Le commandant en chef de l’armée libanaise, Rodolphe Haykal, à Paris, le 18 décembre 2025. Photo tirée du compte X du chef d’État major des armées françaises.
Les envoyés spéciaux des États-Unis, de la France et de l’Arabie saoudite ont annoncé jeudi, dans un communiqué conjoint, la tenue en février 2026 d’une conférence internationale de soutien à l'armée libanaise et aux Forces de sécurité intérieure (FSI), qui vise à appuyer la mise en œuvre du plan de désarmement des milices, dont le Hezbollah, prévu dans le cadre du cessez-le-feu entré en vigueur le 26 novembre 2024. La décision a été prise à l’issue d’une réunion jeudi à Paris avec le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, qui a présenté les dernières avancées du plan dit « Bouclier national », prévoyant le désarmement complet du Hezbollah au sud du fleuve Litani d’ici à la fin de l’année.
« Afin d'accompagner les efforts du Liban pour mettre en œuvre la cessation des hostilités et le plan ''Bouclier national'', les participants ont convenu de créer un groupe de travail tripartite chargé de préparer la conférence internationale de soutien à l'armée libanaise et des Forces de sécurité intérieure qui se tiendra en février 2026 », indique le texte signé par l'envoyée spéciale des États-Unis Morgan Ortagus, l'émissaire saoudien Yazid ben Farhane et l'envoyée française Anne-Claire Legendre. Le lieu de la conférence n’a pas encore été communiqué. Cette levée de fonds en faveur de l’armée libanaise sera la première depuis la conférence organisée à Paris en octobre 2024, en pleine guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah. Près d’un milliard d’euros avaient alors été mobilisés lors de la « Conférence internationale de soutien à la population et à la souveraineté du Liban », convoquée à l’initiative de la France afin de venir en aide aux institutions libanaises et aux centaines de milliers de déplacés.
Repousser la date butoir du 31 décembre ?
Au sujet de la réunion de jeudi, le porte-parole du Quai d'Orsay, Pascal Confavreux, a déclaré, lors d'un point presse, que le général Haykal « a pu présenter les avancées » de l’armée libanaise sur le désarmement du Hezbollah ainsi que « faire état des besoins » de la troupe. « Nous restons mobilisés pour appuyer le Liban dans le recouvrement de sa souveraineté pleine et entière et dans le sillage de l'accord de cessez-le-feu », a ajouté M. Confavreux en annonçant l’accord sur l’organisation de la conférence en février 2026. Il a également fait état d’une « appréciation collective positive de l’engagement des Forces armées libanaises et des sacrifices consentis » dans le cadre de ce processus, estimant qu'il y a « un consensus pour documenter sérieusement ces avancées et nous travaillons sur ce sujet dans le cadre du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu ».
Le porte-parole du Quai d’Orsay a par ailleurs réitéré l'appel de la France à la « désescalade » au Liban-Sud. « Nous sommes extrêmement vigilants à ce qui est en train de s'y passer et nous condamnons les frappes quand elles font notamment des victimes civiles dans le sud du Liban, a-t-il affirmé. Nous travaillons à doter le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu de moyens concrets sur le terrain pour attester de l'avancée des forces armées libanaises et attester du désarmement du Hezbollah, notamment, dans la région au sud du Litani ». Le comité de supervision du cessez-le-feu (dit le « Mécanisme »), doit se réunir vendredi. Il s'agira de la deuxième rencontre depuis la nomination de diplomates « civils » par le Liban et Israël.
En réponse à une question concernant la date butoir du 31 décembre pour le désarmement du Hezbollah et si elle semble réaliste à ce stade, le porte-parole du Quai d’Orsay a répondu : « Notre objectif, c'est la pleine mise en œuvre du cessez-le-feu au Liban, dont le désarmement du Hezbollah fait partie. Il y a effectivement cette date butoir du 31 décembre. Notre travail, c'est d'appuyer les efforts libanais pour que ce soit respecté. Et s'il y a besoin de le repousser, les partenaires en discuteront. Et donc, je ne veux pas préempter leur décision, qui sera forcément prise dans les jours à venir ».
Avant sa réunion à l'Élysée, le général Haykal a rencontré le chef d'état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon. Dans un message sur X, le haut responsable militaire français a indiqué avoir discuté avec son homologue de « l’environnement stratégique et des enjeux sécuritaires au Liban et dans sa région ». « La présence des armées françaises aux côtés des forces armées libanaises est guidée par un objectif commun : contribuer au maintien de la stabilité et d’une paix durable, dans le respect de la souveraineté du Liban », selon ce message. « Nos deux armées entretiennent une coopération historique qui s’illustre dans les domaines de la formation, du capacitaire, et de l’entraînement conjoint », a-t-il ajouté.
Jeudi matin, quelques heures avant la réunion à l’Élysée, des frappes israéliennes ont visé le Liban-Sud et la Békaa. Le président du Parlement, Nabih Berry, y a vu un « message israélien » adressé à cette rencontre. La réunion de Paris a eu lieu alors que le président américain multiplie les pressions pour un désarmement du Hezbollah. Mardi soir, lors des célébrations de la fête juive de Hanoukka à la Maison-Blanche, Donald Trump a réitéré pour la troisième fois en moins d'une semaine que de « nombreux pays » sont prêts intervenir militairement pour désarmer le parti chiite, afin de garantir la « paix » au Moyen-Orient. « Comme vous le savez, nous avons le Hezbollah au Liban, et il est en grande difficulté. Mais nous avons la paix, et de nombreux pays sont prêts à intervenir pour neutraliser le Hezbollah si cela devait arriver, si nous décidions de le faire (d’accepter une offensive militaire, Ndlr), pas seulement Israël : beaucoup de pays le feraient. Il y a aujourd’hui une unité remarquable au Moyen-Orient », a-t-il ajouté.



Notre armée a un potentiel insoupçonnable à défendre notre pays mais est obligée d’exécuter les ordres d’en haut qui se révèlent bien en dessous de ses capacités et ses espérances. Elle a montré plus d’une fois capable d’éradiquer tous les postulants étrangers à venir s’y frotter. Alors pourquoi les ordres sont toujours on ne peut plus ambigües lorsque nos militaires sont dévoués pour nous sauver au pied levé? Le ver est dans le fruit et il faut arrêter de nous vendre le contraire. Personne ne nous sauvera tant que nos dirigeants ne sont pas décidés à le faire sans calculs de boutiquiers
11 h 14, le 19 décembre 2025