Rechercher
Rechercher

Politique - Dans La Presse

Geagea : Le risque d'une nouvelle guerre au Liban est « très grand »

Dans un entretien au Figaro, le chef des FL appelle à « revisiter la structure institutionnelle et politique de l’État libanais », sans en faire « un sujet de négociation avec le Hezbollah pour son désarmement ».

Geagea : Le risque d'une nouvelle guerre au Liban est « très grand »

Samir Geagea, chef des Forces libanaises (FL) lors d’un entretien avec l’AFP à sa résidence de Maarab, au nord de Beyrouth, le 7 octobre 2025. Photo Joseph Eid / AFP

Le leader des Forces Libanaises (FL), Samir Geagea, a estimé que le risque d'une nouvelle campagne de frappes israéliennes au Liban est « très grand », dans un entretien accordé au quotidien français, Le Figaro, depuis sa résidence de Meerab (Kesrouan). Il a également évoqué la nécessité, selon lui, de « revisiter la structure institutionnelle et politique de l’État libanais », tout en refusant « catégoriquement d’en faire un sujet de négociation avec le Hezbollah pour son désarmement ».

« Oui, le risque est très grand » a répondu le chef des FL, à la question de savoir si une nouvelle campagne de frappes israéliennes pouvait advenir « sitôt que (le Pape) sera parti ». Le Pape Léon XIV sera en visite au Liban de dimanche à mardi. Mercredi, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé qu'Israël va « intervenir avec force » au Liban si le Hezbollah n'est pas désarmé « d'ici la fin de l'année ». Dimanche, l'armée israélienne a éliminé le chef d'état-major du parti chiite, Haytham Tabatabaï, dans une frappe sur un bâtiment de la banlieue sud de Beyrouth.

« Le Hezbollah ne respecte pas son engagement »

Dans son entretien publié vendredi, Samir Geagea a par ailleurs expliqué que l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024 pour mettre un terme à une guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah « a été conclu parce que le Hezbollah voulait mettre un terme à la guerre et qu’Israël, de son côté, voulait obtenir le désarmement ». « Or le Hezbollah a opté pour une attitude « à la libanaise » et ne respecte pas son engagement », a soutenu le chef des FL. Israël et les États-Unis accusent le Hezbollah de reconstituer ses forces militaires et l'armée libanaise de tergiverser dans le désarmement du parti chiite. Le Hezbollah, quant à lui, refuse de remettre à l'État son arsenal au nord du fleuve Litani.

Lire aussi

Dans le sud du Liban, l'armée israélienne fortifie ses cinq positions selon des images satellites

«Le plus regrettable, c’est que même les amis traditionnels du Liban, c’est-à-dire la France, les États-Unis, l’Arabie saoudite et les pays arabes, nous expliquent qu’ils ne peuvent pas faire pression sur Israël tant que le Hezbollah ne met pas en œuvre sa part», a également estimé Samir Geagea.

« Si Israël occupe encore cinq positions au Liban, c’est pour obtenir le désarmement du Hezbollah. Parce que, historiquement, nous n’avons pas de problème de frontières avec Israël », a poursuivi M. Geagea. Selon des images satellites analysées par l'AFP, l'armée israélienne consolide les fortifications et élargit les voies d'accès des cinq positions qu'elle occupe au Liban-Sud, en violation de l'accord de cessez-le-feu. En février 2025, Israël avait justifié ce maintien « jusqu'à ce qu'il soit clair qu'il n'y ait plus d'activité du Hezbollah dans le sud du Liban », indiquant alors affecter une compagnie dans chaque poste. L'armée israélienne a par ailleurs procédé à la démolition systématique des bâtiments et infrastructures des villages les plus proches de la frontière.

Le leader chrétien a par ailleurs dénoncé la simple « littérature » de l'État libanais dans le désarmement du Hezbollah. « La décision du gouvernement (de désarmer les milices, prise le 5 août dernier, Ndlr) ne suffit pas. Il faut qu’elle s’accompagne de détermination politique. Le problème n’est ni militaire, ni opérationnel, ni logistique. Jusqu’à présent, je ne vois pas de volonté pratique pour prendre le chemin d’une solution, mais seulement de la 'littérature' politique qui ne mène à rien », a accusé Samir Geagea.

