Rechercher
Rechercher

Politique - Cessez-Le-Feu

Dans le sud du Liban, l'armée israélienne fortifie ses cinq positions selon des images satellites

Ceintes de fortifications faites de remblais de terre et amas de matériaux, ces bases d'environ 1 à 2 hectares sont généralement constituées de deux parties, une grande abritant des bâtiments provisoires et une plus petite avec uniquement des véhicules militaires.

Vue satellite sur la position occupée par Israël sur la colline de Hamames, au sud de Khiam, au Liban-Sud, le 18 novembre 2025. Photo Planet Labs PBC / AFP

Un an après la fin de la guerre entre Israël et le Hezbollah, l'armée israélienne maintient toujours cinq postes en territoire libanais, dont elle a consolidé les fortifications et élargi les voies d'accès, selon des images satellites analysées par l'AFP.

Photo satellite datée du 18 novembre 2025 montrant la position occupée par l'armée israélienne près de Aïtaroun, en territoire libanais, Photo by Planet Labs PBC / AFP
Photo satellite datée du 18 novembre 2025 montrant la position occupée par l'armée israélienne près de Aïtaroun, en territoire libanais, Photo by Planet Labs PBC / AFP

L'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 prévoyait le retrait israélien complet du Liban et le démantèlement de l'infrastructure militaire du Hezbollah entre la frontière et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. Israël devait aussi retirer complètement ses troupes du sud du Liban sous 60 jours, et le Hezbollah les siennes jusqu'à environ 30 km de la frontière israélienne. Mais en février 2025, Israël avait justifié le maintien de son armée dans cinq positions en territoire libanais « jusqu'à ce qu'il soit clair qu'il n'y ait plus d'activité du Hezbollah dans le sud du Liban », indiquant alors affecter une compagnie dans chaque poste.

Repère

Ce que l'on sait des cinq points où Israël maintient des « positions » au Liban-Sud

L'observation par l’AFP d'images satellite de Planet Labs PBC a permis de localiser précisément ces bases avancées. Les cinq positions toujours occupées depuis le cessez-le-feu sont Tallet el-Hamames au sud de Khiam, la plus à l'est et la plus éloignée de la frontière, à près d'1,5 km à vol d'oiseau, la route principale de Markaba-Houla (dans le caza de Marjeyoun), Tallet Jal el-Deir à Aïtaroun, Jabal Blat à l’est de Ramié (caza de Bint Jbeil) et, enfin, la plus à l'ouest, celle de Labbouné (caza de Tyr), qui est installée à 150 mètres d'un poste de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) et de la frontière. Elles sont situées sur des crêtes, réparties d'ouest en est le long de la Ligne bleue qui marque la frontière. Elles permettent à l'armée israélienne de contrôler une série de villages libanais frontaliers jugés stratégiques pour protéger les villes israéliennes à quelques kilomètres en face (Chlomi, Chtoula, Zariit, Avivim, Malkia, Margaliot et Metoula notamment).

Et selon nos informations, une sixième position est également occupée, depuis plusieurs mois, par l'armée israélienne, au sud de Adaïssé (Marjeyoun), bien qu'une partie des terrains sur lesquels elle se trouve est contestée entre le Liban et Israël depuis la délimitation de la Ligne bleue », rapportait en août 2025 le correspondant de L'Orient-Le Jour dans le Sud, Mountasser Abdallah, se basant sur les témoignages de riverains.

Destruction systématique des bâtiments aux alentours

Ces nouvelles positions offrent une vue directe sur les villages de Kfar Kila, Aïta el-Chaab, Maroun el-Ras, Aïtaroun, Blida, Markaba et Houla, parmi les plus détruits par les frappes et opérations terrestres israéliennes. Tous les bâtiments à proximité de la position militaire d'Hatzivoni, entre Houla et Markaba, ont ainsi été détruits, montrent les images satellitaires.

La position israélienne située près de Markaba, en territoire libanais. Photo Planet Labs PBC / AFP
La position israélienne située près de Markaba, en territoire libanais. Photo Planet Labs PBC / AFP

Ceintes de fortifications faites de remblais de terre et amas de matériaux, ces bases d'environ 1 à 2 hectares sont généralement constituées de deux parties, une grande abritant des bâtiments provisoires et une plus petite avec généralement uniquement des véhicules militaires. Des tirs en émanent régulièrement, visant les villages alentours, des agriculteurs ou bergers, selon les informations de L'OLJ.

