Le ministre de la Défense, Israël Katz, s'exprime à la Knesset, le Parlement israélien, le mercredi 26 novembre 2025. Capture d'écran de son allocution retransmise par la chaîne de la Knesset
L'armée israélienne interviendra « avec force » au Liban si le Hezbollah n'est pas désarmé « d'ici la fin de l'année », a menacé sans détours mercredi le ministre de la Défense Israël Katz, lors d'une réunion avec le commission des Affaires étrangères et de la Défense, avant un discours à la Knesset, rapporte la chaîne israélienne 7 sur son site.
« Je ne crois pas que le Hezbollah se désarmera volontairement. Les Américains les ont contraints à se dissoudre d’ici la fin de l’année et je ne vois pas cela se produire. Si cela ne se produit pas, il n’y aura d’autre choix que d’intervenir à nouveau avec force au Liban » a-t-il lancé, selon le média. La question d'un calendrier pour le désarmement du Hezbollah revient souvent depuis la décision du Conseil des ministres le 5 août de conserver le monopole des armes aux mains de l'État.
Fin juillet dernier, l'envoyé spécial américain pour le Liban, Tom Barrack, avait prévenu devant un groupe de journalistes que « le Liban ne dispose pas d’un délai illimité » pour le désarmement du parti chiite pro-iranien, et que le calendrier du démantèlement des armes « est fixé par Israël, non par Washington », sans donner davantage de précisions. Si le gouvernement Salam avait décidé le 5 août du désarmement du Hezbollah sur l'ensemble du territoire libanais d'ici la fin de l'année, le Conseil des ministres du 5 septembre avait semblé reculer sur ses engagements initiaux. Si l'échéance de la fin de l'année avait été retenue pour un désarmement du parti chiite dans la zone au sud du fleuve Litani, frontalière d'Israël, aucun calendrier n'a été établi pour les armes présentes sur le reste du territoire libanais.
Lors de son discours à la Knesset, Israël Katz a averti qu'il n'y aura « pas de calme » au Liban sans sécurité pour son pays. « Nous ne permettrons aucune menace contre les habitants du nord, et une pression maximale continuera à être exercée et même s'intensifiera », a-t-il déclaré, avançant pour preuve « l'élimination » dimanche à Beyrouth du chef militaire du Hezbollah, rapporte l’AFP. Dans une opération inédite depuis juin dernier, Israël a mené une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, assassinant le chef de l'aile militaire du Hezbollah, Haytham Ali Tabatabaï. « Il n'y aura pas de calme à Beyrouth ni d'ordre et de stabilité au Liban tant que la sécurité de l'Etat d'Israël ne sera pas garantie », a ajouté M. Katz.
Revoir « l'accord sur la frontière maritime avec le Liban »
Toujours à la Knesset, Israël Katz a affirmé que la « situation sécuritaire à la frontière Nord (avec le Liban) n'a jamais été aussi bonne depuis 20 ans. »
Depuis le cessez-le-feu entré en vigueur fin novembre 2024 avec le Liban, mettant un terme à plus de treize mois de conflits entre Israël et le Hezbollah, l'État hébreu a tué au pays du Cèdre au moins 331 personnes et blessé 945 autres, selon un bilan du ministère de la Santé publié la semaine dernière. 127 civils ont été tués au Liban sur cette période, selon l'ONU mardi. Israël dit empêcher le Hezbollah de reconstituer ses forces. De son côté, sur cette même période, le parti chiite pro-iranien n'a envoyé qu'une roquette, le 2 décembre, en direction du territoire israélien, sans faire de blessés.
Israël Katz a également affirmé au Parlement israélien que Tel-Aviv « examinera (sa) position concernant l’accord sur la frontière maritime avec le Liban, qui présente plusieurs points faibles et problèmes », selon la chaîne 7 israélienne. Ces propos sont intervenus peu après la signature de l'accord sur la délimitation de la frontière maritime entre le Liban et Chypre. Israël s’appuie sur un « changement » des rapports de force pour essayer d’empiéter sur la zone maritime libanaise, tout comme il tente de contrôler une partie du territoire au Liban-Sud. En plus des rapports de force, Israël souhaite exploiter une « faille » qui se présente dans l'accord entre Tel-Aviv et Nicosie qui part du point 1. Ce même point constituait en même temps la base du processus de délimitation entre Beyrouth et Nicosie, qui a commencé en 2007. Mais en 2011, le Liban a envoyé une lettre aux Nations unies pour que le tracé parte du point 23, situé à une quinzaine de kilomètres au sud. Et c'est ce même point qui a servi de ligne de départ dans l'accord maritime conclu entre le Liban et Israël en 2022. Aujourd'hui, Israël compte s’appuyer sur la force militaire et sur son accord de 2011 avec Chypre pour réclamer une modification de l’accord de délimitation avec le Liban et en imposant sa revendication la plus maximaliste: le point 1. Il exerce aussi des pressions en menaçant d’empêcher le Liban d’explorer ses champs gaziers, à moins qu’un accord global ne soit signé selon les conditions israéliennes.




Le drame c’est que ces gens là ne menacent pas en l’air comme certains ici . Ce message, de plus en plus répété , est adressé à l’Etat. C’est donc tout le Liban qui serait ciblé et non plus seulement la milice d’Iran. D’ici la fin de l’année, nos gouvernants doivent avoir choisi, protéger tous les Libanais sans exception, ou se plier encore à la volonté de la milice écervelée. Choix difficile, on en convient, mais il devrait être évident !
09 h 37, le 27 novembre 2025