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Culture - Hommage

Edika, sous la déconnade, la tendresse

Edika (Édouard Carali) auteur-phare de bande dessinée d’origine libanaise, inventeur d’un univers aussi foutraque que profondément tendre, est décédé mardi 16 décembre.

Edika, sous la déconnade, la tendresse

Edika (Édouard Carali, 1940-2025), maître d’un humour débridé où l’absurde et la tendresse avancent main dans la main. Photo capture d'écran du compte Instagram de « Fluide Glacial »

Sauriez-vous définir « le Blougou à sens giratoire inversé » ? Probablement pas, ce qui n’est pas grave, puisque son inventeur, Édouard Carali, dit Edika, n’en aurait pas été offusqué.

Et pour cause : chacune des pages de sa quarantaine d’albums et chacune des 83 couvertures qu’il a réalisées pour Fluide Glacial (ou Fouloude Glazyol) fonctionnent selon une logique volontairement illogique et un humour indéfinissable, à la fois absurde, déjanté, farfelu et irrévérencieux, mais où la tendresse s’arrange toujours pour pointer le bout de son nez.

Né en 1940 en Égypte, Édouard Carali a vécu entre 1960 et 1978 au Liban, où il a travaillé comme graphiste et illustrateur dans la publicité. On était une petite poignée d’ados dessineux à l’avoir croisé dans les locaux du magazine Flash, sans oser lui demander le secret de ses magnifiques dégradés de couleur. Et sans se douter que cet aîné discret et timide créerait, quelques mois plus tard, un univers débridé et foutraque, autour de Bronsky Proko, sa femme Olga, leur fils Paganini, dit Nini, leur fille Georges, et Clark Gaybeul, le chat au slip « Grande barque ». À ce noyau familial, il faut ajouter Marty, le rat stressé, Mahmoud, le poisson rouge, et une mémé qu’on perd parfois, retrouve dans un compresseur de casse de voitures et que Clark Gaybeul reconnaît à son dentier.

D’autres énergumènes complètent cette galerie de portraits improbables : curés libidineux, religieuses coquines, rappeurs sourds, petits vieux lubriques, avortons malingres obsédés par des bimbos aux bas résillés et aux seins XXXL. Autant de personnages pour lesquels Edika se délecte à observer, reproduire, déformer et inventer des expressions, des attitudes et des mimiques toujours inattendues.

Edika, c’est aussi le maître des structures narratives complexes, qu’il ne construit que pour vite les démonter. Et puis c’est le roi des gags suspendus, où la chute attendue se perd entre bulles à rallonge et digressions délirantes. « Bon allez hop ! Je leur fous la dernière case de l’histoire… M’en fous… Qu’ils débroussaillent. »

Bon allez, TSHAW ! Je m’en vais relire mes Edika et essayer de retrouver ses private jokes sur le père Mathieu et le collège Notre-Dame de Jamhour.

Sauriez-vous définir « le Blougou à sens giratoire inversé » ? Probablement pas, ce qui n’est pas grave, puisque son inventeur, Édouard Carali, dit Edika, n’en aurait pas été offusqué.Et pour cause : chacune des pages de sa quarantaine d’albums et chacune des 83 couvertures qu’il a réalisées pour Fluide Glacial (ou Fouloude Glazyol) fonctionnent selon une logique volontairement illogique et un humour indéfinissable, à la fois absurde, déjanté, farfelu et irrévérencieux, mais où la tendresse s’arrange toujours pour pointer le bout de son nez.Né en 1940 en Égypte, Édouard Carali a vécu entre 1960 et 1978 au Liban, où il a travaillé comme graphiste et illustrateur dans la publicité. On était une petite poignée d’ados dessineux à l’avoir croisé dans les locaux du magazine Flash, sans oser lui...
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