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Culture - Cinéma

« PALESTINE 36 » : la fresque d’Annemarie Jacir, porte-drapeau de la Palestine aux Oscars

Avec cette sélection, un casting international et la signature d’une pionnière du cinéma arabe s’invitent sur la scène mondiale.

« PALESTINE 36 » : la fresque d’Annemarie Jacir, porte-drapeau de la Palestine aux Oscars

Avec « Palestine 36 » Annemarie Jacir livre une fresque historique, intime et politique. Photo tirée du film «

Un jeune homme traverse Jérusalem, en 1936. Les pierres de la ville résonnent du tumulte de la révolte, tandis que ses pas hésitent entre le chemin de son village et l’appel d’un avenir encore invisible. Il s’appelle Yusuf et il est le héros de PALESTINE 36, le nouveau film d’Annemarie Jacir. À travers lui, la cinéaste palestinienne capture une époque de bascule où les rêves d’indépendance se heurtent à la brutalité de l’histoire.

Ce récit puissant a été choisi pour porter les couleurs de la Palestine aux Oscars, dans la catégorie du Meilleur film international. Mais la sélection n’est que la première étape : l’Académie doit encore trancher parmi les candidatures venues du monde entier. Son verdict, attendu le 16 janvier 2026, dira si le film franchira la dernière marche vers la nomination. En attendant, il fera sa première mondiale le 5 septembre prochain, lors de la 50e édition du Festival international du film de Toronto.

Une année de feu et de sang

Jacir inscrit son film dans l’année 1936, où la Palestine sous mandat britannique s’embrase. Yusuf, figure fictive mais profondément enracinée dans le réel, incarne une génération prise au piège : l’arrivée de réfugiés juifs fuyant l’Europe fasciste se conjugue à la montée des aspirations palestiniennes à l’indépendance. Tout converge vers un affrontement inévitable, prélude aux fractures d’un siècle entier.

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Pour donner corps à cette fresque, Jacir a réuni une distribution cosmopolite. Aux côtés de Hiam Abbass (Paradise Now, Blade Runner 2049), de Kamel el-Basha et de Saleh Bakri (Salt of This Sea), piliers du cinéma palestinien, on retrouve Yasmine el-Masri (Castlevania), Jeremy Irons, le Tunisien Dhafer L’Abidine, Billy Howle, Liam Cunningham et Robert Aramayo (Game of Thrones) , ainsi que le Syrien Jalal Altawil. Deux jeunes acteurs, Yafa Bakri et Karim Daoud Anaya, y font leurs débuts remarqués.

La production a été confiée à Ossama Bawardi et Azzam Fakhrildin, épaulés par Cat Villiers, Hani Farsi, Nils Åstrand, Olivier Barbier, Katrin Pors, Hamza Ali et Elissa Pierre. La directrice de la photographie française Hélène Louvart sublime l’image, tandis que le compositeur Ben Frost habille l’ensemble d’une partition qui mêle intensité et mélancolie.

« Un acte d’amour et de défi »

« Ce film raconte l’histoire de personnes confrontées à une force qui les dépasse », confie Annemarie Jacir. « PALESTINE 36 a été l’aventure la plus éprouvante de ma vie. Que cette année de sang, de violence et de mort ait aussi donné naissance à une œuvre tissée de tant de mains et de cœurs est pour moi un acte d’amour et de défi. »

Avec seize films à son actif, Jacir est l’une des pionnières du cinéma palestinien. Ses trois longs-métrages précédents représentaient déjà la Palestine aux Oscars : Salt of This Sea (2008), premier film palestinien réalisé par une femme, salué à Cannes ; When I Saw You (2012), distingué à Berlin ; et Wajib (2017), couronné de trente-six prix à travers le monde.

Au-delà de sa filmographie, Jacir se consacre à la transmission. Par sa société Philistine Films, elle accompagne d’autres cinéastes arabes et privilégie le travail avec des équipes locales. Installée à Bethléem, elle a cofondé Dar Jacir, espace culturel indépendant, et siège régulièrement dans les jurys des festivals les plus prestigieux.

Avec PALESTINE 36, Annemarie Jacir livre une fresque historique, intime et politique. Un récit où se joue non seulement la mémoire d’un peuple, mais aussi la capacité du cinéma à témoigner, à résister et à transmettre.

  •  La Palestine aux Oscars : un parcours semé d’embûches

Depuis 2003, la Palestine a régulièrement soumis des films dans la catégorie du Meilleur film international, affirmant sa place sur la carte du cinéma mondial malgré les débats diplomatiques.

2003 – Divine Intervention (Yadon Ilaheyya) d’Elia Suleiman : première tentative de participation. Après controverse, l’Académie accepte le film sous l’étiquette « Autorité palestinienne ».

2006 – Paradise Now de Hany Abu-Assad : première nomination officielle, mais présentée comme issue des « Territoires palestiniens ». Le film suscite un vif débat à Hollywood comme à Tel-Aviv.

2013 – Omar, du même réalisateur : deuxième nomination, cette fois sous le nom clair de Palestine.

2010, 2013, 2017 : Annemarie Jacir représente la Palestine avec Salt of This Sea, When I Saw You et Wajib. Bien que salués par la critique internationale, ces films ne franchissent pas le cap de la nomination finale.

2014, 2019, 2020 : d’autres cinéastes palestiniens, tels que Najwa Najjar (Eyes of a Thief, Between Heaven and Earth), poursuivent le relais. 

Un jeune homme traverse Jérusalem, en 1936. Les pierres de la ville résonnent du tumulte de la révolte, tandis que ses pas hésitent entre le chemin de son village et l’appel d’un avenir encore invisible. Il s’appelle Yusuf et il est le héros de PALESTINE 36, le nouveau film d’Annemarie Jacir. À travers lui, la cinéaste palestinienne capture une époque de bascule où les rêves d’indépendance se heurtent à la brutalité de l’histoire.Ce récit puissant a été choisi pour porter les couleurs de la Palestine aux Oscars, dans la catégorie du Meilleur film international. Mais la sélection n’est que la première étape : l’Académie doit encore trancher parmi les candidatures venues du monde entier. Son verdict, attendu le 16 janvier 2026, dira si le film franchira la dernière marche vers la nomination. En...
commentaires (1)

Sauf erreur de ma part, cette catégorie s’intitule « meilleur film étranger » et pas « international ». Mais cela n’enlève rien à l’intérêt et à la qualité de votre papier.

Marionet

23 h 10, le 19 août 2025

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Commentaires (1)

  • Sauf erreur de ma part, cette catégorie s’intitule « meilleur film étranger » et pas « international ». Mais cela n’enlève rien à l’intérêt et à la qualité de votre papier.

    Marionet

    23 h 10, le 19 août 2025

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