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Politique - Monopole Des Armes

Kassem hausse le ton contre les partis « soumis à la tutelle américaine » au Liban et s'en prend à Raggi

Le ministre de la Justice, Adel Nassar, a pris la défense de son collègue et pointé du doigt la « menace de guerre civile » brandie par le chef du Hezbollah.

Kassem hausse le ton contre les partis « soumis à la tutelle américaine » au Liban et s'en prend à Raggi

Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, lors d'une allocution le 17 janvier 2026. Photo publiée sur la chaîne du parti, Al-Manar

Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a haussé le ton samedi à l'encontre des Libanais qui prônent à le monopole d’État sur les armes, et donc le désarmement total de sa formation, qu'il qualifie de « revendication israélo-américaine ». « Si nous ne sommes pas tous unis, personne ne survivra », a-t-il lancé. Le dignitaire chiite s'en est pris vertement aux partis et responsables qui sont selon lui « soumis à la tutelle américaine et encouragent l’agression israélienne ». Plus spécifiquement, il a fustigé le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi (Forces libanaises) qui « s’aligne sur la position israélienne et veut entraîner le Liban dans la guerre civile. »

« Porter atteinte à la stabilité du Liban et à la résistance, en tant que composante essentielle du pays, affectera tout le monde, il ne restera plus pierre sur pierre et personne ne sera épargné », a clamé dans une menace à peine voilée le numéro un du Hezbollah. « Si cette résistance, cette base sociale (du parti) et ce peuple ne sont pas préservés, et si nous ne sommes pas tous unis, personne ne survivra » a-t-il ajouté.

Ce discours de Naïm Kassem intervient après que le président de la République a appelé le parti chiite à être « raisonnable » concernant la remise de ses armes. L'armée libanaise a achevé début janvier la première partie du plan de désarmement de la formation pro-iranienne qui concernait le sud du fleuve Litani, avant de s'atteler à partir de février aux quatre suivantes, qui recouvrent l'ensemble du territoire libanais. Le Hezbollah refuse de remettre ces armes au nord de cette zone, faisant craindre de possibles troubles internes.

« Il n'y a pas de ministre des Affaires étrangères dans le pays »

Naïm Kassem s'en est pris longuement au chef de la diplomatie Joe Raggi, qui selon lui « agit à l’encontre de la politique du gouvernement et du mandat présidentiel, et s’aligne sur la position israélienne en accordant à l’ennemi le droit d’agresser le Liban. » « Quel patriote agit de la sorte ? », a-t-il lancé, avant d'ajouter : « (Le ministre) Raggi joue avec la paix civile en incitant à la discorde lorsqu’il appelle l’armée libanaise à trancher face au peuple », et« veut entraîner le Liban dans la guerre civile. »

Plus tôt dans la semaine, Joe Raggi, un critique acerbe du Hezbollah et de l'influence politique iranienne au Liban, avait affirmé que l’arsenal de la formation était devenu « un fardeau pour la communauté chiite », et que « tant que les armes ne seront pas totalement monopolisées par l’État, Israël conservera malheureusement le droit de poursuivre ses attaques conformément à cet accord. »

Naïm Kassem a estimé que le gouvernement libanais « porte la responsabilité de traiter cette anomalie appelée « ministre des Affaires étrangères », qui n’agit pas conformément à ses orientations ». Il a appelé « soit à son remplacement, soit à lui imposer le silence, sinon à un alignement sur la position nationale ». « L'une des raisons de la faiblesse des performances du gouvernement est l’absence d’un ministre des Affaires étrangères exprimant les revendications du Liban », a poursuivi le secrétaire général du Hezbollah.

Il a par ailleurs estimé qu'Israël « n’a aucun lien avec la résolution 1701 » de l'ONU, qui prévoit notamment le désarmement des milices au Liban, et sert de cadre à l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur en novembre 2024. Cette résolution est une « une affaire purement libanaise, tout comme le monopole des armes et la stratégie de défense nationale, qui relèvent d’un accord entre les forces politiques », a-t-il dit.

