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Moyen-Orient - Diplomatie

La Syrie et Israël vont établir une structure commune sous supervision américaine pour garantir la sécurité

Le cinquième cycle de pourparlers à Paris intervient après plusieurs mois d’impasse.

Le ministre des Affaires étrangères, Assaad el-Chaibani, durant une conférence de presse à Damas, le 30 décembre 2024. Photo AFP

Le nouveau gouvernement syrien et Israël vont établir une structure commune sous la supervision des Etats-Unis pour partager du renseignement et oeuvrer à une baisse des tensions entre les deux pays, a annoncé mardi Washington. Le département d'Etat a assuré, dans un communiqué publié à l'issue de discussions à Paris entre Israël et la Syrie, que les deux pays s'étaient engagés à « mettre en place des accords durables en matière de sécurité et de stabilité ».

« Les deux parties ont décidé de mettre en place un mécanisme conjoint de fusion - une cellule de communication dédiée - afin de faciliter la coordination immédiate et continue de leur partage de renseignements, de la désescalade militaire, de l’engagement diplomatique et des opportunités commerciales, sous la supervision des États-Unis », a précisé le département d'Etat. « Ce mécanisme servira de plateforme pour traiter rapidement tout différend et oeuvrer à prévenir les malentendus », ajoute le communiqué.

Mais un responsable syrien a déclaré à Reuters qu’il ne serait pas possible d’avancer sur les « dossiers stratégiques » lors des pourparlers avec Israël sans un calendrier clair et contraignant pour le retrait des troupes israéliennes du territoire syrien occupé après la chute de Bachar el-Assad. Le responsable, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, a précisé que le dernier cycle de pourparlers, organisé lundi et mardi à Paris sous l’égide des États-Unis, s’était conclu par une initiative américaine visant à suspendre toutes les activités militaires israéliennes contre la Syrie. Le ministère israélien de la Défense n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire sur le sujet.

Israël n’a pas immédiatement indiqué s’il avait accepté de suspendre ses activités militaires en Syrie. Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a précisé qu’Israël s’était concentré sur les questions de sécurité ainsi que sur la coopération économique Israël-Syrie lors des pourparlers.

Une normalisation diplomatique dans le viseur de Trump

« Le dialogue s’est tenu dans le cadre de la vision du président (Donald) Trump pour faire avancer la paix au Moyen-Orient » et durant les discussions, Israël « a souligné l’importance de garantir la sécurité de ses citoyens et de prévenir les menaces le long de ses frontières », a indiqué le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué relayé par l’AFP. « Israël a réaffirmé son engagement à promouvoir la stabilité et la sécurité régionales, ainsi que la nécessité de faire progresser la coopération économique au bénéfice des deux pays », ajoute le communiqué.

L’administration Trump pousse à la conclusion d’un accord pour stabiliser la frontière commune et espère que ce premier pas ouvrira la voie à une normalisation diplomatique. La semaine dernière, lors de leur rencontre en Floride, Donald Trump avait exhorté le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à reprendre les négociations.

L’émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, ainsi que les conseillers du président Steve Witkoff et Jared Kushner, ont assisté à la réunion pour assurer la médiation entre les deux parties. Il s’agissait du cinquième cycle de pourparlers sous médiation américaine, le premier depuis deux mois, après une période d’impasse due à l’insistance d’Israël sur la création d’une zone démilitarisée dans le sud de la Syrie. La délégation israélienne comprenait l’ambassadeur d’Israël à Washington, Yechiel Leiter, le secrétaire militaire du Premier ministre, Roman Gofman, ainsi que le conseiller à la sécurité nationale par intérim, Gil Reich. La partie syrienne était représentée par le ministre des Affaires étrangères, Assaad el-Chaïbani, et le chef des services de renseignement, Hussein al-Salama.

Lundi, l’agence officielle Sana avait précisé qu’Assaad el-Chaïbani participait à des négociations avec Israël sous l’égide des États-Unis, visant à « parvenir à un accord de sécurité équilibré » entre les deux pays, toujours techniquement en état de guerre. Les pourparlers portent sur « la réactivation de l’accord de désengagement de 1974 » et sur « le retrait des forces israéliennes » des zones occupées après la chute de Bachar el-Assad. Les nouvelles autorités islamistes, arrivées au pouvoir en décembre 2024, ont amorcé des contacts de haut niveau avec Israël sous médiation américaine.

Le sujet a également été abordé lors d’un entretien lundi à Paris entre Assaad el-Chaïbani et le ministre français Jean-Noël Barrot. Le ministère français des Affaires étrangères a souligné « l’importance de rétablir une Syrie stabilisée, unifiée et souveraine » et a évoqué la nécessité « d’arrangements de sécurité avec Israël dans le Sud syrien ».

Israël a depuis un an mené des centaines de frappes, conduit des incursions en Syrie et a déployé des troupes dans la zone démilitarisée sur le plateau du Golan, au-delà de la ligne de démarcation entre la partie de ce territoire syrien qu'il a annexée et le reste du pays. En décembre, le président syrien Ahmad el-Chareh avait déclaré que l'insistance d'Israël à réclamer la démilitarisation de toute la partie du territoire syrien courant du sud de Damas jusqu'à la ligne de démarcation de 1974, instituée après la guerre israélo-arabe de 1973, mettait la Syrie dans une « position dangereuse ».

Le nouveau gouvernement syrien et Israël vont établir une structure commune sous la supervision des Etats-Unis pour partager du renseignement et oeuvrer à une baisse des tensions entre les deux pays, a annoncé mardi Washington. Le département d'Etat a assuré, dans un communiqué publié à l'issue de discussions à Paris entre Israël et la Syrie, que les deux pays s'étaient engagés à « mettre en place des accords durables en matière de sécurité et de stabilité ».« Les deux parties ont décidé de mettre en place un mécanisme conjoint de fusion - une cellule de communication dédiée - afin de faciliter la coordination immédiate et continue de leur partage de renseignements, de la désescalade militaire, de l’engagement diplomatique et des opportunités commerciales, sous la supervision des États-Unis »,...
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