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Lifestyle - Photo-Roman

Ceux que le Liban a laissé glisser et disparaître

Sous le poids des guerres et des crises qui se sont abattues sur le pays depuis 2019, on s’est presque habitués à l’idée que la classe moyenne libanaise n’est plus qu’un souvenir...

Ceux que le Liban a laissé glisser et disparaître

Photo d'illustration. G.K.

Jamais, en 80 ans d’existence, pas même en rêve, Violette n’avait imaginé qu’un jour elle pourrait perdre la foi. Née de parents chrétiens très pieux puis scolarisée chez les sœurs franciscaines de Beyrouth, sa religion et sa foi en Dieu plus largement avaient été son école et sa boussole. Les uniques et intouchables piliers d’une vie sans cesse ballottée. Au fil des années, plus le Liban s’effritait, plus elle devenait incertaine et fragile, et plus son rapport à la religion se faisait solide, presque viscéral. Aujourd’hui, Violette a du mal à y croire, mais elle a perdu la foi comme on cesse d’aimer. Pire encore, elle en veut à Dieu, et elle s’en veut. En 1964, âgée d’à peine vingt ans, elle s’était pointée à l’aube sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth pour accueillir le pape Paul VI. En 1997, son premier petit-fils dans les bras,...
Jamais, en 80 ans d’existence, pas même en rêve, Violette n’avait imaginé qu’un jour elle pourrait perdre la foi. Née de parents chrétiens très pieux puis scolarisée chez les sœurs franciscaines de Beyrouth, sa religion et sa foi en Dieu plus largement avaient été son école et sa boussole. Les uniques et intouchables piliers d’une vie sans cesse ballottée. Au fil des années, plus le Liban s’effritait, plus elle devenait incertaine et fragile, et plus son rapport à la religion se faisait solide, presque viscéral. Aujourd’hui, Violette a du mal à y croire, mais elle a perdu la foi comme on cesse d’aimer. Pire encore, elle en veut à Dieu, et elle s’en veut. En 1964, âgée d’à peine vingt ans, elle s’était pointée à l’aube sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth pour accueillir le pape Paul VI....
commentaires (3)

Il existe des centaines de milliers de Violettes dans notre pays. Certains n’ont même plus de quoi se nourrir ni se soigner et comptent sur la solidarité des gens de leur quartiers pour leur venir en aide après avoir découvert tout à fait par hasard leur situation pitoyable que même les aliments offerts n’arrivent pas à les remplumer faute de dents et d’argent que nos responsables leur ont volé. Ils n’ont même pas la soixantaine. Maidits soientces voleurs sans âme qui trouvent blasphématoires de la part de leur femmes de serrer la main d’un homme, mais pas de la tendre pour voler tout un peupl

Sissi zayyat

18 h 39, le 03 décembre 2025

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Commentaires (3)

  • Il existe des centaines de milliers de Violettes dans notre pays. Certains n’ont même plus de quoi se nourrir ni se soigner et comptent sur la solidarité des gens de leur quartiers pour leur venir en aide après avoir découvert tout à fait par hasard leur situation pitoyable que même les aliments offerts n’arrivent pas à les remplumer faute de dents et d’argent que nos responsables leur ont volé. Ils n’ont même pas la soixantaine. Maidits soientces voleurs sans âme qui trouvent blasphématoires de la part de leur femmes de serrer la main d’un homme, mais pas de la tendre pour voler tout un peupl

    Sissi zayyat

    18 h 39, le 03 décembre 2025

  • Pour Violette, c'est foutu. Mais pour les plus jeunes ? Pourquoi ils se résignent. Au moins, punir ceux qui ont exploité le système à leur avantage. Il y a qqchose de pathologique chez les libanais ...

    cury luc

    11 h 00, le 02 décembre 2025

  • Merci Gilles pour cet article empreint d’humanité -comme tous vos articles- qui nous rappelle le sort de ces centaines de milliers de Libanais et Libanaises éclipsés par le délire des mariages-shows et des restaurants de luxe qui affichent toujours complet.

    SFEIR Jihane / AIIC

    09 h 03, le 02 décembre 2025

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