Le président Joseph Aoun, le 9 janvier 2025. Photo d’archives tirée du compte X de la présidence libanaise
Alors qu’il dressait le bilan de son année à la tête de l’État libanais, le président Joseph Aoun a réaffirmé son objectif qu’au cours de la deuxième année de son mandat, « l’ensemble de notre territoire revienne sous l’autorité exclusive de l’État ». Il a ainsi fait abstraction de l’opposition du Hezbollah à l’idée d’un désarmement au nord du Litani, ainsi que des menaces de son secrétaire général, Naïm Kassem. Ses propos interviennent en effet quelques jours après que ce dernier a haussé le ton à l’encontre des Libanais qui prônent le monopole des armes, et donc le désarmement total de sa formation, qu’il qualifie de « revendication israélo-américaine ».
En dressant le bilan de la première année de son mandat devant le corps diplomatique et des représentants internationaux au Liban, M. Aoun a indiqué que sur le plan de la souveraineté et la sécurité du pays, « beaucoup a été accompli, en coopération avec le gouvernement de Nawaf Salam, avec le président de la Chambre Nabih Berry ainsi qu’avec l’ensemble des forces politiques ». « Ce que notre gouvernement a décidé entre le 5 août et le 5 septembre derniers n’est pas un simple détail : il s’agit d’un plan visant à cantonner les armes et à étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire, exclusivement par ses propres forces, a lancé M. Aoun. Et permettez-moi de vous le dire franchement : dans ce domaine, nous avons accompli ce que le Liban n’avait pas connu depuis quarante ans. »
Depuis septembre dernier, l’armée libanaise a entamé un plan en cinq phases visant à consacrer le monopole des armes aux mains de l’État sur l’ensemble du territoire. La troupe a achevé le démantèlement de l’infrastructure du Hezbollah au sud du Litani, mais ce dernier refuse de remettre les armes au nord du Litani tant qu’Israël continue de bombarder le Liban et maintient une présence dans le Sud. L’armée a également commencé à désarmer les factions palestiniennes, en particulier le Fateh jusqu’à présent.
« Indépendamment des campagnes d’intimidation et de désinformation, et malgré le non-respect par Israël du cessez-le-feu, ainsi que les moyens limités de nos forces armées, au premier rang desquelles l’armée libanaise, je peux affirmer que la vérité est ce que vous voyez, non ce que vous entendez », a encore souligné M. Aoun. Les mots choisis par le président rappellent ceux de l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Dans un discours prononcé une semaine avant son assassinat, ce dernier avait affirmé : « L’information est ce que vous voyez, pas ce que vous entendez », en promettant une réponse à l’attaque israélienne visant des dispositifs de communication du parti chiite.
M. Aoun a aussi rappelé qu’« aucune balle n’a été tirée depuis le Liban durant la première année de mon mandat, à l’exception de deux incidents isolés survenus en mars dernier, dont les auteurs ont rapidement été arrêtés ». « Cela confirme que, depuis plus de dix mois, les forces armées libanaises exercent un contrôle effectif et exclusif sur le sud du Litani, a-t-il souligné. Elles ont mené d’importantes opérations de nettoyage de vastes zones de toute arme illégale, quelle qu’en soit la nature ou l’appartenance, malgré les provocations, les agressions persistantes et les campagnes de dénigrement. »
Le chef de l’État a ainsi continué son discours en affirmant vouloir « poursuivre ce chemin au cours de la deuxième année de mon mandat, afin que l’ensemble de notre territoire revienne sous l’autorité exclusive de l’État, que tous nos détenus rentrent, que ce qui a été détruit soit reconstruit et que le Sud du Liban, comme l’ensemble de nos frontières internationales, soit placé sous la responsabilité exclusive de nos forces armées ».
Reconstruction de l’État et réformes
Sur le plan de la reconstruction, le président Aoun a indiqué que 2 240 décrets ont été adoptés en moins d’un an de mandat gouvernemental. Ces décrets, a-t-il souligné, « ont permis de reconstituer l’essentiel des administrations publiques et de leurs principaux corps ». « Ce processus sera certainement mené à terme cette année », a-t-il assuré, rappelant qu’il « y a un an et dix jours », il a pris « les rênes d’un État profondément éprouvé ».
