bureau des plaintes du barreau de Beyrouth en charge de la défense de plus de 1200 personnes affectées par l'explosion.

Contacté par notre rédaction, l'avocat des deux accusés, Samer Hage, affirme qu’il n’a pas encore été notifié des deux jugements et compte faire appel. Il dispose de 30 jours à partir du moment ou il est notifié pour interjeter appel.

Selon le jugement relatif à la plainte présentée par la juge Dahdah, Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter, tous deux poursuivis dans le cadre de l'enquête sur le drame du 4 août 2020, sont accusés d'avoir « entraîné un retard de plusieurs mois » de l'investigation après avoir « présenté des recours visant à dessaisir le juge (Fadi Sawan) » qui était en charge du dossier en 2021. Le juge avait été démis de l'enquête par la Cour de cassation en février 2021 après un recours pour suspicion légitime présenté par les deux députés d'Amal.

Après la nomination du juge Tarek Bitar pour reprendre l'enquête, les deux accusés ont « présenté une demande de récusation devant la Cour de cassation », finalement rejetée. Ils ont par la suite présenté des demandes successives de dessaisissement du juge Bitar, fondées sur les mêmes motifs, ce qui a conduit à la suspension de l’enquête, rappelle le jugement. Les deux anciens ministres étaient « conscients » que cela entraînerait la suspension de l'enquête, peut-on lire. Le deuxième jugement fait valoir les mêmes griefs.

Selon l'exposé des faits dans l'un des deux jugements dont L'OLJ a consulté une copie, les deux anciens ministres ont fait valoir durant le procès que leurs recours n'étaient pas abusifs, d'autant que le juge Tarek Bitar n'aurait pas été compétent pour enquêter auprès d’eux, en leur qualité de ministres au moment du stockage du nitrate d'ammonium à l'origine de l'explosion. Ils se basent sur un article de loi qui prévoit que c'est le Parlement, à une majorité de deux tiers, qui peut décider de mettre en accusation des ministres. Dans ce cas-là, ils seraient déférés à la Haute Cour de Justice chargée de juger les présidents et les ministres.

Après deux années d’entraves politico-judiciaires, l’enquête sur la double explosion au port a été relancée en janvier 2025, presque en concomitance avec l’avènement d’un nouveau pouvoir exécutif, à la présidence de l'État et du gouvernement, qui a d’emblée affiché une volonté de rupture avec l’impunité et placé dans ses priorités la reprise des investigations.

Le drame du 4 août 2020 a fait 235 morts, 6 500 blessés, et détruit ou endommagé 77 000 bâtiments. De nombreux responsables, dont de hauts fonctionnaires et employés des douanes, des magistrats, des chefs sécuritaires et des anciens ministres, ont fait l'objet de poursuites du juge d'instruction Bitar dans cette affaire, concernant entre autres la mauvaise gestion et le stockage, sans mesures de sécurité, du nitrate d'ammonium à l'origine de la déflagration.

La fin des recours abusifs pour entraver l'enquête ? Le tribunal de première instance de Beyrouth a rendu vendredi deux jugements condamnant les deux anciens ministres Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter à verser deux lourdes indemnités pour avoir, à plusieurs reprises ces dernières années, entraîné un « retard de l'enquête » sur la double explosion meurtrière au port de Beyrouth, par de multiples recours en justice, jugés abusifs. Il s'agit de deux actions civiles menées en parallèle de l'enquête sur le port.La plainte contre les deux députés du mouvement chiite Amal présentée par la juge Dania Dahdah, en tant que soeur d'une victime de l'explosion, et rendue publique mardi, prévoit le versement de dix milliards de livres libanaises (soit plus de 100 000 dollars). Elle a été portée par...
commentaires (10)

Le sentiment d'impunite et l'irresponsabilite de certains est siderante. Ce n'est pas d'une amende que sont passible ces deux sinistres personnages, c'est de prison ferme. Et leur maitre ?

Michel Trad

09 h 56, le 22 janvier 2026

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Commentaires (10)

  • Le sentiment d'impunite et l'irresponsabilite de certains est siderante. Ce n'est pas d'une amende que sont passible ces deux sinistres personnages, c'est de prison ferme. Et leur maitre ?

    Michel Trad

    09 h 56, le 22 janvier 2026

  • Même pas le prix de sa Patek Philippe...

    Kaldany Antoine

    08 h 15, le 22 janvier 2026

  • Bonne nouvelle. Il ne s'agit pas encore d'un jugement sur le fond, mais , au moins, on avance.

    Yves Prevost

    07 h 23, le 22 janvier 2026

  • Ça fait grand plaisir et ça donne de l’espoir aux proches des malheureuses victimes innocentes. Deux minables, déjà condamnés par les gens honnêtes qui savent très bien pourquoi ils empêchent la justice de faire son travail. Ce pauvre wafic safa semble bien être au chomage cette fois ! A quand son tour celui là ?

    NG

    07 h 10, le 22 janvier 2026

  • Ces mecs ne connaissent ni pudeur ni honneur ! Peut on descendre plus bas que ça ?

    Remy Martin

    00 h 49, le 22 janvier 2026

  • Est ce que la condamnation est inscrite sur leur casier judiciaire?

    C…

    14 h 52, le 21 janvier 2026

  • Ils vont faire probablement appel. Comme tous les hezballah/amal, ils n'ont aucune pudeur : Ils profitent des lois et ne les appliquent que quand ça les arrange.

    Moi

    14 h 42, le 21 janvier 2026

  • hahahaha ! TROP LOURDE CETTE PEINE . LES POV BOUGRES DEVRONT VENDRE TOUS LEURS BIENS AFIN DE POUVOIR LA PAYER. mais bon, ns sommes au LIban, cette condamnation vaut beaucoup.

    L’acidulé

    14 h 03, le 21 janvier 2026

  • C’est une condamnation symbolique. Cette amende à payer est de l’argent de poche pour eux

    Ras le bol

    12 h 39, le 21 janvier 2026

  • Ils sont, sans doute millionnaires ?.A moins qu'ils ne soient radins?, ce montant ne va pas les perturber malheureusement. En espérant que la juge ne se rétractera pas, par la suite, si pressions exercées ? parce qu'apparemment, suite à certaines nominations que nous lisons, le même système semble continuer " tu me donnes et je te donne"

    LE FRANCOPHONE

    12 h 36, le 21 janvier 2026

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