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Politique - Décryptage

Pour le Hezbollah, la balle est dans le camp des responsables libanais


Après avoir retenu leur souffle en attendant la rencontre entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, la plupart des parties libanaises s’emploient désormais à analyser les déclarations qui l’ont suivie. Ces parties mettent surtout en relation le contenu du dernier discours de Naïm Kassem, dimanche, et les propos de Donald Trump sur le Hezbollah, qui se serait « mal comporté ». De fait, le dernier discours de Kassem a été perçu par certaines parties comme ayant un ton plus élevé que les précédents, et surtout il a donné l’impression de contenir des menaces, notamment lorsqu’il a dit : « Ne nous demandez plus rien désormais. » C’est d’ailleurs la phrase qui a le plus été retenue de ce discours prononcé sciemment à la veille de la rencontre entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu. Et elle a été interprétée comme une menace directe adressée aux Israéliens et aux Américains au cas où ils songeraient à lancer une nouvelle attaque d’envergure contre le Liban.

Les propos de Kassem laissent entendre que la situation au Liban entre désormais dans une nouvelle étape, où il n’y a plus de place pour les concessions sans contrepartie, de la part du Hezbollah, et des Libanais en général, et qu’il est donc temps que les Israéliens fassent à leur tour ce qu’ils devraient faire selon les dispositions de l’accord entré en vigueur le 27 novembre 2024. Toutefois, selon des sources proches du Hezbollah, cette phrase ne s’adresse ni aux Américains ni aux Israéliens. Elle s’adresse à l’intérieur libanais, plus particulièrement aux autorités. C’est à ces dernières que Kassem conseille de ne plus rien demander au Hezbollah, car celui-ci a fait tout ce qui lui était demandé, notamment dans le cadre de la première phase du plan de l’armée libanaise pour le monopole des armes. Autrement dit, le Hezbollah continue de se tenir derrière l’État libanais et il ne compte en aucune façon prendre sa place, notamment dans la confrontation avec Israël. Mais cela ne signifie pas qu’il doive approuver tout ce que font ceux qui sont en charge de ce dossier.

Les sources proches du Hezbollah expliquent ainsi qu’en lançant cette phrase, Kassem a voulu briser le cercle vicieux dans lequel se débat le Liban depuis plus d’un an. Pour le parti, le Liban a appliqué toutes les dispositions prévues unilatéralement. Il a même été plus loin, faisant toutes les concessions qui lui étaient demandées sans que les Israéliens fassent de leur côté le moindre geste en contrepartie. La situation est donc la suivante : l’armée libanaise est sur le point d’annoncer la fin de la première phase du plan qu’elle a présenté et qui a été adopté en Conseil des ministres, portant sur la démilitarisation de la zone au sud du Litani, qui doit être achevée le 1er janvier 2026. Mais les Israéliens poursuivent de leur côté leurs attaques, tantôt après avoir alerté le comité de surveillance, appelé « le mécanisme », et tantôt sans prendre la peine de le faire. En même temps, ils ne cessent de menacer le Liban d’élargir le champ de leurs agressions, lui soutirant ainsi des concessions dans le cadre des négociations. Toujours selon les sources précitées, le Hezbollah estime que la situation ne peut pas continuer ainsi et qu’il faut donc sortir de ce cercle vicieux qui permet aux Israéliens d’obtenir ce qu’ils veulent en se contentant de menacer, tout en poursuivant leurs attaques.

Mais, toujours selon les mêmes sources, cela ne signifie pas que le Hezbollah remet en question l’accord du 27 novembre ou qu’il se prépare d’une manière ou d’une autre à reprendre l’initiative, voire les actions militaires. Cette phrase n’est donc pas une menace adressée aux Américains et aux Israéliens, mais un rappel aux autorités libanaises de la nécessité de demander aux Israéliens d’appliquer à leur tour les dispositions prévues dans l’accord. Dans l’optique du Hezbollah, il ne s’agit donc pas de hausser le ton en répondant aux menaces israéliennes par d’autres menaces de sa part, mais plutôt de rappeler aux autorités leurs responsabilités dans l’application de l’accord conclu. Le Hezbollah ne cesse d’ailleurs de se référer à cet accord, parce qu’il considère que celui-ci est en sa faveur ou, en tout cas, équitable. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, deux semaines après son entrée en vigueur le 27 novembre, les émissaires occidentaux (et en particulier américains) ont commencé à réclamer la conclusion d’un nouvel accord ou l’amendement de celui-ci. C’est qu’entre-temps, il y a eu le grand changement en Syrie (le 8 décembre) et la chute du régime Assad qui était partie intégrante de « l’axe de la résistance ». Avec la chute de ce régime, les Iraniens et le Hezbollah ont perdu un soutien important, et les Israéliens et les Américains voudraient que cela se traduise par des arrangements sécuritaires, alors que le Hezbollah, lui, réclame l’application stricte de l’accord.

