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Culture - Cinéma

Oscars 2026 : quatre films arabes en lice, dont trois portent la mémoire palestinienne

Une sélection historique se dessine dans la catégorie du meilleur film international, marquée par la reconnaissance de récits longtemps tenus à l’écart des grandes scènes mondiales.

Oscars 2026 : quatre films arabes en lice, dont trois portent la mémoire palestinienne

Les quatre films arabes présélectionnés pour l’Oscar du meilleur film international 2026 : « Palestine 36 » d’Annemarie Jacir, « The Voice of Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania, « All That’s Left of You » de Cherien Dabis et « The President’s Cake » de Hasan Hadi. Photos tirées des films IMG_2684

C’est une première historique pour le cinéma arabe. L’Academy of Motion Picture Arts and Sciences a dévoilé la shortlist des films présélectionnés pour l’Oscar du meilleur film international, et parmi les œuvres retenues figurent quatre productions arabes – un record – dont trois centrées sur des récits palestiniens. Un signal fort, à quelques semaines de l’annonce officielle des nominations, prévue le 22 janvier 2026, en amont de la 98ᵉ cérémonie des Oscars, le 15 mars prochain.

Parmi les quinze films en lice dans la catégorie, se distinguent The President’s Cake (Irak), All That’s Left of You (Jordanie), Palestine 36 (Palestine) et The Voice of Hind Rajab (Tunisie). Au-delà de leur diversité esthétique et narrative, ces œuvres partagent une même ambition : faire émerger, sur la scène mondiale, des histoires longtemps reléguées aux marges, portées par une mémoire collective traversée par la colonisation, l’exil et la violence politique.

La Palestine au cœur de la sélection

Trois de ces quatre films explorent directement l’expérience palestinienne, chacun selon un prisme distinct. Palestine 36, réalisé par Annemarie Jacir – figure majeure du cinéma palestinien – s’impose comme l’un des projets les plus ambitieux de la sélection. Fresque historique située durant la révolte arabe de 1936-1939 contre le mandat britannique et l’intensification de l’immigration juive, le film suit le parcours de Yusuf, jeune homme pris entre son village rural et Jérusalem, alors que le pays bascule dans la confrontation. Porté par un casting international – Hiam Abbass, Saleh Bakri, Jeremy Irons et Liam Cunningham –, le long-métrage revendique la reconquête d’une histoire confisquée, inscrivant la narration palestinienne dans un récit global du colonialisme.

Avec All That’s Left of You, la cinéaste jordano-palestinienne Cherien Dabis adopte une approche plus intime : un drame intergénérationnel qui retrace l’histoire d’une famille palestinienne à travers les fractures du temps, de la transmission et de l’exil. Le film interroge ce qu’il reste – gestes, silences, souvenirs – lorsque la terre et la mémoire sont sans cesse menacées.

Enfin, The Voice of Hind Rajab, signé par la Tunisienne Kaouther Ben Hania, s’ancre dans un matériau brut et bouleversant : les enregistrements audio de la dernière conversation entre la petite Hind Rajab et les secouristes du Croissant-Rouge palestinien, alors qu’elle agonise après avoir été prise pour cible. Déjà couronné du Lion d’argent à la Mostra de Venise, le film a également été nommé aux Golden Globes 2026. Par son dispositif minimaliste et sa force politique, il transforme un document sonore en acte de mémoire et d’accusation.

Un regard arabe pluriel

La quatrième œuvre arabe présélectionnée, The President’s Cake du réalisateur irakien Hasan Hadi, déplace le regard vers l’Irak de Saddam Hussein. À travers le parcours onirique d’un enfant chargé de livrer un gâteau au dictateur, le film compose une satire surréaliste du pouvoir et de la peur, rappelant combien l’imaginaire reste une arme face à l’oppression.

Cette présence arabe remarquée s’inscrit dans une sélection internationale particulièrement dense : 86 pays ou régions ont soumis un film cette année. Elle résonne aussi avec d’autres œuvres de la shortlist liées au Moyen-Orient et à l’Afrique du Nord, comme Sirat d’Oliver Laxe – tourné au Maroc – ou Un simple accident, film iranien de Jafar Panahi, présenté par la France après avoir été tourné clandestinement, alors que son auteur fait face à de lourdes condamnations dans son pays.

Jamais auparavant autant de films arabes n’avaient atteint ce stade de la compétition dans la catégorie du meilleur film international. Que trois d’entre eux portent explicitement des récits palestiniens n’est pas anodin : cette reconnaissance institutionnelle consacre la force d’un cinéma engagé, capable de conjuguer exigence artistique et urgence politique.

À l’approche de la cérémonie du 15 mars 2026, cette shortlist marque déjà un tournant. Plus qu’une simple visibilité, elle témoigne de l’inscription durable du cinéma arabe – et palestinien – dans les grandes narrations contemporaines du monde.

C’est une première historique pour le cinéma arabe. L’Academy of Motion Picture Arts and Sciences a dévoilé la shortlist des films présélectionnés pour l’Oscar du meilleur film international, et parmi les œuvres retenues figurent quatre productions arabes – un record – dont trois centrées sur des récits palestiniens. Un signal fort, à quelques semaines de l’annonce officielle des nominations, prévue le 22 janvier 2026, en amont de la 98ᵉ cérémonie des Oscars, le 15 mars prochain.Parmi les quinze films en lice dans la catégorie, se distinguent The President’s Cake (Irak), All That’s Left of You (Jordanie), Palestine 36 (Palestine) et The Voice of Hind Rajab (Tunisie). Au-delà de leur diversité esthétique et narrative, ces œuvres partagent une même ambition : faire émerger, sur la scène mondiale, des...
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