« Revendication israélo-américaine »

Selon lui, l’exigence du monopole des armes, décidé par le gouvernement en août dernier, est une « revendication israélo-américaine visant à encercler la résistance, et non un problème libanais. » Pour le dignitaire chiite, « si nous n’avons pas d’armes et si nous ne nous défendons pas, qui garantit qu’Israël ne violera pas chaque parcelle de terre libanaise ? » « La résistance restera et le Liban ne sera pas sans résistance », a-t-il encore assuré.

Naïm Kassem a également appelé l'État à assurer le retrait des troupes israéliennes du Liban, où elles contrôlent encore au moins cinq points près de la frontière. Après l'accord de cessez-le-feu, « l’État est devenu responsable de la protection du pays et de son peuple, après des décennies d’abandon », a-t-il lancé.

Le chef du Hezbollah a enfin abordé le soulèvement de ces trois dernières semaines en Iran, estimant que l'objectif était de « renverser l’Iran de la résistance. » Emboîtant le pas au Guide suprême Ali Khamenei, il a accusé le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir « activé des agents. » « Nous sommes avec l’Iran et nous considérons qu'il est ferme et fort. Et, si Dieu le veut, il demeurera une forteresse du jihad et de la résistance », a-t-il ajouté. Selon l'organisation de défense des droits humains Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, 3 428 manifestants ont été tués par les forces de sécurité, mais l'ONG souligne que le bilan pourrait être bien plus lourd. D'autres estimations font état de plus de 5 000 morts, voire jusqu'à 20 000, selon IHR.

Tollé

Réagissant au discours de Naïm Kassem, le député des Forces libanaises Ghayath Yazbeck a accusé le secrétaire général du Hezbollah de préparer le terrain à l’assassinat du ministre Raggi. « Quiconque s’en prend verbalement ou moralement aux ministres des Forces libanaises, hors du cadre de la critique, prépare en réalité le terrain à un assassinat de ces ministres, quelque soit son rang, qu’il soit civil, homme de religion ou autre fonction », a souligné M. Yazbeck sur son compte X.

Le parlementaire a aussi accusé Naïm Kassem « d’assassiner » l’État libanais dans son image et ses institutions, et de pactiser avec des criminels pour nuire à son peuple et le détruire ». Il a fait remarquer en comparaison que les ministres des FL « représentent la dignité, la souveraineté et l’État, et œuvrent à la protection de ces valeurs ». « À cet agresseur, nous disons : un peu d’intelligence. Ceux qui t’ont précédé dans de tels actes ont fini dans les poubelles de l’histoire. N’as-tu donc rien appris ? », a conclu M. Yazbeck.

De son côté, le ministre de la Justice Adel Nassar (Kataëb), qui appelle régulièrement au désarmement du Hezbollah, a également réagi peu après le discours en prenant la défense de son collègue au sein du gouvernement, et en pointant du doigt la « menace de guerre civile » brandie par le dignitaire chiite. « Que celui qui brandit la menace de guerre civile afin de préserver ses armes cesse de donner des leçons de patriotisme à un ministre du gouvernement » a-t-il écrit sur son compte X.

Plusieurs autres figures politiques ont fustigé les propos de Kassem, appelant l’État à réagir.

Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a haussé le ton samedi à l'encontre des Libanais qui prônent à le monopole d’État sur les armes, et donc le désarmement total de sa formation, qu'il qualifie de « revendication israélo-américaine ». « Si nous ne sommes pas tous unis, personne ne survivra », a-t-il lancé. Le dignitaire chiite s'en est pris vertement aux partis et responsables qui sont selon lui « soumis à la tutelle américaine et encouragent l’agression israélienne ». Plus spécifiquement, il a fustigé le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi (Forces libanaises) qui « s’aligne sur la position israélienne et veut entraîner le Liban dans la guerre civile. »« Porter atteinte à la stabilité du Liban et à la résistance, en tant que composante essentielle du pays, affectera...
commentaires (19)

C'est cet islam politique qui nous a détruit et cela depuis Abd el Nasser. Ça a commencé par lui et son idée saugrenue d'un état Arabe suivit par les divers baasismes et aujourd'hui le fakihisme. Tous se sont cassés les dents face aux forces souveraines de notre pays: Ses Chrétiens. Pas tous, certes, mais dans leur majorité. Assumons nous et montrons leurs une fois de plus que nous représentons ce cèdre et ce phœnix qui se remettent toujours de leurs cendres. Avec la répétition peut être que ces ânes finiront par comprendre.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

10 h 51, le 21 janvier 2026

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Commentaires (19)

  • C'est cet islam politique qui nous a détruit et cela depuis Abd el Nasser. Ça a commencé par lui et son idée saugrenue d'un état Arabe suivit par les divers baasismes et aujourd'hui le fakihisme. Tous se sont cassés les dents face aux forces souveraines de notre pays: Ses Chrétiens. Pas tous, certes, mais dans leur majorité. Assumons nous et montrons leurs une fois de plus que nous représentons ce cèdre et ce phœnix qui se remettent toujours de leurs cendres. Avec la répétition peut être que ces ânes finiront par comprendre.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    10 h 51, le 21 janvier 2026

  • Votre vénérable censure devrait censurer le discours de naïm, plutôt que les commentaires sur son bavardage. Censure bien ordonnée commence par soi-même. Avec mes excuses pour la déformation de l’adage.

    NG

    06 h 04, le 21 janvier 2026

  • Et alors quelle alternative nous offre ce mesquin? La tutelle Iranienne ? Merci il peut la garder.

    hrychsted

    00 h 29, le 20 janvier 2026

  • Pour soit disant détruire Israël et ce depuis plus quatre décennies.

    Sissi zayyat

    12 h 30, le 19 janvier 2026

  • Il hausse le ton, signe de peur incontrôlable. Comme par hasard il n’omet pas de préciser que ses menaces ne sont pas contre Israël mais contre l’état libanais qui veut désarmer son parti vendu qui jure ne garder ses joujoux que pour matter le peuple libanais en jouant à l’épouvantail, des fois que ça marche et qu’on cède à ses caprices. Et il vient accuser les libanais de complots contre eux les vendus qui en veulent à la stabilité et la souveraineté de leur propre pays et de son peuple. Ça nous rappellent les discours des mollahs, ces assassins qui tuent leur peuple pour soit disant détruire

    Sissi zayyat

    12 h 00, le 19 janvier 2026

  • Comme c'est dommage que l'on n'ait pas au Liban un show semblable aux Guignols de l'Info. Il y aurait du pain sur la planche.

    Tabet Karim

    09 h 18, le 19 janvier 2026

  • Pour faire la guerre, il faut être deux. Qui menace la paix civile, sinon ta milice illégale? Par ailleurs, un peu de cohérence Stp! Tu nous dit qu'Israël n’a aucun lien avec la résolution 1701 qui prévoit le désarmement de ta milice, et tu prétends que ceux qui réclament ce même désarmement ne font que satisfaire à une exigence israélienne! Il faudrait savoir! Le monopole de l’État sur les armes est une revendication logique, évidente, de TOUS les libanais, patriotes et sains d'esprit, à la seule exception de ceux dont l'esprit reste formaté par votre propagande.

    Yves Prevost

    08 h 10, le 19 janvier 2026

  • "Lle monopole d’État sur les armes" est inscrit dans la déclaration ministérielle que tu as approuvée. Si ru décides de renier ta parole, c'est ton problème, mais n'accuse pas les autres de trahison. Raggi ne faisait rien d'autre qu'approuver, en les citant mot pour mot, les propos du président Aoun. Tes insultes visent donc ce dernier en premier chef. Dommage qu'il n'ait pas réagi.

