L'émissaire français Jean-Yves Le Drian (g), réuni avec le chef de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, le 9 décembre 2025 à Yarzé. Photo ANI
Au deuxième jour de sa visite à Beyrouth, l'envoyé spécial du président français Emmanuel Macron au Liban, Jean-Yves Le Drian, s'est entretenu mardi avec le président du Parlement, Nabih Berry, ainsi qu'avec le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, le leader druze Walid Joumblatt et le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Une tournée qui intervient dans un contexte de poursuite des attaques israéliennes contre le Liban malgré l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024, après plus de 13 mois de guerre entre le Hezbollah et Israël. Le Liban craint par ailleurs une nouvelle guerre entre les deux camps.
Selon des médias locaux, M. Le Drian a d'abord rencontré M. Berry à Aïn el-Tiné, en présence de l'ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro. Selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), la réunion, qui a duré plus d’une heure, a abordé les développements au Liban et dans la région, notamment sur la scène « politique et sur le terrain, alors que l'armée israélienne poursuit ses attaques contre le pays ». À l'issue de la rencontre, M. Magro a affirmé à la chaîne al-Jadeed que la visite s'était « très bien déroulée ». L'émissaire français s'est ensuite rendu à Yarzé, où il a rencontré le général Haykal, selon l'Ani. Les deux responsables ont passé en revue les derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que les moyens de soutenir l'armée face aux défis actuels.
Dans l'après-midi, le Parti socialiste progressiste (PSP) a indiqué sur X que son ancien chef Walid Joumblatt et son actuel leader Taymour Joumblatt avaient reçu M. Le Drian à Clemenceau, en présence des députés Marwan Hamadé et Waël Abou Faour.
Selon le journal du PSP, al-Anba', les participants ont souligné la nécessité de « soutenir les mesures positives du Liban », qu’il s’agisse de l’initiative du président visant à nommer l’ancien ambassadeur Simon Karam , à la tête de la délégation libanaise de négociation au sein du comité du « mécanisme » de cessez-le-feu, ou des actions entreprises par l’armée libanaise. Le gouvernement de Beyrouth a décidé le 5 août dernier de récupérer le monopole des armes et chargé l’armée d’établir un plan, avalisé un mois plus tard. La troupe œuvre actuellement au sud du fleuve Litani, dans la zone frontalière avec Israël, pour y démanteler les infrastructures du Hezbollah, qui ne s’y oppose pas, mais rejette tout désarmement total dans le reste du pays.
Le journal ajoute que la réunion a « réaffirmé l’engagement envers les points de négociation précédemment discutés entre Walid Joumblatt et M. Berry », parmi lesquels figurent en priorité le renforcement du cessez-le-feu, le retour des habitants du Sud dans leurs maisons et la libération des prisonniers libanais détenus dans les prisons israéliennes. Les participants ont également insisté sur « l’importance du rôle de la France pour consolider la dynamique positive des relations libano-syriennes ».
M. Le Drian a ensuite été reçu par le chef des FL à Meerab. La réunion a porté sur la conférence internationale qui sera consacrée au soutien à l’armée libanaise, avec la participation des États-Unis, de l’Arabie saoudite et de la France, ainsi que sur la nécessité d’organiser les élections législatives à la date prévue, en mai 2026, a rapporté l'ANI.
Lors de sa dernière visite en septembre, M. Le Drian avait rencontré des dirigeants libanais et réaffirmé l'engagement de M. Macron à mobiliser des fonds pour le Liban. À la mi-octobre, le président français avait fait part de sa détermination à organiser, d'ici fin 2025, deux conférences internationales : l'une pour soutenir l'armée libanaise et l'autre consacrée à la reconstruction du Liban.
Lundi, l'envoyé français avait déjà salué la décision du président Joseph Aoun de nommer l'ambassadeur Simon Karam. Cette mesure, prise le 3 décembre par le chef de l'Etat après consultation avec Nabih Berry et le Premier ministre Nawaf Salam, visait à apaiser les tensions avec Israël.

