Une personne à mobilité réduite au Liban. Photo d'illustration Titouan Allain
Après une décennie de paralysie institutionnelle, le Liban a organisé dimanche les premières élections depuis dix ans de l’Autorité nationale chargée de réguler la situation des personnes handicapées. Une étape attendue de longue date par les associations et les militants du secteur.
Les élections, organisées dans huit centres accrédités à travers le pays, ont permis de désigner seize membres de cette Autorité rattachée au ministère des Affaires sociales, dont quatre représentants affiliés directement à ce ministère. Les chiffres officiels révèlent une participation modeste : 1 085 personnes à besoins spécifiques ont pris part au scrutin sur un total de 46 635 inscrites, tandis que 20 associations ont voté parmi les 163 éligibles.
La composition de l’Autorité repose sur une répartition en trois collèges. Quatre sièges ont été attribués à des associations accueillant directement des personnes handicapées, quatre à des associations fournissant des services, et quatre à des personnes à besoins spécifiques élues à titre individuel.
Dans la première catégorie, l’association de service social pour la sécurité de l’enfance (Sesobel) a remporté le siège du handicap moteur avec sept voix. L’association al-Mabarrat a obtenu celui du handicap visuel par acclamation, la fondation Père Roberts pour les jeunes sourds celui du handicap auditif, également par acclamation, et l’Orphelinat islamique celui du handicap mental avec neuf voix.
Dans le collège des associations de services, l’association caritative d’aide aux blessés et aux handicapés de guerre au Liban a remporté le siège du handicap moteur, l’association des universitaires libanais aveugles celui du handicap visuel et l’association « arcenciel » celui du handicap auditif, tous attribués par acclamation. Le siège réservé au handicap mental est resté vacant, faute de candidats.
S’agissant des candidatures individuelles, Élias Tannous a été élu pour représenter les personnes souffrant d’un handicap moteur (307 voix), Mohammad Jaloul pour le handicap visuel (477 voix), Shafiq Qalilat pour le handicap auditif (par acclamation) et Moussa Charafeddine pour le handicap mental (48 voix).
Selon le ministère des Affaires sociales, cette Autorité aura pour mission principale de mettre en conformité la législation libanaise avec la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par le président libanais Joseph Aoun en avril 2025. Signée par le Liban en 2007, cette convention consacre une approche fondée sur les droits humains et garantit la pleine et égale jouissance des libertés fondamentales par les personnes handicapées, dans le respect de leur dignité. Au niveau national, le Liban dispose depuis l'an 2000 de la loi 220 relative aux droits et à la protection des personnes handicapées. Mais son application demeure très limitée.



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Ce n’est pas trop tôt. Pendant ces 10 années que s’est-il passé pour les handicapés ?? Seulement les associations ou les ONG se sont occupées d’eux ??? Honte à notre pays et à nos gouvernants ??
17 h 52, le 15 janvier 2026