Lire aussi

Du Nord au Sud, les chrétiens du Liban vivent dans la crainte du grand déclassement

« Face à des acteurs dogmatiques, il faut agir et ne pas craindre la confrontation - je ne parle pas d’une confrontation militaire, mais politique », a martelé le chef des FL, répétant que le Liban serait à défaut « en présence d’un risque bien plus grand encore, avec la menace d’une nouvelle guerre » avec Israël.

« La décentralisation »

Sur le volet politique interne, M. Geagea a affirmé qu'il fallait « absolument revisiter la structure institutionnelle et politique de l’État libanais. » « La stabilisation du pays passe notamment par la mise en œuvre d’une décentralisation élargie. C’est aussi l’une des conditions pour rassurer les chrétiens du Liban qui émigrent en masse », a-t-il estimé.

La demande d’une certaine autonomie administrative et financière à l'échelle locale s’inscrit dans le contexte d’une montée en puissance depuis au moins deux ans des thèses fédéralistes dans les milieux chrétiens.

Cependant, Samir Geagea «refuse catégoriquement d’en faire un sujet de négociation avec le Hezbollah pour son désarmement». « Le désarmement est un préalable pour sortir la tête de l’eau. D’autant que lincapacité de l’État, due à la permanence d’un mini-État en son sein, touche tous les domaines. On la constate notamment dans l’incapacité de résoudre la crise financière qui frappe le Liban » depuis 2019 , a-t-il dit.

Le leader des Forces Libanaises (FL), Samir Geagea, a estimé que le risque d'une nouvelle campagne de frappes israéliennes au Liban est « très grand », dans un entretien accordé au quotidien français, Le Figaro, depuis sa résidence de Meerab (Kesrouan). Il a également évoqué la nécessité, selon lui, de « revisiter la structure institutionnelle et politique de l’État libanais », tout en refusant « catégoriquement d’en faire un sujet de négociation avec le Hezbollah pour son désarmement ».« Oui, le risque est très grand » a répondu le chef des FL, à la question de savoir si une nouvelle campagne de frappes israéliennes pouvait advenir « sitôt que (le Pape) sera parti ». Le Pape Léon XIV sera en visite au Liban de dimanche à mardi. Mercredi, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé...
commentaires (15)

Lorsqu’on prétend défendre son pays on ne peut pas en même temps le menacer de guerre civile si ses caprices ne sont pas réalisés. Il faut savoir, ils combattent l’ennemi Israélien ou les libanais qui refusent leurs diktats venu d’un autre siècle et ordonnés par leurs maîtres pour détruire leur pays? Assez vous raconter des bêtises pour vous convaincre de l’absurde, si ce parti avait la moindre fibre patriotique ça se saurait. On ne tue pas ses compatriotes pour sauver son pays, cela ne tient pas la route.

Sissi zayyat

12 h 26, le 01 décembre 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (15)

  • Lorsqu’on prétend défendre son pays on ne peut pas en même temps le menacer de guerre civile si ses caprices ne sont pas réalisés. Il faut savoir, ils combattent l’ennemi Israélien ou les libanais qui refusent leurs diktats venu d’un autre siècle et ordonnés par leurs maîtres pour détruire leur pays? Assez vous raconter des bêtises pour vous convaincre de l’absurde, si ce parti avait la moindre fibre patriotique ça se saurait. On ne tue pas ses compatriotes pour sauver son pays, cela ne tient pas la route.

    Sissi zayyat

    12 h 26, le 01 décembre 2025

  • Traduire ces idées en réalité politique exige, dans le contexte libanais, bien plus qu'un projet technique. Il s'agirait d'un processus politique hautement conflictuel nécessitant un leadership fort, un consensus intercommunautaire rare et des institutions fonctionnelles – trois éléments cruellement absents de la scène libanaise actuelle. Le discours reflète donc à la fois une proposition de réforme sérieuse et un outil de mobilisation politique au sein de l'électorat chrétien, dans un pays où la question de la forme de l'État et de l'équilibre communautaire reste profondément non résolue.

