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Économie - Dans La Presse

Pour sa première apparition médiatique depuis sa libération, Riad Salamé répète qu’il a été « diabolisé »


Pour sa première apparition médiatique depuis sa libération, Riad Salamé répète qu’il a été « diabolisé »

L'ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, lors de son entretien sur la chaîne al-Arabiya le 27 novembre 2025. Capture d'écran

Poursuivi dans plusieurs affaires au Liban et à l’étranger et remis en liberté en septembre dernier après avoir versé une caution record, l’ancien gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a réservé sa première apparition médiatique à la chaîne Al-Arabiya pour un long entretien au cours duquel il a répété qu’il avait été victime d’un processus de « diabolisation » dans le cadre d’un « complot » visant à faire « détruire le système bancaire et financier libanais ». « Le projet était de mettre les banques en faillite et d’en introduire d’autres. Or, en maintenant les banques, on maintient les droits des déposants sur leurs fonds », a-t-il assuré.

« Si j’ai une responsabilité, je l’assumerai, mais s’ils veulent être justes, il faut voir la responsabilité globale dans le pays et regarder la réalité en face », a-t-il insisté. Une ligne de défense qu’il avait employée avant d’être mis « injustement », selon lui, en détention provisoire pendant 13 mois dans le cadre des procédures lancées à son encontre au Liban, ce qui a beaucoup affecté sa santé, affirme-t-il.

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« Pas le comptable du système »

Face au journaliste, l’ancien patron de la Banque centrale, qui a enchaîné cinq mandats de six ans, de 1993 à 2023, et dont les politiques monétaires sont considérées comme une des causes de la crise que le pays traverse depuis 2019, s’est dédouané de toute faute.

« Je ne suis pas le comptable du système », a-t-il fait valoir, affirmant que les fondements de la crise étaient principalement liés à l’absence de réformes et aux dépenses excessives engagées par les gouvernements et parlements successifs, ainsi qu’aux décisions prises par les banques et au drainage de milliards de dollars — « 4 à 6 milliards par an » — du système financier libanais vers la Syrie, en proie à un conflit interne depuis 2011 et sanctionnée par les États-Unis et ses alliés, entre autres. Il a attribué le déclenchement de la crise à une série de chocs allant de la fermeture de la Jammal Trust Bank pendant l’été 2019, suite à des sanctions du Trésor américain, au défaut sur les eurobonds, les titres de dette en devises de l’État libanais dans lesquels les banques avaient investi, en passant par les troubles liés au mouvement de contestation qui a commencé en 2019.

Ces explications minimisent ses décisions prises pendant près de trente ans pour continuer de financer un État dispendieux, à assurer des dollars à Électricité du Liban (EDL) et à servir aux banques des intérêts élevés ainsi que des «ingénieries financières» très rémunératrices, tout en maintenant longtemps un taux de change fixe extrêmement coûteux, autant de pratiques qui, in fine, ont été payées par les déposants. Selon plusieurs sources bancaires, l’ancien gouverneur monopolisait aussi le pouvoir de décision de plusieurs instances supposées réglementer le secteur bancaire comme la Commission de contrôle des banques ou la Commission spéciale d’investigation.

Lors de son entretien, Riad Salamé a aussi assuré qu’il avait demandé à pouvoir laisser la BDL limiter les retraits bancaires au début de la crise, lorsque les premiers échos concernant un défaut de paiement ont commencé à résonner, mais que le gouvernement de Saad Hariri et le Parlement n’ont pas donné suite à sa demande. « Des gens ont pu se protéger de la crise parce qu’on ne nous a pas donné les moyens de contrôler les capitaux », a-t-il encore défendu.

Libéré contre une caution de 14 millions de dollars, versée en septembre dernier, dans le cadre de l’affaire dite Optimum Invest, dans laquelle il est notamment soupçonné d’avoir bénéficié de commissions de plusieurs millions de dollars, Riad Salamé doit comparaître le 10 décembre dans l’affaire dite Forry Associates. À Al-Arabiya, il a assuré qu'il n'avait jamais pioché dans les fonds de la BDL et a attribué l'origine de sa fortune à des opérations faites avant 1993 lorsqu'il travaillait pour la banque américaine Merrill Lynch.

Poursuivi dans plusieurs affaires au Liban et à l’étranger et remis en liberté en septembre dernier après avoir versé une caution record, l’ancien gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a réservé sa première apparition médiatique à la chaîne Al-Arabiya pour un long entretien au cours duquel il a répété qu’il avait été victime d’un processus de « diabolisation » dans le cadre d’un « complot » visant à faire « détruire le système bancaire et financier libanais ». « Le projet était de mettre les banques en faillite et d’en introduire d’autres. Or, en maintenant les banques, on maintient les droits des déposants sur leurs fonds », a-t-il assuré.« Si j’ai une responsabilité, je l’assumerai, mais s’ils veulent être justes, il faut voir la responsabilité globale dans le pays...
commentaires (5)

Dire qu’il y a encore un public suffisamment crédule pour croire ce qu’il dit.

Sam

12 h 40, le 07 décembre 2025

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Commentaires (5)

  • Dire qu’il y a encore un public suffisamment crédule pour croire ce qu’il dit.

    Sam

    12 h 40, le 07 décembre 2025

  • A pendre, ce riad salame, et tout son argent, back to us. Pas à ses héritiers.!!

    Marie Claude

    20 h 10, le 05 décembre 2025

  • Non mais, ecoutez-le: « je ne suis pas le comptable du système », sauf qu’il était le grand patron du système financier pour plus de 30 ans, en dictateur absolu sans aucun mécanisme de contrôle et qui distribuait des milliards de dollars ramassés des banques et des épargnants à des taux usuraires à l’état dépensier…Nous faire croire alors qu’il était d’une honnêteté exemplaire et aurait résisté la tentation de s’enrichir? Soit qu’il nous prend pour des imbéciles ou qu’il le serait lui-même…Allez, un sursaut d’honneur, Monsieur et dénoncez cette grotte d’Ali Baba!

    Saliba Nouhad

    17 h 12, le 28 novembre 2025

  • Ce n’est pas à la télévision qu’on espérait le voir mais bien devant le conseil des ministres et du parlement pour interrogatoire. Seul il n’aurait rien pu faire, et il devrait dire qui lui demandait de suivre sa politique désastreuse qui a conduit au vol du siècle et à tous ces nouveaux riches. En parlant de responsabilité globale il avoue qu’il y avait bien une association de malfaiteurs. Il sait tout mais il ne dit rien. C’est lui qui a distribué nos sous à tous les voleurs de l’Etat et en premier à l’EDL. Ce n’est pas en escamotant la vérité qu’on va récupérer notre pauvre argent.

    Goraieb Nada

    05 h 33, le 28 novembre 2025

  • Ce monsieur, symbole de la face la plus déshonorante de notre pays ferait mieux de se taire. Au moins par décence. Il fait face à un nombre important d affaires d enrichissement personnel ou des proches sont mêlés. Sa santé défaillante ayant été mis en avant pour justifier sa libération, il est indécent de l entendre fanfaronner. Taisez vous, monsieur

    Farandole

    01 h 17, le 28 novembre 2025

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