Des travailleurs indiens s'activent sur un chantier d'immeuble à Riyad, le 16 novembre 2014. Photo d'illustration Reuters
La nouvelle année marquera un tournant dans le royaume saoudien. A partir du 1er janvier 2026, les étrangers hors des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) - déjà autorisés à le faire - pourront acheter de l’immobilier dans le pays sans y résider. L’amendement de la Loi sur la propriété et l’investissement immobiliers des non-Saoudiens, passé en juillet dernier, limite certes ces acquisitions à certaines zones, excluant notamment La Mecque et Médine pour les non-musulmans. Mais elle démontre clairement la volonté du pouvoir wahhabite de diversifier son économie et concurrencer les Émirats arabes unis en attirant investissements et travailleurs étrangers qualifiés, dans le cadre de sa Vision 2030.
La loi originelle de 2000 pour réguler les achats par des étrangers de biens immobiliers dans le royaume a ainsi été élargie cette année aux personnes non résidentes, aux compagnies - opérant sur le sol saoudien ou pas -, aux organismes à but non-lucratif, et tout autre personne légale non-saoudiens. Les investisseurs qui avaient besoin d’un bien immobilier pour leur activité ou celle de leurs employés, ainsi que pour leur résidence, avaient déjà le droit d’acquérir de l’immobilier. L’amendement de juillet permet désormais aux personnes et entités concernées d’acheter tout type de propriété, sans lien avec une activité économique. La législation prévoit des frais immobiliers de 10 %, comprenant la taxe sur les cessions immobilières et un complément de cession pour les non-Saoudiens. Des pénalités allant jusqu’à 10 millions de rials saoudiens (plus de 2,6 millions de dollars) sont prévues en cas de violations des réglementations et toute propriété acquise avec des informations fausses ou trompeuses pourra être vendue aux enchères publiques.
Certaines régulations préexistantes restent en vigueur au-delà de l’amendement introduit en juillet. Sous le régime de la Premium Residency (résidence privilégiée) lancé en 2019 et renforcé depuis, les étrangers peuvent ainsi obtenir une résidence permanente dans le royaume en investissant plus de 4 millions de rials (environ 1,1 million de dollars) dans de l’immobilier. Les non-Saoudiens peuvent en outre contourner l’interdiction d’acquérir des biens dans les villes saintes de La Mecque et Médine en passant par une société locale qui y détiendrait du foncier, qu’ils détiennent l’entreprise partiellement ou totalement. En dehors des zones désignées par la loi, seuls des biens destinés à l’hébergement des employés ou à la pratique d’une activité économique peuvent être acquis. Quelle que soit la zone considérée, les compagnies listées à la bourse doivent obtenir en amont le feu vert de l’Autorité des marchés financiers.



On s en fout..et certainement pas.
07 h 58, le 30 décembre 2025