Le siège de la Banque mondiale à Washington le 21 avril 2025. Photo d'archives Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour
La Société financière internationale (SFI, ou IFC pour l’acronyme anglais) a annoncé jeudi, dans un communiqué, le lancement de « nouveaux investissements et engagements » impliquant des entreprises libanaises pour une enveloppe d’au moins 80 millions de dollars.
Il s’agit de la première annonce d’envergure du bras privé de la Banque mondiale depuis le début de la crise de 2019, après une longue période d’absence et une timide reprise en 2024, avec notamment un prêt accordé à MAN Enterprise et sa filiale libanaise MAN Holding SAL.
Les nouveaux projets, qui concernent l’énergie, l’industrie et la microfinance, « s’inscrivent dans la stratégie globale de la Banque mondiale visant à appuyer la reconstruction et la relance du pays, en ligne avec la nouvelle vision économique du gouvernement » libanais, selon le communiqué.
Ils ont été présentés au Premier ministre Nawaf Salam lors de la conférence Beirut One, destinée à promouvoir le Liban auprès d’investisseurs de la diaspora et des pays arabes, les 18 et 19 novembre à Beyrouth.
« Tous étaient en préparation depuis un certain temps, mais ont été signés aujourd’hui au Grand Sérail avec les participants impliqués », a indiqué à L’Orient-Le Jour Aftab Ahmad, directeur régional de la SFI pour le Moyen-Orient, l’Afghanistan et le Pakistan. Il a ajouté que « le Liban se trouve à un moment critique, et le secteur privé est au cœur du processus de reprise du pays », alors que le pays, en crise depuis six ans, doit encore mener des réformes profondes et stabiliser sa situation sécuritaire.
Zahrani, Deir Ammar et FSRU
Le premier projet, signé avec le gouvernement libanais, engage la SFI à « structurer et mettre en œuvre un projet gaz-électricité en partenariat public-privé », en coopération avec la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD). Il comprend trois composantes déjà présentes dans les précédentes stratégies du ministère de l’Énergie pour remédier aux problèmes chroniques d’électricité :
* Le développement d’une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU) pour importer, stocker et convertir le gaz naturel liquéfié en carburant. Le ministre des Finances, Yassine Jaber, a discuté d’un projet de ce type lors d’une réunion le 13 novembre avec une délégation représentant TotalEnergies et QatarEnergy.
* La modernisation de la centrale Deir Ammar I, d’une capacité actuelle de 465 mégawatts.
* La construction de l’extension de cette centrale (Deir Ammar II) via une nouvelle centrale à cycle combiné de 825 MW, un projet en préparation depuis de nombreuses années.

La SFI évalue la valeur de ces trois chantiers à un milliard de dollars. « Notre rôle consiste à jauger le marché, puis à préparer les études techniques, les appels d’offres et les contrats nécessaires pour confier la construction, le financement et l’exploitation dans le cadre d’un PPP », explique Aftab Ahmad. « Si le gouvernement valide les étapes sans retard, les premiers appels d’offres pourraient être lancés d’ici quatre à cinq mois », ajoute-t-il.
Outre la BIRD, la SFI collaborera avec le Haut Conseil pour la privatisation et le ministère de l’Énergie. « L’Autorité de régulation de l’électricité, formée en septembre, aura aussi un rôle décisif », souligne Joe Saddi. Il précise que l’étude de marché de la SFI évaluera également l’intérêt pour les projets de réhabilitation et d’extension du site de Zahrani, principale centrale du Sud-Liban.
Microcrédit et industrie
Le deuxième projet prévoit une ligne de crédit de 10 millions de dollars, répartie à parts égales entre les institutions de microfinance al-Majmoua et Vitas Lebanon, pour élargir l’accès au crédit des MPME et des femmes entrepreneures. Les populations déplacées et les communautés d’accueil en seront les bénéficiaires prioritaires.
« Le financement inclut une garantie de premier risque pouvant atteindre 5 millions de dollars, fournie via un mécanisme de financement mixte du partenariat Prospects dirigé par le gouvernement des Pays-Bas », indique la SFI. Aligné sur la stratégie du ministère des Affaires sociales en faveur des communautés vulnérables, ce projet verra ce dernier jouer un rôle actif dans sa mise en œuvre, précise Aftab Ahmad.
Les deux derniers projets concernent uniquement des acteurs privés de l’industrie libanaise.
La SFI a conclu un premier partenariat pour un prêt de 40 millions de dollars avec BCI Holding SA, spécialisée dans les matériaux chimiques, les adhésifs et les emballages flexibles. Cette enveloppe servira à « renforcer ses capacités régionales grâce à un centre de R&D et à un centre opérationnel back-office », tout en créant des emplois. BCI accompagnera également les PME pour améliorer la qualité, réduire le gaspillage et innover afin d’accroître leur compétitivité, précise la SFI.
Le second partenariat, d’un montant de 30 millions de dollars, a été signé avec Matelec, spécialisée dans la production et la distribution d’électricité et de matériel électrique, pour renforcer ses capacités et créer davantage d’emplois. « Ce partenariat renforcera la contribution de Matelec au développement industriel et lui permettra d’offrir davantage de solutions d’infrastructures électriques de haute qualité pour les collectivités et les industriels, au Liban comme à l’étranger. »




Et malgré toutes ses promesses et les aides offertes pour nous sauver et rebâtir ce pays, nos responsables continuent à traîner les pieds et faire la fine bouche comme si la stabilité et rendre ce pays respectable ne leur convenait pas. Ils préfèrent le chaos pour masquer leur incompétence et protéger les intérêts des mafieux chers à leur cœur, qu’ils prétendent combattre.
13 h 37, le 21 novembre 2025