La position israélienne située près de Labbouné, dans le caza de Tyr, près d'une base de la Finul. Photo Planet Labs PBC / AFP
La position israélienne située près de Labbouné, dans le caza de Tyr, près d'une base de la Finul. Photo Planet Labs PBC / AFP

L'observation des images satellite montre aussi que les voies d'accès à ces positions ont été nettement élargies afin de faciliter la circulation des véhicules.

Comme dans la bande de Gaza, où une offensive militaire israélienne déclenchée par l'attaque du Hamas du 7-Octobre a dévasté le territoire palestinien, l'armée israélienne a procédé à la démolition systématique des bâtiments et infrastructures des villages les plus proches de la frontière, qui étaient également soumis à des bombardements intensifs.

Infographies

En cartes : comment la « ligne jaune » verrouillée par Israël pourrait diviser Gaza de manière permanente

Plusieurs villages frontaliers sont ainsi majoritairement détruits dans la zone frontalière, comme Kfar Kila, Aïta el-Chaab ou Yarine où, selon calculs issus de comparaisons d'images satellites de deux chercheurs américains, Corey Scher et Jamon Van Den Hoek, de l'Université de l'Oregon, aux Etats-Unis, actualisés pour la dernière fois le 30 janvier 2025, les destructions s'élèvent à plus de 50 % de leur superficie. Ces destructions ont encore augmenté après janvier, alors que les troupes israéliennes, qui avaient jusqu'au 18 février pour se retirer du Liban qu'elles avaient envahi en septembre 2024, ont utilisé cette période pour dynamiter systématiquement des maisons et infrastructures, parfois par quartiers entiers, au Liban-Sud. Malgré l'accord de cessez-le-feu, l'armée israélienne continue en outre de s'infiltrer en territoire libanais pour y faire exploser des bâtiments.

Un an après la fin de la guerre entre Israël et le Hezbollah, l'armée israélienne maintient toujours cinq postes en territoire libanais, dont elle a consolidé les fortifications et élargi les voies d'accès, selon des images satellites analysées par l'AFP.Photo satellite datée du 18 novembre 2025 montrant la position occupée par l'armée israélienne près de Aïtaroun, en territoire libanais, Photo by Planet Labs PBC / AFP L'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 prévoyait le retrait israélien complet du Liban et le démantèlement de l'infrastructure militaire du Hezbollah entre la frontière et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. Israël devait aussi retirer complètement ses troupes du sud du Liban sous 60 jours, et le Hezbollah les siennes jusqu'à environ 30...
commentaires (1)

Plus le parti vendu traîne les pieds en essayant de gagner du temps et plus le Liban sera grignoté pour n’en faire qu’une bouchée aux envahisseurs invités par ceux qui prétendent le défendre. Que feraient MM. Aoun et Salam, si Trump sur un coup de sang décidait, comme en Ukraine que les territoires occupés par Israël leur seront attribués comme trophées de guerre? Ont ils seulement songé à cette possibilité, eux qui nous vendent la paix interne et la cohésion sociale qui n’existent que sur papier? Si le HB se souciait un brin du sort de son pays, cela ferait longtemps qu’il aurait déposé ses

Sissi zayyat

10 h 33, le 28 novembre 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Plus le parti vendu traîne les pieds en essayant de gagner du temps et plus le Liban sera grignoté pour n’en faire qu’une bouchée aux envahisseurs invités par ceux qui prétendent le défendre. Que feraient MM. Aoun et Salam, si Trump sur un coup de sang décidait, comme en Ukraine que les territoires occupés par Israël leur seront attribués comme trophées de guerre? Ont ils seulement songé à cette possibilité, eux qui nous vendent la paix interne et la cohésion sociale qui n’existent que sur papier? Si le HB se souciait un brin du sort de son pays, cela ferait longtemps qu’il aurait déposé ses

    Sissi zayyat

    10 h 33, le 28 novembre 2025

Retour en haut