Au sujet des réformes, il a affirmé que le Liban a accompli d’énormes progrès dans ce domaine, citant l’adoption de la loi sur l’indépendance de la justice, ainsi que la constitution des autorités de régulation de secteurs « dont les cadres étaient restés inchangés pendant un quart de siècle, créant des failles qui ont permis à la corruption, au gaspillage et au clientélisme politique de prospérer ». « Cela s’étend aux réformes financières et bancaires, que nous avons couronnées par une série de projets de loi visant à traiter les répercussions de l’effondrement de 2019 », a-t-il poursuivi.
Le président a également noté une amélioration économique régulière, précisant que les institutions internationales indiquent que le Liban a enregistré en 2025 une croissance qui pourrait figurer parmi les plus élevées de la région. M. Aoun a également rappelé que le Liban a organisé l’an dernier des élections municipales pour la première fois depuis neuf ans. « Nous répéterons cela avec les élections législatives prévues à la mi-2026, malgré tous les discours et campagnes contraires », a-t-il déclaré, alors que des craintes persistent quant à un éventuel report de ces élections. S’exprimant plus tard devant une délégation du barreau de Tripoli, le président Aoun a déclaré que « les réformes ne peuvent être menées à terme si elles ne s’accompagnent pas de la tenue des élections dans leurs délais constitutionnels, et nous sommes déterminés à les organiser ». « Si la loi sur le déficit financier m’est transmise après son adoption par le Parlement et qu’elle comporte encore des lacunes, j’agirai exactement comme je l’ai fait lorsque j’ai renvoyé la loi sur l’indépendance de la justice », a-t-il également souligné.
« Œuvrer pour une paix désarmée et désarmante »
Sur le plan diplomatique, le chef de l’État a indiqué devant les diplomates que son objectif était de replacer le Liban à sa juste place dans le monde arabe, ainsi qu’au sein de la légitimité internationale et onusienne. « C’est ce à quoi je me suis employé pas à pas – à travers dix visites dans des pays arabes frères, quatre visites dans des pays européens amis et une participation à trois événements internationaux, arabe, islamique et lié à l’ONU », a-t-il détaillé. Il a également rappelé avoir « accueilli des chefs d’États amis et des dizaines de délégations internationales. Le sommet de cette solidarité claire et rayonnante envers le Liban a été la visite de Sa Sainteté le pape Léon XIV ».
Joseph Aoun a dans ce cadre rappelé la visite du pape Léon XIV à Beyrouth du 30 novembre au 2 décembre. Il a évoqué les propos du souverain pontife au début de l’année, revêtant une importance particulière pour la cause libanaise, dans lesquels il affirmait que la paix dont notre monde a besoin aujourd’hui est « une paix dénuée d’armes qui dépouille des armes », en appelant tous les États et dirigeants « à ôter les armes du cœur, de l’esprit et de la vie ».
Prenant la parole, le doyen du corps diplomatique, Mgr Paolo Borgia, a de son côté estimé qu’« œuvrer pour une paix désarmée et désarmante est nécessaire si nous voulons réellement obtenir une paix authentique et durable, et favoriser ainsi la vie, le développement et le bien-être des peuples ». Il a aussi appelé à « changer la façon d’agir pour rechercher avec vigueur ce qui unit plutôt que ce qui divise, ce qui est positif et acceptable chez l’autre, et cela à travers la rencontre et un dialogue convaincu entre hommes et femmes en quête de vérité et de justice, au-delà des idéologies et des opinions divergentes ». Mgr Borgia a enfin souligné qu’« il reste encore beaucoup à faire. Nous vous encourageons, vous, le gouvernement et le Parlement, à continuer votre travail avec patience, courage, rigueur et énergie ».




Il y en a qui ont la nostalgie de la dictature et des index levés pour terroriser. Ils n’ont qu’à aller vivre sous leur dictature pour comprendre qu’ils n’auraient même pas le droit à la parole contrairement à ce qu’ils font sous la protection de notre état officiel en débitant des âneries. Aucun libanais y compris les partisans de ce parti vendu ne veut des armes iraniennes sur notre sol et encore moins leurs détenteurs qui ont détruit notre pays. Allez donc en Iran pour connaître le luxe dans lequel les libanais libres vivent et restez-y. Nous n’avons pas besoin de demeurés qui les défendent
11 h 49, le 21 janvier 2026