    Yoska

    08 h 09, le 01 décembre 2025

  • Suite aux certaines commentaires il serait avantageux de préciser que ce n’est pas geagea qui a cherché la rentrée d’israël À travers l’histoire récente c’est la milice iranienne qui a cherché l’invasion Israëlinne en 2006 et 2023 et Fatah land en 1982

    William SEMAAN

    17 h 31, le 30 novembre 2025

  • En finir avec le Hizb par l'épée Israélienne, quitte à déclencher une guerre civile ultérieurement, c'est ce que Jeajaa et bien d'autres souhaitent. Si on ne l'a pas encore compris, c'est qu'il faut consulter un opticien.

    Raed Habib

    10 h 07, le 30 novembre 2025

  • Tout, absolument tout ce que dit, ici, Geagea, est évident et relève du simple bon sens. Mais il semble qu'il s'agisse là de la qualité qui fait le plus défaut aun sein de l'Etat libanais.

    Yves Prevost

    07 h 56, le 30 novembre 2025

  • Tout le monde le dit, si la milice ne désarme pas il y aurait encore plus de morts et de destructions…d’un seul côté évidemment. On n’avait pas de problèmes de frontières avec Israël avant les milices étrangères, palestinienne puis iranienne. Les anciens s’en rappellent bien. En 2000 Israël s’est retiré du Liban. S’il voulait occuper le sud, il l’aurait fait, malgré les fanfaronnades. A rappeler que le voisin est un bout de l’Amérique, et c’est pour ça qu’il a gagné toutes ses guerres, et sur tous les fronts. Tarder à désarmer la milice risque de lui ouvrir l’appétit. Protégeons notre pays.

    Goraieb Nada

    05 h 26, le 30 novembre 2025

  • Ah la mauvaise langue qui ne rate pas une occasion de diaboliser Samir et sanctifier bambino.

    Zampano

    04 h 09, le 30 novembre 2025

  • Face à des acteurs dogmatiques, il faut agir et ne pas craindre la confrontation - je ne parle pas d’une confrontation militaire, mais politique », a martelé le chef des FL. Ce qui me conforte dans ma certitude que si le gouvernement se contente encore de sa "littérature politique" les ministres FL démissioneront certainement bien avant mai 2026.

    MAKE LEBANON GREAT AGAIN

    23 h 40, le 29 novembre 2025

  • IL EST TRES SOLLICITE LE CHEF DES OUèèTES CES DERNIERS TEMPS. MêME LE "FIGARO". IL EST PLUS AU COURANT QUE LE RESTE DU "LIBAN OFFICIEL".

    nabil

    22 h 52, le 29 novembre 2025

  • "Decentralisation elargie" et "Federalisme" ne sont que des mots creux qui cachent une volonte partitionniste a laquelle Geagea et consorts semblent se rallier. Il faut le dire et le repeter inlassablement. Ceux qui veulent demembrer le Liban sont des ENNEMIS du Liban.

    Michel Trad

    18 h 51, le 29 novembre 2025

  • Geagea a confié au Figaro ses souhaits ardents d’une grande frappe israélienne contre le Hezb

    Hitti arlette

    18 h 37, le 29 novembre 2025

  • SI... il n,y a pas vrai et prompt desarmement quel qu,en soit le cout... il n,y a pas risque de guerre... IL Y A GUERRE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    18 h 29, le 29 novembre 2025

  • Discours d’un homme d’état qui analyse et met bien en évidence les enjeux avec des propositions des solutions raisonnables à l’appuie

    William SEMAAN

    18 h 14, le 29 novembre 2025

  • Avant de faire de la stratégie étatique à deux sous, il faut arrêter la corruption et payer des impôts.

    Jacques d

    18 h 10, le 29 novembre 2025

  • LIBAN PAYS FEDERAL:Et ceux qui ont envie de guerroyer,combattre pour les causes étrangères..Ils le feront à partir de "chez eux" et ce sera A EUX SEULS d'assurer la reconstruction.Les autres libanais n'ont pas à payer le prix de leurs décisions, de leurs guerres et des destructions.Que leurs partisans et population qui vivra avec le hezbollah ou tout autre qui voudra en découdre pour "ce qu'il en reste de la cause palesto? Eh bien ils assumeront SEULS les dégats" Pas obligés que ceux qui ne se sentent pas concernés subissent une guerre et les dépenses qui suivront. Ils guerroient? Ils assument

    LE FRANCOPHONE

    16 h 50, le 29 novembre 2025

Retour en haut