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Culture - Musique Classique

Ivanov & Ivanov, l’art de la construction sonore à Beirut Chants

À l'église Saint-Maron, les frères Yossif et Philippe livrent un récital fulgurant : Tartini, Fauré, Beethoven et Ravel portés par une virtuosité magnétique et une entente absolue.

Ivanov & Ivanov, l’art de la construction sonore à Beirut Chants

Le violon de Yossif Ivanov et le piano de Philippe Ivanov en parfaite cohésion à Beirut Chants. Photo Beirut Chants

Dans le cadre du festival Beirut Chants, à l’église Saint-Maron de Gemmayzé, en collaboration avec l’ambassade de Belgique, le public a retrouvé deux artistes dont la réputation n’est plus à faire : le violoniste Yossif Ivanov, acclamé comme « un interprète d’une autorité et d’une présence impressionnantes » (The Strad), et son frère, le pianiste Philippe Ivanov, lauréat du Tenuto et du Premio Silvio Bengalli. Formés respectivement auprès de maîtres tels que Zakhar Bron, Igor Oistrakh, Augustin Dumay et Daniel Blumenthal, ils se produisent ensemble sur les grandes scènes internationales, de Carnegie Hall au Wigmore Hall, et forment un duo dont la connivence et la précision sont saluées dans le monde entier. Yossif Ivanov, plusieurs fois distingué par un Diapason d’or, joue aujourd’hui un précieux Carlo Tononi de 1710.

Selon la légende, entretenue par l’imagination populaire, le Trille du diable de la Sonate en sol mineur aurait été inspiré à Giuseppe Tartini (1692–1770) durant une nuit où il aurait eu la vision du diable jouant au pied de son lit les fameux trilles. Exécution impeccable ici, exigeant du violoniste un travail des doigts très délicat. Certains violonistes la jouent comme une prière, d’autres comme un combat, d’autres encore comme une danse funèbre.

Le duo Ivanov en pleine symbiose musicale à l'église Saint-Maron, lors de leur concert pour Beirut Chants. Photo Beirut Chants
Le duo Ivanov en pleine symbiose musicale à l'église Saint-Maron, lors de leur concert pour Beirut Chants. Photo Beirut Chants

La 1ʳᵉ sonate pour violon et piano de Gabriel Fauré, datant de 1875, trouve entre nos deux interprètes une énergie fougueuse. Ils en restituent toute la véhémente passion de l’allegro, les libertés tonales — audacieuses pour l’époque — du scherzo, la maturité de l’andante et le rythme vigoureux du finale. La présence d’artistes de tradition non française insuffle un bénéfique oxygène à cette interprétation vigoureuse. Cette musique est innervée, sa force restituée, la concentration de la pensée fauréenne et son lyrisme éclatant au grand jour, n’ayant plus rien de confidentiel. L’Andante a été un moment sublime.

Dans la 7ᵉ Sonate pour violon et piano de Beethoven, l’entente est exemplaire entre ces deux individualités qui savent se fondre, s’effacer devant l’œuvre dans une interprétation d’un art dépouillé et d'une cohérence remarquable. Cette sonate prend un relief inhabituel grâce à l’éclat que confèrent cette précision rythmique, ce dynamisme mordant, ces accents d’une vigueur acérée. Cette rigueur n’exclut pas le charme, la musicalité, ni l’extrême recueillement. L’allégresse et la détente trouvent en nos interprètes un élan nouveau dans cette exécution inspirée.

Ravel composa Tzigane en avril 1924, à l’origine pour violon et piano ou lutheal (instrument qui évoque les sonorités du cymbalum et du clavecin). Pièce redoutée des violonistes, elle met à l’épreuve toutes les possibilités instrumentales du soliste : pizzicatos, glissandos, doubles cordes et autres pièges virtuoses. Tour à tour charmeur et grinçant, notre violoniste termine ce récital avec son compagnon pianiste en une péroraison ample et mouvementée, permettant à l’instrument soliste de se livrer à sa furia toute tzigane. Un seul regret : le piano couvrait souvent le son du violon.

Dans le cadre du festival Beirut Chants, à l’église Saint-Maron de Gemmayzé, en collaboration avec l’ambassade de Belgique, le public a retrouvé deux artistes dont la réputation n’est plus à faire : le violoniste Yossif Ivanov, acclamé comme « un interprète d’une autorité et d’une présence impressionnantes » (The Strad), et son frère, le pianiste Philippe Ivanov, lauréat du Tenuto et du Premio Silvio Bengalli. Formés respectivement auprès de maîtres tels que Zakhar Bron, Igor Oistrakh, Augustin Dumay et Daniel Blumenthal, ils se produisent ensemble sur les grandes scènes internationales, de Carnegie Hall au Wigmore Hall, et forment un duo dont la connivence et la précision sont saluées dans le monde entier. Yossif Ivanov, plusieurs fois distingué par un Diapason d’or, joue aujourd’hui un précieux Carlo...
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