Dans cet esprit, les sources proches du Hezbollah précisent que le dernier discours de Naïm Kassem se résume à cette équation, qui s’adresse aux responsables libanais : « Si vous ne pouvez pas obtenir quelque chose d’Israël, ne nous demandez plus rien. » Le timing est étudié pour viser le passage à la seconde phase du plan de l’armée qui porte sur les armes du Hezbollah au-delà du Litani et qui devrait donc commencer au début de l’année... Selon ces sources, si les Israéliens ne font donc pas le moindre geste, il faudra trouver un moyen de « contenir les armes », au lieu de les détruire, surtout que dans un précédent discours, Kassem avait insisté sur le fait que le Hezbollah n’a pas d’intentions offensives et qu’il se contente d’avoir une position défensive. Mais concernant le plan régional et au niveau de la confrontation avec les Israéliens, la position du Hezbollah est la même. Il se tient toujours derrière l’État libanais, et c’est à ce dernier de prendre les décisions adéquates.

Selon ces mêmes sources, cette approche rejoint en quelque sorte les propos du président américain Donald Trump qui a estimé, après sa rencontre avec Netanyahu, que le Hezbollah a certes un mauvais comportement, mais il faut voir comment le gouvernement libanais va traiter avec lui. Autrement dit, pour Donald Trump aussi, la balle est encore dans le camp des autorités libanaises. Mais dans le grand tableau régional, les regards se tournent essentiellement vers l’Iran.

Après avoir retenu leur souffle en attendant la rencontre entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, la plupart des parties libanaises s’emploient désormais à analyser les déclarations qui l’ont suivie. Ces parties mettent surtout en relation le contenu du dernier discours de Naïm Kassem, dimanche, et les propos de Donald Trump sur le Hezbollah, qui se serait « mal comporté ». De fait, le dernier discours de Kassem a été perçu par certaines parties comme ayant un ton plus élevé que les précédents, et surtout il a donné l’impression de contenir des menaces, notamment lorsqu’il a dit : « Ne nous demandez plus rien désormais. » C’est d’ailleurs la phrase qui a le plus été retenue de ce discours prononcé sciemment à la veille de la rencontre entre...
commentaires (6)

Les barbus depuis toujours essayent de nous berner et nous faire avaler qu'ils défendent le Liban alors qu'il ne font que défendre l'Iran, leur système mafieux et leur hégémonie destructrice. Ils ont mené le Liban dans le piège Israélien et continuent à dire que c'est la faute de l'état ... ils ont la victimologie vissée dans le sang et ne sont jamais à cours d'arguments tous plus mensonger les uns que les autres pour justifier le maintien de leurs armes ...

Zeidan

12 h 32, le 31 décembre 2025

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Commentaires (6)

  • Les barbus depuis toujours essayent de nous berner et nous faire avaler qu'ils défendent le Liban alors qu'il ne font que défendre l'Iran, leur système mafieux et leur hégémonie destructrice. Ils ont mené le Liban dans le piège Israélien et continuent à dire que c'est la faute de l'état ... ils ont la victimologie vissée dans le sang et ne sont jamais à cours d'arguments tous plus mensonger les uns que les autres pour justifier le maintien de leurs armes ...

    Zeidan

    12 h 32, le 31 décembre 2025

  • ""le Hezbollah continue de se tenir derrière l’État libanais et il ne compte en aucune façon prendre sa place, notamment dans la confrontation avec Israël "" ben C palice qui le dit non pas slt mme hadad ou naim kassem qui n'osera jamais se mettre AU DEVANT DE L'ETAT LIBANAIS et faire ses "obligations" supranationales...

    L’acidulé

    10 h 49, le 31 décembre 2025

  • DU NOUVEAU svp, DU NOUVEAU !

    L’acidulé

    10 h 46, le 31 décembre 2025

  • Madame est noyee dans ses sources aux eaux boueuses. Les chants des coqs deplumes ne sont que parasitages causes par le froid de la peur de quelque confrontation, et pour cela ils les tournent a l,interne. Le deplumage entier est tres proche.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 28, le 31 décembre 2025

  • Il a raison naïm la balle est dans le camp de l’Etat, car lui n’aura bientôt plus de balles (au figuré et au propre). L’Etat a décidé officillement de le désarmer et ça n’a rien à voir avec le comportement du voisin. La milice veut traduire les termes du cessez-le-feu comme elle le souhaite. Mais le voisin aussi ! Et ce n’est jamais le vaincu qui pose ses conditions, naïm le sait bien et finalement pour sauver ses plumes, il est bien obligé de s’en remettre à l’Etat. Sa seule bouée de sauvetage. Ce n’est pas son Iran empêtré dans ses gros problèmes qui va le sauver. Pas cette fois.

    NG

    07 h 25, le 31 décembre 2025

  • Désolé de contredire Mr Qassem, mais la balle est dans le camp du Hezbollah qui n'a, jusqu'à présent fait aucune concession à l'Etat libanais. On attend de lui qu'il dépose les armes et les remette à larmée libanaise, selon les termes de l'accord qu'il a lui-même approuvé. Pour l'instant, aucun désarmement n'a encore eu lieu, juste un transfert de l'arsenal du Sud au Nord.

    Yves Prevost

    07 h 14, le 31 décembre 2025

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