Des militaires libanais sur une base dans la région de Tyr, au Liban-Sud, le 8 juillet 2025. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
L’armée libanaise a mené mercredi après-midi des opérations d'excavations dans la vallée de Touline, caza de Marjeyoun, suite à un signalement israélien transmis à travers le comité de supervision du cessez-le-feu (« Mécanisme »), indiquant la présence présumée d’un tunnel ou d’une installation militaire du Hezbollah, rapporte notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, dont les informations font état de la découverte d'une petite chambre souterraine, sans armes, munitions ou équipement militaire.
L’armée devait se réunir mercredi soir avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) pour lui présenter les résultats des fouilles. Une source de la municipalité de Touline a précisé que « l’armée dispose de quatre jours pour déterminer s’il existe un site militaire », sans exclure « la poursuite des recherches ».
Cette intervention n’était pas la première de ce type. Dimanche, une inspection similaire avait été menée à Yanouh, dans le caza de Tyr, à l’intérieur d’un bâtiment. Là encore, aucune arme ni munition n’avait été trouvée. En novembre dernier, Israël avait pressé l’armée libanaise d’accélérer le désarmement du Hezbollah au Liban-Sud, notamment par des perquisitions dans des propriétés privées, selon l'agence Reuters, citant des responsables libanais et israéliens. La demande avait été rejetée par le commandement militaire libanais, qui craignait des troubles civils.
«Si des restrictions américaines ont récemment été imposées aux frappes israéliennes en Syrie, ce n'est pas le cas pour le Liban», où l’armée de l'État hébreu occupe toujours cinq positions dans le sud du pays, en violation de l’accord de trêve conclu en novembre 2024, et où les frappes israéliennes se poursuivent quasi quotidiennement, a indiqué une source diplomatique française à la chaîne saoudienne al-Hadath.
Le retrait de la Finul « ne devrait pas créer de vide sécuritaire au Liban-Sud »
La même source a estimé que le Hezbollah « cherchera à se réarmer », avertissant que la présence d’armes du parti chiite dans la zone situé au nord du Litani « entraînerait des complications plus importantes que celles observées au sud ». Malgré la décision du Conseil des ministres du 5 août visant à rétablir le monopole de l’État sur les armes, le Hezbollah refuse de remettre son arsenal sur l'ensemble du territoire libanais, tout en se disant prêt à coopérer dans la zone située au sud du fleuve Litani. Chargée en septembre de définir et d’appliquer un plan de désarmement, l’armée affirme avoir achevé l’essentiel de la première phase des opérations au sud du fleuve, des efforts qui devraient se poursuivre au moins jusqu’à la fin de l’année.
De même source diplomatique, on ajoute que la France s’emploie à s’assurer que l’armée libanaise « fasse ce qu’elle dit » en matière de désarmement, indiquant que Paris a proposé qu’une force de la Finul accompagne l’armée libanaise dans le cadre du processus de désarmement du parti chiite. Alors que les Casques bleus, déployés dans le sud du pays depuis 1978, doivent entamer leur retrait le 31 décembre 2026 en vue d’un départ complet d’ici fin 2027, la source diplomatique a indiqué que ce retrait « ne devrait pas créer de vide sécuritaire dans sud du pays ». Enfin, elle a estimé que le Liban devait présenter un récit différent de la « version israélienne erronée » selon laquelle aucun progrès n’aurait été réalisé en matière de désarmement du Hezbollah.
Par ailleurs, sur le terrain mercredi, l'armée israélienne a poursuivi ses attaques : vers 11h, un drone israélien a largué une bombe sonore au large de la plage de Ras Naqoura, dans le caza de Tyr. Une opération similaire a été menée dans l'après-midi au-dessus de Taybé, dans le caza de Marjeyoun. Un autre drone israélien a mené un raid entre Aaziyé et Chakhroub, aux abords de Kfar Kila, toujours dans le même caza. Mardi tard dans la nuit, des tirs d’artillerie israéliens ont visé le quartier d'el-Marj, à la périphérie de la localité de Houla (Marjeyoun).
L'armée israélienne a en outre affirmé avoir tué mardi un membre du Hezbollah qui « récoltait des renseignements », lors d’une frappe dans la région de Taybé. « Ce terroriste recueillait des renseignements sur les forces israéliennes au Liban-Sud et s'efforçait de reconstituer l'infrastructure terroriste du Hezbollah », a déclaré sur X Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l’armée israélienne. La victime, Hussein Hassan Yehya, alias « Ali Mourtada », a été tué lors d’un raid effectué par un drone israélien entre les villages de Markaba et de Adaïssé, près de Taybé. Le Hezbollah a confirmé le décès de son membre qui est originaire de Taybé.



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15 h 19, le 18 décembre 2025