    Yves Prevost

    07 h 50, le 19 janvier 2026

  • Cheque Diviseur Paradis divise toujours les Libanais entre eux pour le grand plaisir du régime iranien... régime si dur qu'il amincit sa population plus vite qu'une famine centenaire...

    Wlek Sanferlou

    03 h 11, le 19 janvier 2026

  • On nous ressort les discours du sénile vendu à l’Iran et qui a trahi le Liban et les Libanais. Quand on est à court d’arguments on braille des mensonges.

    Zeidan

    18 h 01, le 18 janvier 2026

  • Quelle incohérence Je suis content qu’ils sont fâchés et plaintifs C’est pareil pour l’enquête de l’explosion de port Espérons que le gouvernement encourage et soutien les déclarations de Ministre Raggi

    William SEMAAN

    16 h 00, le 18 janvier 2026

  • Notre ministre de l’intérieur a été choisi par les Libanais contrairement à vous les vendus qui avaient usurpé le pouvoir à coup d’assassinats et de barbarie. Assez menacez, vous n’avez jamais été à la hauteur de vos prétentions. Sinon pourquoi Israël serait sur notre sol?

    Sissi zayyat

    15 h 16, le 18 janvier 2026

  • On croirait qu’il parle des HB lorsqu’il évoque la trahison et la traîtrise. Ils sont les seuls responsables de l’anéantissement de notre pays qu’ils ont usurpé par la terreur et le nombre de morts libanais assassinés par eux dépasse largement celui commis par Israël. Il menace de détruire notre pays comme si cela n’avait pas été déjà fait. Il parle maintenant des pierres qui restent debout? C’est pour enterrer tous les ennemis de notre pays avec. Assez de fanfaronnades parce que vos maîtres ont réussi à reculer l’échéance de leur mort subite. C’est trop tôt pour se comporter en vainqueur

    Sissi zayyat

    15 h 13, le 18 janvier 2026

  • Attendons le prochain décryptage qui va essayer de justifier ces propos haineux en de saintes paroles.

    Ras le bol

    09 h 43, le 18 janvier 2026

  • Et vous voulez toujours croire en la formule libanaise du vivre ensemble !!!

    Ras le bol

    08 h 41, le 18 janvier 2026

  • Les chiens aboient, la caravane. Passe Le regime des mollah est sur le de s effriter sans retour , on verra ou se cachera Kasse. Modo ….

    Robert Moumdjian

    07 h 00, le 18 janvier 2026

  • Tout sin discours est bien mignon. Mais il publie que c'est lui et les autres barbus qui ont mis le liban dans cette situation de chaos. Il est, lui et sa clique, aux abois, laminés, defaits, impuissant et fuiyants. Il critique l'etat de ne pas pouvoir imposer ses conditions à Israël, mais dans quel monde vit il? Et il se demande si le liban a un ministre des affaires étrangères. Certainement. Mais pas à sa disposition, lui qui dans son livre se vante d'etre feodé à l'Iran. Que nous propose t il?

    Citoyen

    23 h 04, le 17 janvier 2026

  • Ce sont des menaces voilées de mafieux ! Dégage toi et ton fan club. Il est révolu le temps oú tu pouvais tuer en toute impunité. J. Raggi par son parcours vaut plus que tous les criminels du hezb réunis: Les députés dans les zones á majorité chretienne et sunnite se font élire de manière démocratique et le pluralisme est appliqué. De ce fait J. Raggi représente au gouvernement la vraie démocratie. Dans les régions controlées par les armes de hezballah, les electeurs elisent le revolver sur la tempe. Les élus hezballah et amal et leurs ministres n'ont aucune légitimité.

    Moi

    19 h 26, le 17 janvier 2026

  • Quand l,horloge tourne a l,envers. Les Patriotes sont appeles vendus et les vendus des patriotes. Du moins tels les concoit la matiere barbue aux neurones Neanderthaliennes.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    19 h 24, le 17 janvier 2026

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