Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'adresse aux journalistes au Grand Sérail à Beyrouth, au Liban, le 19 décembre 2025. Photo X/Grand Sérail
C'est une annonce attendue depuis des mois, sur l'un des projets de loi les plus importants. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a annoncé vendredi que les discussions en cours sur un texte organisant la répartition des pertes et la restitution des dépôts bancaires gelés depuis le début de la crise de 2019 avaient abouti à un projet de loi « pas parfait » mais « réaliste et équitable », qui sera examiné en Conseil des ministres lundi à 14 h.
Ce texte constitue l'une des exigences de la communauté internationale, qui demande depuis plusieurs années l'adoption de réformes cruciales avant de débloquer des fonds pour le Liban. « Le projet de loi que nous présentons aujourd’hui n’est ni un rêve ni un miracle, mais le début d’un nouveau processus visant à mettre fin à l’érosion des dépôts, à protéger la stabilité sociale, à stopper l’effondrement et le chaos qui ont épuisé chaque Libanais, et à rétablir la confiance dans le système financier », a dit M. Salam, dans une déclaration aux Libanais diffusée par les chaînes de télévision.
Il a fait cette annonce lors d’une conférence tenue au Grand Sérail, en présence du ministre des Finances, Yassine Jaber, du ministre de l’Économie, Amer Bsat, ainsi que du gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid. Le fait que le gouverneur soit présent est un symbole fort alors que la presse faisait état de nombreuses dissensions entre l'équipe gouvernementale et Karim Souhaid ces derniers mois.
Affirmant que « ce projet de loi n’est peut-être pas parfait et ne répondra pas à toutes les attentes », Nawaf Salam a indiqué qu'il constitue « une étape réaliste et équitable vers la restitution des droits, l’arrêt de l’effondrement, le redressement du secteur bancaire et la relance de la croissance ». Le chef du gouvernement a aussi vanté un texte « conforme aux exigences du FMI dans les grandes lignes », tout en laissant la porte ouverte à des discussions sur les détails.
Le projet doit répartir les pertes entre l’État, la Banque du Liban (BDL), les banques commerciales et les épargnants, dont le nombre était estimé à près d'un million avant l'effondrement économique sans précédent de 2019. Le FMI qui a suivi de près l'élaboration du texte, avait insisté sur la nécessité de « restaurer la viabilité du secteur bancaire et protéger les déposants dans la mesure du possible ». M. Salam a aussi indiqué que le « projet s’appuie sur les normes internationales en matière d’audit, d’enquête, de hiérarchisation des actifs et passifs, de supervision et de recapitalisation ». « L’État s’engage également, dans le cadre de ce projet, à assumer pleinement son rôle dans la recapitalisation de la Banque du Liban, conformément à l’article 113 de la loi sur la monnaie et le crédit », a-t-il ajouté.
« Vous n'êtes pas seuls »
« Je sais que beaucoup d’entre vous nous écoutent aujourd’hui le cœur rempli de colère : colère envers un État qui vous a laissés seuls, envers un système qui n’a pas protégé vos économies, envers des promesses non tenues et des discours éloignés de la vérité. Je vous entends clairement, a déclaré M. Salam. C’est pourquoi nous ne proposerons pas un simple palliatif temporaire à une crise qui dure depuis des années. Le traitement de cette crise exige de la sincérité, de la clarté et la volonté d’assumer les responsabilités. Aujourd’hui, nous entamons une nouvelle phase, fondée sur la transparence, dont l’objectif est la justice et dont l’outil est une loi équitable et applicable ». « Cette fois, vous n’êtes pas seuls, a-t-il assuré.
Le projet de loi a été diffusé sur le compte X de la présidence du Conseil des ministres une heure avant le début de la conférence de presse. Le projet prévoit notamment quatre catégories de dépôts. Les petits dépôts, inférieurs à 100 000 dollars, seront remboursés à leur valeur réelle sur une période de quatre ans, par versements mensuels ou trimestriels, selon le choix du titulaire du compte. Ces remboursements se feront sur des comptes libérés de toute restriction, pouvant être utilisés par chèques, virements bancaires ou cartes de crédit, dans un délai d’un mois à compter de l’entrée en vigueur de la loi. Pour les trois autres catégories, le processus est identique : à chaque fois, les 100 000 premiers dollars sont remboursés en liquide, tandis que le solde est restitué via des certificats financiers garantis par des actifs, de catégorie A pour les dépôts moyens (100 000 à 1 million de dollars), de catégorie B pour les grands dépôts (1 à 5 millions de dollars) et de catégorie C pour les très grands dépôts (au-delà de 5 millions de dollars). Sur le plan des dispositions, le projet impose notamment à la BDL de réaliser un audit indépendant de ses actifs un mois après la publication de la loi, exige que les banques soient auditées par des cabinets internationaux et qu’elles se recapitalisent, si nécessaire, dans un délai de cinq ans, en respectant les normes de Bâle III en matière de fonds propres. Le texte prévoit de soumettre les banques contrevenantes aux décisions de la Haute autorité bancaire, présidée par le gouverneur de la BDL. Il définit également plusieurs catégories d’actifs irréguliers, assorties de mesures spécifiques de régularisation, allant du gel à d’autres correctifs.



Est ce que cette belle brochette qu’on voit sur la photo est persuadée qu’un tel plan va faire reprendre confiance en l’économie et le système bancaire libanais? Je leur suggère vivement de retourner sur les bans de l’école primaire pour apprendre à nouveau les 4 opérations d’arithmétique. En réalité, ce plan va pousser d’avantage les jeunes talents à émigrer notamment une partie bien précise de la population libanaise qui a toujours été tournée vers l’Occident.
09 h 43, le 22 décembre 2025