Le Premier ministre Nawaf Salam recevant le conseil de l’ordre des rédacteurs, mercredi 26 novembre 2025. Photo fournie par l'ordre des rédacteurs
« Pour nous, tous les dossiers sont prioritaires, car, en fin de compte, chaque Libanais a ses préoccupations et le gouvernement les prend toutes en considération. » C’est par cette phrase que le Premier ministre, Nawaf Salam, a entamé sa rencontre mercredi avec le conseil de l’ordre des rédacteurs mené par Joseph Kossayfi. C’était une façon de montrer que le gouvernement se bat sur tous les fronts pour tenter de reconstruire les institutions publiques. M. Salam a d’ailleurs rappelé que le Liban revient de loin à ce niveau, certaines institutions ayant des postes importants vacants depuis plus de vingt ans. Mais il a ajouté que cela ne signifie pas que le dossier des armes du Hezbollah n’est pas prioritaire, ni celui du retrait israélien, car c’est sur ces éléments que repose l’instauration d’un climat de confiance, générateur de stabilité et propice au retour des investisseurs.
Le Premier ministre a rappelé que les armes du Hezbollah ont joué un rôle dans la libération du Liban-Sud en 2000. « Mais, depuis, a-t-il dit, nous avons raté de nombreuses occasions. Pourquoi l’armée ne s’est-elle pas déployée au Sud après le retrait israélien ou après le retrait des troupes syriennes ? Et pourquoi, bien sûr, n’avons-nous pas appliqué toutes les dispositions de l’accord de Taëf, qui stipule pourtant clairement que l’État libanais doit imposer son autorité sur l’ensemble du territoire à travers ses propres forces ? » Et d’ajouter : « La Force intérimaire des Nations unies (Finul) doit se retirer dans près de 13 mois et l’armée doit être prête pour prendre la relève. Toutefois, envoyer des troupes au Sud signifie enrôler de nouvelles recrues, se procurer des équipements et augmenter les salaires. »
M. Salam affirme que sa relation avec le président Joseph Aoun est bonne. « Même si cela risque de déplaire à certains, car je lis chaque jour que nous sommes en conflit, a-t-il ajouté. En réalité, nous voulons tous les deux la même chose, mais nous avons des styles et des personnalités différents. » M. Salam a rappelé que lorsque Joseph Aoun a lancé l’idée des négociations avec Israël, il s’est empressé de faire une déclaration en ce sens le lendemain, pour qu’il n’y ait justement pas de spéculations sur un désaccord entre eux à ce sujet. Il ajoute que le président de la Chambre, Nabih Berry, avait raison de proposer la commission du « mécanisme » comme cadre des négociations, mais il n’y a pas eu de progrès dans ce domaine car les Israéliens ne font pas ce qu’ils devraient faire.
En réponse à une question sur le fait de savoir si, dans le contexte régional actuel, les Libanais ne doivent plus décrire Israël comme un « ennemi », le Premier ministre a affirmé que les relations libano-israéliennes sont régies par l’armistice de 1949, soulignant qu’un tel accord ne peut être conclu qu’avec un ennemi. Il y a donc bien une animosité, régulée par l’accord d’armistice. En tout cas, selon lui, le Liban reste attaché à l’initiative arabe de 2002, basée sur l’édification d’un État palestinien.
Au sujet de l’impression que le nouvel ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, lui aurait faite, M. Salam a répondu qu’on ne peut pas porter un jugement après une ou deux rencontres. « Ce qui est toutefois frappant, c’est qu’il demande à s’exprimer en arabe », a-t-il dit. Concernant un éventuel élargissement de la guerre, M. Salam a répondu que pour l’instant, les Israéliens soumettent le Liban à une guerre d’usure et qu’on constate depuis quelque temps qu’il y a une tendance vers l’escalade. « Mais, de notre côté, nous ne restons pas les bras croisés, dit-il. Nous nous préparons à toutes les éventualités. Le résultat est certes insuffisant ; nous devons sans doute faire plus, mais notre choix est de miser sur la politique et la diplomatie. »
Au sujet des accusations portées contre gouvernement d’avoir jeté la balle de la loi électorale dans le camp du Parlement, M. Salam a répondu que c’est au Parlement de légiférer. S’il faut appliquer la seizième circonscription pour les Libanais de l’étranger, par exemple, il faut une loi pour définir la répartition des six députés entre les continents. Le plus probable, selon le Premier ministre, est de suspendre l’application de cette disposition, comme cela a été le cas précédemment. Mais les élections auront-elles lieu à la date prévue ? « Il faut poser la question aux députés, a déclaré le Premier ministre. Au gouvernement, nous faisons ce qu’il faut pour cela, comme cela a d’ailleurs été le cas pour les élections municipales, et nous sommes face à un gouvernement où il n’y a pas de candidat aux législatives... »
Aujourd’hui, selon M. Salam, la principale mission du gouvernement, c’est d’essayer de redonner confiance aux citoyens dans l’État, « devenu comme un morceau de gruyère ». D’ailleurs, le gouvernement s’emploie à procéder aux nominations nécessaires afin d’assurer la continuité et la pérennité des institutions de l’État. Dans ce cadre, il a dressé un tableau de tout ce qu’a accompli le gouvernement, notamment dans la préparation de projets de loi pour la réforme financière, qui comporte deux volets : la restructuration du secteur et le règlement de la question des dépôts. « Il faut du temps pour que cela se voie et soit ressenti par les citoyens », a-t-il dit.



Normal qu’il parle en arabe puisqu’il est né et a vécu à Ain el remmaneh et a étudié à la Sagesse. D’ailleurs, de mémoire, je le souviens que les ambassadeurs 100% RUSSES non originaires du Liban ,donnaient des interviews en langue arabe. Que serait-ce si l’ambassadeur est libanais aussi. D’ailleurs ceci semble une habitude de TRUMP, il envoie des représentants et ambassadeurs issus des pays d’origine. Le représentant Coordinateur de TRUMP en RUSSIE pour les negos Ukraine / Russie , il est américain d’origine russe. Il croit que les origines de ses représentants faciliteraient leurs missions
21 h 57, le 27 novembre 2025