Alors que les divisions politiques internes deviennent de plus en plus aiguës, des propos attribués au président de la Chambre, Nabih Berry, sur la possibilité de rééditer l’expérience du 6 février 1984, lorsque la sixième brigade de l’armée (dirigée alors par le général Loutfi Jaber et composée majoritairement de chiites) a fait scission, ont commencé à circuler dans les médias. Ces propos n’ont certes pas été confirmés par Aïn el-Tiné, mais leur simple évocation montre combien la tension est grande entre les différentes parties, ce qui accroît les risques de plonger le pays dans un cycle de violences internes qui ne peut que l’affaiblir.
Ce qui est sûr, c’est que juste après la visite du pape Léon XIV au Liban, et la participation de figures civiles aux négociations entre le Liban et Israël dans le cadre du comité dit du « mécanisme », les échanges verbaux violents se sont multipliés entre les Forces libanaises qui se considèrent comme les principales adversaires du Hezbollah et ce dernier.
À cette recrudescence des tensions purement internes, il faut aussi ajouter les frictions de lundi soir entre, d’un côté, les déplacés syriens qui célébraient la chute du régime Assad et l’arrivée au pouvoir d’Ahmad el-Chareh, et les partisans d’Amal et du Hezbollah qui se sentaient visés par cette mobilisation et par les slogans lancés. Sans un déploiement massif des soldats libanais dans plusieurs lieux cruciaux, de Tripoli à Saïda, en passant par Tarik Jdidé et la banlieue sud de Beyrouth, des accrochages auraient pu se produire et constituer l’étincelle d’affrontements à plus grande échelle. D’ailleurs, certains médias ont immédiatement commenté ces faits en affirmant qu’il s’agit d’une sorte « d’avant-première » de ce qui attend les Libanais. Selon ces rumeurs, le pays se trouverait ainsi à la veille d’une nouvelle guerre interne, avec les Syriens qui remplaceraient les Palestiniens, une armée scindée et des milices qui se battent entre elles.
Mais même si, à ce stade, le tableau général reste assez sombre, beaucoup de parties continuent de ne pas croire à l’éclatement d’une discorde armée interne. La principale raison qui empêcherait celle-ci réside dans le fait que, selon une source de l’armée, les deux forces réellement en mesure de se lancer dans une nouvelle guerre sont la troupe et le Hezbollah. Or, toutes les deux refusent catégoriquement de se laisser entraîner dans un tel scénario, sachant que c’est exactement ce que veulent et cherchent à réaliser les Israéliens. La source ajoute que l’armée a montré sa capacité à imposer la stabilité dans le pays, en se déployant dans plusieurs régions simultanément pour empêcher l’éclatement d’incidents violents entre les différents protagonistes, et elle continuera à le faire. De même, les services de renseignements de l’armée travaillent sur l’ensemble du territoire pour identifier les cellules terroristes éventuelles destinées à provoquer des incidents au Liban. Il y a même eu récemment un coup de filet important à ce niveau, sachant que, dans un climat aussi tendu que celui qui règne actuellement, l’assassinat d’une personnalité appartenant à un camp sera immédiatement attribué au camp adverse, et le pays pourrait ainsi plonger dans un nouveau cycle de violence.
Au sujet d’une possible scission sur base confessionnelle au sein de la troupe, comme cela s’était passé en février 1984, les sources de l’armée affirment qu’un tel scénario n’est pas envisageable. Depuis la réunification de l’armée dans les années 1990 autour d’une doctrine unifiée et nationale, l’allégeance des soldats n’est plus à leurs communautés, mais au Liban. D’ailleurs, la première démarche du processus de réunification de l’armée a été de fusionner les brigades afin qu’elles n’aient plus de coloration confessionnelle. Aujourd’hui, toutes les brigades et autres unités combattantes de l’armée sont mixtes sur le plan confessionnel.
Dans ce cas, pourquoi les visiteurs de Aïn el-Tiné ont-ils rapporté des propos faisant allusion à une réédition du scénario de février 1984 ? Les sources militaires précitées affirment à cet égard que, d’une part, Berry n’a pas fait directement cette déclaration, ce qui en rend la portée plus limitée. D’autre part, si Berry a dit cela, c’est qu’il a surtout voulu exprimer l’état de bouillonnement dans lequel vit actuellement la communauté chiite, harcelée par les Israéliens, sans perspective de reconstruction en vue. Cette communauté se sent également pointée du doigt par certains alliés du nouveau pouvoir syrien, tout en éprouvant un sentiment d’isolement au Liban. Mais malgré cela, le tandem chiite n’a pas donné d’instructions à ses partisans pour qu’ils descendent dans les rues en guise de protestation contre la désignation de l’ambassadeur Simon Karam en tant que président de la délégation libanaise aux négociations dans le cadre du « mécanisme ». Il s’est contenté de la critique adressée par Naïm Kassem dans son dernier discours, qui ressemblait davantage à une position de principe qu’à une opposition ouverte.


Berry brandit, de maniere detournee, la menace de guerre civile confessionnelle. Il y a des lois au Liban qui sanctionnent severement ce genre de menaces. Si Berry est protege par son statut de depute, ses thurefaires, qui reprennent les menaces, ne doivent pas echapper au rigueurs de la loi. Les Libanais en ont marre de ces hommes politiques qui utilisent la confession pour diviser. Tfeeeeehhhhhhh....
17 h 18, le 11 décembre 2025