Rechercher
Rechercher

Campus - Initiative

L’AUF renforce l’intégration de l’IA dans l’enseignement supérieur au Moyen-Orient

Pendant une semaine, 140 enseignants de treize universités de la région ont plongé au cœur d’un projet ambitieux : développer l’usage d’une intelligence artificielle éthique, utile et véritablement centrée sur l’apprentissage.

L’AUF renforce l’intégration de l’IA dans l’enseignement supérieur au Moyen-Orient

Dans les mois à venir, les participants travailleront à déployer, au sein des universités, un vaste programme de formation aux usages pédagogiques de l’intelligence artificielle. Photo AUF

Cent quarante enseignants venus du Liban, d’Égypte et de Palestine se sont réunis à Beyrouth, du 1er au 5 décembre, à l’initiative de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), pour suivre un programme intensif consacré à l’intégration pédagogique, institutionnelle et éthique de l’intelligence artificielle au sein des facultés non spécialisées des universités. Pendant une semaine, les représentants de treize universités ont plongé au cœur d’un projet ambitieux financé par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), visant à intégrer une IA éthique, utile et véritablement centrée sur l’apprentissage. Ce projet, intitulé «  Soutien à l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur au Moyen-Orient  », a été lancé officiellement par l’AUF le 11 septembre, qui a organisé en ligne la première réunion de son comité de pilotage.

Tout au long de la semaine, les travaux ont porté sur l’usage de l’IA dans l’enseignement et la recherche, la conception de nouvelles approches pédagogiques, la mise en place de Learning Labs et l’élaboration de projets IA au sein des établissements. Formations, ateliers interactifs et échanges nourris ont rythmé les journées. En fin de parcours, l’atmosphère était vibrante : sourires, sentiment d’accomplissement partagé et remise d’attestations symbolisant l’engagement commun à transformer l’éducation au Moyen-Orient.

Interrogé sur l’objectif de cette initiative, Jean-Noël Baléo, directeur régional de l’AUF au Moyen-Orient, précise : « Nous avons élaboré ce projet pour renforcer les capacités des treize universités bénéficiaires, réparties dans les trois pays : Liban, Égypte et Palestine. L’objectif est de les accompagner dans l’usage pédagogique des outils d’IA, mais aussi dans la rénovation des cursus des métiers qui seront fortement transformés dans les prochaines années par ces technologies, qu’il s’agisse de ChatGPT ou d’autres outils spécialisés selon les disciplines. »

La démarche de l’AUF consiste à proposer une offre de formation sur les questions d’intelligence artificielle, répondant à une forte demande des universités et du corps professoral. Jean-Noël Baléo rappelle les disparités régionales : « Au Moyen-Orient, certaines universités, notamment en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, sont très avancées, tandis que la situation reste plus hétérogène ailleurs. En Égypte, une véritable politique nationale en matière d’IA est en place ; au Liban, elle est encore en cours d’élaboration. On constate aussi d’importantes différences entre établissements : certains enseignants accusent un retard par rapport aux étudiants et aux dynamiques qui se développent déjà largement en Occident. »

Renforcer les capacités et créer un effet de masse

Après plusieurs semaines de formations en ligne, les participants se sont retrouvés à Beyrouth pour créer une cohésion de groupe, explique le directeur régional de l’AUF : « Ces formateurs retourneront ensuite dans leurs universités respectives pour former environ 3 000 enseignants. L’objectif est de produire un effet de masse dans les treize universités bénéficiaires, dont six au Liban. Le projet se poursuivra tout au long de l’année 2026, avec un cycle de formation à grande échelle pour un noyau d’environ 120 enseignants intensivement formés par l’AUF. »

Les universités libanaises bénéficiaires sont : l’Université libanaise (UL), le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM Liban), l’Université Antonine, l’Université Notre-Dame de Louaïzé (NDU), l’Université al-Kafaat et l’Université La Sagesse (ULS). En Égypte : l’Université française d’Égypte, l’Université d’Alexandrie et l’Université el-Alamein. En Palestine : l’Université nationale an-Najah, l’Université de Bir Zeit, l’Université de Hébron ainsi que l’Université de Naplouse.

Au-delà des aspects techniques, le projet place l’éthique et la pédagogie au cœur de la formation. « Les défis sont nombreux. Dans deux des pays concernés, la continuité pédagogique est fragilisée par des fermetures d’établissements, en Palestine et ponctuellement dans certaines régions du Liban. L’IA offre des outils capables de soutenir cette continuité et de favoriser un apprentissage personnalisé, mais encore faut-il savoir les concevoir, les maîtriser et les adapter », souligne Jean-Noël Baléo.

Il insiste également sur la transformation profonde de l’évaluation et des pratiques éducatives : « Les étudiants utilisent massivement ces technologies et souvent plus rapidement que leurs enseignants. Il existe aujourd’hui un réel besoin d’un cadre éthique clair. On ne peut ni ignorer ni interdire ces outils : il faut repenser l’enseignement et les modalités d’évaluation pour offrir une véritable valeur ajoutée. Dans un contexte où un étudiant peut générer un devoir de plusieurs pages avec un agent conversationnel, il devient indispensable de revoir nos approches. »

Ainsi, la transformation des pratiques, les nouveaux usages et la responsabilité éthique sont au centre des journées de formation. « L’éthique est intégrée à la fois dans le contenu des formations et dans les exigences que nous souhaitons transmettre aux enseignants », souligne-t-il.Dans les mois à venir, les participants travailleront à mener à terme leurs projets pédagogiques, à rendre pleinement fonctionnels les Learning Labs et à déployer au sein des universités un vaste programme de formation aux usages pédagogiques de l’intelligence artificielle. Ils développeront également des ressources partagées pour accompagner les établissements tout au long de cette transition numérique d’ampleur.

Cent quarante enseignants venus du Liban, d’Égypte et de Palestine se sont réunis à Beyrouth, du 1er au 5 décembre, à l’initiative de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), pour suivre un programme intensif consacré à l’intégration pédagogique, institutionnelle et éthique de l’intelligence artificielle au sein des facultés non spécialisées des universités. Pendant une semaine, les représentants de treize universités ont plongé au cœur d’un projet ambitieux financé par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), visant à intégrer une IA éthique, utile et véritablement centrée sur l’apprentissage. Ce projet, intitulé «  Soutien à l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur au Moyen-Orient  », a été...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut