Une sculpture en métal, érigée devant un magasin de systèmes d’aération et de chauffage à Dekouané, le 1er septembre 2025. Photo Philippe HAGE BOUTROS / L’Orient-Le Jour
L’indice mesurant le ressenti des directeurs d’achat est en passe de terminer sa meilleure année au Liban depuis son lancement en 2013, alors qu’il n’avait franchi en plus de dix ans que trois petites fois la barre des 50 points, synonyme d’un moral du secteur privé à l’équilibre.
En novembre, le PMI (Purchasing Managers' Index en anglais), publié par Blominvest selon une méthodologie internationale, a repris du poil de la bête après un léger recul en octobre, et s’établit désormais à 51,3 points, soit à deux dixièmes de son record absolu. Il conclut surtout un sixième mois consécutif au-dessus du seuil des 50 points en 2025, une année marquée par l’arrivée de Joseph Aoun à la présidence de la République et la nomination de Nawaf Salam au poste de Premier ministre. Le fait que l’indice évolue toutefois à peine au-dessus du seuil de bascule appelle à relativiser cette performance.
Selon les données déjà disponibles, l’année s’est révélée au mieux médiocre, au pire mauvaise, selon les segments du secteur privé interrogés. Récemment, l’indice mesurant les performances des ventes de détail, publié par l’Association des commerçants de Beyrouth et Fransabank, a affiché un score de 33,89 points au troisième trimestre. Un niveau qui s’inscrit dans la moyenne très basse observée depuis 2020, c’est-à-dire depuis les premiers mois de la crise que traverse le pays.
Visite du pape
« L’indice PMI est remonté à 51,3 en novembre, contre 50,6 en octobre, signant un quatrième mois consécutif en zone d’expansion. La croissance a été tirée par une hausse record des nouvelles commandes, égalant le pic de septembre. Cela a soutenu la production et reflète une augmentation des dépenses à l’approche de la visite du pape Léon XIV en décembre, ainsi qu’un meilleur accès aux marchés étrangers pour les produits libanais », a constaté Fadi Osseiran, directeur général de Blominvest, dans le commentaire accompagnant la publication de l’indice.
Au niveau des chiffres, le sous-indice mesurant les nouvelles commandes est passé de 50,2 points à 52,3 entre octobre et novembre. Celui des nouvelles commandes à l’exportation progresse plus modestement, passant de 49,8 points à 50,2 points. De son côté, le sous-indice de la production gagne plus d’un point, de 50,3 à 51,7 points.
« Cependant, les perspectives demeurent fragiles. L’indice des anticipations à 12 mois s’est établi à 40,1, un niveau nettement pessimiste, pour le sixième mois consécutif, en raison des craintes d’une escalade des tensions entre Israël et le Hezbollah », relève-t-il encore. Il rappelle que l’armée israélienne a frappé Beyrouth pour la première fois depuis juin et mené l’une des attaques les plus meurtrières depuis la trêve, laissant planer l’incertitude sur l’évolution de la situation, malgré les premiers balbutiements de négociations directes qui ont eu lieu cette semaine entre Israël et le Liban.
Publié par Blominvest, le PMI évalue l’état de la conjoncture économique à partir de sondages menés auprès des directeurs d’achat de 400 entreprises locales, selon un modèle et une méthodologie validés à l’international. Un indice inférieur à 50 points reflète un ralentissement de l’activité économique et des perspectives défavorables ; à l’inverse, une valeur supérieure à 50 indique une expansion. Une hausse du PMI d’un mois sur l’autre signifie que la perception de la conjoncture s’est améliorée sur la période.



Et quel est le pourcentage des libanais qui vivent dans la pauvreté ?
18 h 58, le 05 décembre 2025