L'ex-Premier ministre libanais Nagib Mikati. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
L'ancien Premier ministre Nagib Mikati a réagi pour la première fois à l'affaire « Abou Omar », surnom d’un faux prince saoudien qui aurait vendu à des acteurs politiques libanais des accès prétendument privilégiés à Riyad. L'affaire est au centre d’un feuilleton judiciaire dévoilé fin 2025 et porte sur un scandale d’escroquerie. Le milliardaire de Tripoli a assuré « ne pas souhaiter s’impliquer dans les débats ou polémiques sur ce sujet », ni être concerné de quelque manière par ce dossier.
« Partant de la ligne que j’ai toujours suivie et afin d’éviter l’aggravation des tensions, je tiens à préciser que le sujet des consultations parlementaires, ainsi que les circonstances ayant conduit à la nomination du chef de gouvernement actuel, appartiennent désormais au passé. Je ne suis concerné ni de près ni de loin, par aucun débat ou polémique sur cette affaire ni sur les circonstances qui l’ont accompagnée », a assuré l'ancien chef du gouvernement, qui a cédé sa place en janvier 2025 à Nawaf Salam.
Hajjar clôture son enquête
Lors d'une audition lundi, deux députés du Liban-Nord, membres du groupe parlementaire de la Modération nationale, Sajih Attié et Ahmad Kheir, ont été entendus par le procureur général près la Cour de cassation. Selon nos informations, Sajih Attié a réitéré les déclarations d'un collègue du même bloc, Mohammad Sleiman, selon lesquelles il avait été appelé par le faux prince saoudien à ne pas choisir Nagib Mikati pendant les consultations parlementaires de janvier 2025, qui avaient débouché sur la désignation de Nawaf Salam au poste de Premier ministre.
Une source judiciaire a indiqué mardi à L’Orient-Le Jour que le juge Jamal Hajjar a clôturé son enquête dans l’affaire Abou Omar, après avoir entendu l’ancien ministre Youssef Fenianos en qualité de témoin. Le dossier sera déféré mardi au parquet d'appel de Beyrouth. Selon l’enquête, Abou Omar aurait contacté M. Fenianos quelques mois avant l’élection présidentielle, affirmant que l’Arabie saoudite soutenait l’élection de l’ancien ministre et chef du mouvement Marada, Sleiman Frangié. Selon des informations rapportées par la presse locale, M. Fenianos aurait alors répondu : « Si c’est le cas, qu’une visite de Frangié en Arabie saoudite soit organisée », avant que tout contact ne s’interrompe. Par ailleurs, selon la presse, le cheikh Khaldoun Oraymet, mis en cause dans l’affaire et actuellement en détention, aurait joué un rôle clé dans la mise en relation d’Abou Omar avec des hommes politiques et des hommes d’affaires.
« Le gouvernement actuel, qui bénéficie de la confiance du Parlement, est appelé à poursuivre son travail pour mettre en œuvre les engagements pris dans son programme ministériel et lors de ses réunions officielles, notamment pour affirmer l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire, concentrer les armes entre les mains de l’armée et des forces de sécurité, traiter les dossiers économiques, financiers et sociaux, ainsi que les nombreuses revendications de la vie quotidienne, du travail et des syndicats, et trouver des solutions aux dossiers complexes et anciens », a également affirmé M. Mikati.
« Je saisis cette occasion pour remercier tous ceux qui ont exprimé leur sympathie et leur solidarité. Nous resterons unis à chaque étape nationale, quel que soit notre rôle, au sein du pouvoir ou en dehors. L’essentiel est que nous collaborions tous pour protéger notre pays, préserver sa souveraineté, garantir la dignité de son peuple, construire ses institutions et façonner son avenir prometteur », a-t-il conclu.
Le mufti de la République Abdellatif Deriane, a téléphoné au président Nagib Mikati lors de sa réunion au Conseil des muftis pour saluer ses déclarations et sa position « empreinte de responsabilité et de grande sagesse ».



Oh là, cette affaire ressemble de plus en plus à une machination montée contre le PM, Nawaf Salam… juste après qu’il a porté le projet de loi sur le trou financier. Ainsi « Abou-Omar » aurait poussé fort à la désignation de Nawaf Salam, au détriment de Mikati, au poste de PM. De là à en déduire que sa nomination est le fruit d’un complot, il n’y a qu’un pas que certains médias franchissent sans états d’âme. Ça sent très mauvais.
13 h 37, le 07 janvier 2026