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Culture - Disparition

Décès du réalisateur Mohammad Bakri, chantre de la cause palestinienne

Au cours de sa vie, son engagement en faveur de la cause palestinienne lui avait valu d'être régulièrement critiqué par les autorités israéliennes.

Le réalisateur palestinien Mohammad Bakri lors du 5e festival du film de Rome, le 2 novembre 2010. Photo Andreas SOLARO

L'acteur et réalisateur Mohammad Bakri, chantre de la cause palestinienne, connu pour son documentaire « Jénine, Jénine », est décédé mercredi dans un hôpital israélien à l'âge de 72 ans.

Mohammad Bakri est mort dans le centre médical de Galilée à Nahariya, dans le nord d'Israël, a dit à l'AFP le porte-parole de l'hôpital, Gal Zaid. Il est décédé des suites de troubles cardiaque et pulmonaire, selon sa famille.

Né dans une famille palestinienne en 1953 en Galilée, dans le nord d'Israël, Mohammad Bakri avait la nationalité israélienne. Son engagement en faveur de la cause palestinienne lui a valu d'être régulièrement critiqué par les autorités israéliennes.

Le ministère de la Culture palestinien a salué « une figure marquante du paysage culturel et artistique palestinien et arabe. » « Il a consacré sa créativité à la défense de la vérité et du récit palestiniens », souligne le ministère, ajoutant qu'il avait « enduré des poursuites judiciaires (...) et le racisme de l'occupation (Israël, ndlr), pour ses prises de position courageuses et ses oeuvres engagées. »

Acteur de théâtre et de cinéma, il avait joué dans des films israéliens de premier plan mais avait aussi été dirigé par le réalisateur franco-grec Costa-Gavras, les Italiens Paolo et Vittorio Taviani et était apparu dans la 3e saison de la populaire série française « Le bureau des légendes ».

« Voix libre »

Son rôle de détenu palestinien dans une prison israélienne dans le film « Au-delà des murs » (Uri Barabash, 1984), lui avait valu l'éloge des critiques en Israël et dans le monde. Mais sa notoriété internationale est venue avec son documentaire « Jénine, Jénine », sorti en 2002, qui dénonce des présumés crimes de guerre de l'armée israélienne cette année-là dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine, en Cisjordanie occupée, pendant la deuxième Intifada (soulèvement palestinien).

Attaqué en justice en Israël, ce documentaire a été interdit de diffusion en 2022, la Cour suprême israélienne le jugeant « diffamatoire » envers des soldats israéliens. Couronné de nombreux prix dans le monde, il avait été présenté avant 2022 dans des cinémathèques en Israël.

Mohammad Bakri est aussi l'auteur de plusieurs documentaires sur la situation des Palestiniens citoyens d'Israël. Les Arabes israéliens, comme on les appelle en Israël, représentent environ 20% de la population et s'identifient pour une grande majorité comme des Palestiniens. Descendants de la population arabe de Palestine s'étant retrouvée en territoire israélien après la création d'Israël en 1948, ils se disent fréquemment victimes de discrimination de la majorité juive.

Mohammad Bakri était le père de six enfants dont trois acteurs, parmi lesquels Saleh Bakri. Père et fils ont plusieurs fois été ensemble à l'affiche.

La radio arabo-israélienne A-Shams a rendu hommage sur ses réseaux sociaux au réalisateur, le qualifiant de « voix libre ». « Depuis ses débuts au théâtre, l'art n'était pas un simple loisir pour Mohammad Bakri, mais un outil de prise de conscience et de confrontation », indique la radio. « Son documentaire Jénine, Jénine a marqué un tournant qui a ébranlé le pouvoir israélien, et enflammé le débat qui s'est poursuivi jusqu'à la Knesset (Parlement israélien, NDLR) et aux tribunaux », ajoute le texte. « L'expérience léguée par Mohammad Bakri restera présente, rappelant que l'art peut être un acte de résistance », conclut l'hommage.

L'acteur et réalisateur Mohammad Bakri, chantre de la cause palestinienne, connu pour son documentaire « Jénine, Jénine », est décédé mercredi dans un hôpital israélien à l'âge de 72 ans.Mohammad Bakri est mort dans le centre médical de Galilée à Nahariya, dans le nord d'Israël, a dit à l'AFP le porte-parole de l'hôpital, Gal Zaid. Il est décédé des suites de troubles cardiaque et pulmonaire, selon sa famille.Né dans une famille palestinienne en 1953 en Galilée, dans le nord d'Israël, Mohammad Bakri avait la nationalité israélienne. Son engagement en faveur de la cause palestinienne lui a valu d'être régulièrement critiqué par les autorités israéliennes. Lire aussi Edika, sous la déconnade, la tendresse Le ministère de la Culture palestinien a salué « une figure...
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