Depuis de nombreuses années, face à l’incertitude économique, les investisseurs choisissent l’or et l’argent comme refuge pour leurs placements. Ces métaux précieux ont effectivement un rôle crucial dans la conservation du patrimoine. Toutefois, pendant que l’on se concentre sur les marchés financiers et les technologies de pointe, un élément crucial demeure négligé : l’agriculture.
L’agriculture n’est pas simplement un domaine comme les autres ; elle constitue le fondement de la vie humaine. Et en dépit des avancées de l’IA, une réalité reste indéniable : l’agriculture ne peut être substituée par l’IA. La technologie peut améliorer les techniques agricoles, mais elle ne peut pas remplacer la terre fertile, le travail des agriculteurs, ni reproduire le cycle naturel qui nous alimente.
Cette situation est d’une importance capitale pour notre pays qui fait face à une grave crise économique, qui dépend fortement des importations et qui subit une tension accrue sur sa sécurité alimentaire. Cependant, le Liban possède des sols fertiles, une diversité climatique et des agriculteurs chevronnés. Ce qui fait défaut ne sont pas les compétences, mais plutôt l’engagement, l’organisation et la mise à niveau.
Un exemple récent met en évidence la nécessité d’appuyer ce domaine : la campagne « 20 kilos de pommes de terre peuvent aider ».
Cette démarche incite les habitants à se procurer 20 kg de pommes de terre du terroir pour venir en aide aux fermiers en situation précaire, dont les bénéfices ont été fortement impactés. Pour certains producteurs, écouler 20 kilos suffit à couvrir une part des frais de la saison, régler les dépenses indispensables et assurer la pérennité de leur activité. Ce geste aisé illustre comment le consommateur peut directement participer à la préservation du tissu agricole.
Ces initiatives populaires véhiculent un message puissant : investir dans l’agriculture n’est pas uniquement une décision économique, c’est aussi une obligation nationale.
Si le Liban accordait à l’agriculture la même importance qu’à l’or et à l’argent, les bénéfices seraient énormes : diminution de la dépendance vis-à-vis des importations onéreuses ; amélioration de la sécurité alimentaire ; stimulation de l’économie rurale et génération d’emplois ; développement de l’industrie agroalimentaire locale ; potentiel d’exportation renforcé ; renforcement de la résilience face aux crises économiques et géopolitiques.
L’or et l’argent préservent la richesse, tandis que l’agriculture assure la vie et la stabilité du pays. Notre nourriture ne pourra être cultivée par aucune technologie, et aucun marché extérieur n’est assuré à long terme.
Il est impératif pour le Liban de réintégrer l’agriculture dans sa stratégie d’investissement – non pas en tant qu’élément nostalgique, mais comme un composant moderne et crucial de son économie. Appuyer des actions telles que « 20 kilos de pommes de terre peuvent faire la différence » est une première étape. Il est cohérent de mettre en place une politique agricole durable.
En fin de compte, un pays qui mise sur ses terres mise sur sa propre survie.
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