Le président de la République, Joseph Aoun, recevant le chef du Parlement, Nabih Berry, à Baabda, le 29 juillet 2026. Photo tirée du compte X de la présidence
Le président de la République, Joseph Aoun, accueille chaleureusement le président du Parlement, Nabih Berry. À la fin de leur entretien, le chef de l’État accompagne même son invité jusqu’à la porte de sortie. Le tout devant les caméras. On ne dirait pas, après cette scène, que le dernier entretien entre les deux hommes remonte à... mars dernier.
Leurs relations se sont en effet tendues sur fond de profondes divergences autour des négociations directes avec Israël et, plus tard, de l’accord-cadre conclu le 26 juin dernier. Sauf que le maître du perchoir a, depuis, mis de l’eau dans son vin, affirmant soutenir toute démarche, du moment qu’elle aboutit à un retrait israélien du Liban-Sud. La question de l’ambassadeur iranien désigné, Mohammad Reza Chibani (désigné en mars persona non grata par le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi), a également contribué à la dégradation des liens entre Aïn el-Tiné et Baabda, M. Berry ayant souhaité que le président limite la marge de manœuvre du chef de la diplomatie.
Selon les informations de L’Orient-Le Jour, le chef de l’État a informé M. Berry des développements relatifs aux négociations directes avec Israël, ainsi que de la teneur des discussions menées la semaine dernière entre Joseph Aoun et son homologue américain, Donald Trump. Lors de cette réunion, M. Berry avait reçu un clin d’œil du président, qui l’a qualifié d’« homme d’État » dont il faut « comprendre » la position. « Ces propos ont sans doute accéléré la tenue de la réunion de mercredi », souligne une figure chiite. Les discussions entre les deux présidents ont également porté sur la situation intérieure, la nécessité de renforcer la stabilité interne et la paix civile, ainsi que sur l’action du gouvernement et le soutien à l’armée libanaise et à son rôle dans le Sud, où elle se déploie dans les « zones pilotes ». Toujours selon nos informations, M. Berry souhaitait renouer avec Baabda, estimant qu’il était président de la Chambre avant d’être le représentant de la communauté chiite. L’entretien a également été motivé par sa volonté de ne pas rester loin des négociations entre le Liban et Israël, à l’approche d’un nouveau round de pourparlers prévu à Rome le 4 août.
Dans le même esprit, une source proche de la présidence indique à L’OLJ que « l’entretien s’est tenu dans une atmosphère positive. Ils ont discuté de tous les sujets, des négociations à la nécessité d’assurer le retrait israélien du territoire libanais dans les plus brefs délais ».
Selon le bureau de presse de la présidence, « les discussions ont porté sur la situation régionale et locale, notamment au Liban-Sud où se poursuivent les agressions israéliennes ». Le communiqué ajoute que les deux hommes ont insisté sur la nécessité de mettre fin à ces attaques. De son côté, le chef du législatif s’est dit « satisfait » à l’issue de la rencontre.
Berry… mais pas encore le Hezbollah
Malgré cette reprise de langue avec M. Berry, les rapports restent complètement gelés entre la présidence et le Hezbollah. Celui-ci rejette catégoriquement aussi bien le monopole des armes que les négociations directes avec Israël, alors que son allié chiite maintient un flou artistique autour de sa véritable position au sujet des pourparlers, affirmant accorder la priorité au retrait israélien, quel que soit le procédé qui pourrait y mener.
De quoi pousser certains observateurs à estimer que le président de la Chambre pourrait jouer le rôle (officieux) de médiateur entre la présidence et la milice chiite. « Nous savons qu’en tant que président du Parlement, M. Berry ne peut pas boycotter la présidence de la République. Mais il n’empêche que nos divergences avec Joseph Aoun demeurent profondes. Aucune visite à Baabda n’est à attendre prochainement », indique une source du Hezbollah.

Je ne comprends pas... après trois mois de froid, ne devrait-il pas être froid ?
13 h 21, le 30 juillet 2026