Le président syrien Ahmad el-Chareh arrivant à la séance plénière générale des dirigeants dans le cadre de la COP30, à Belém, dans l'État du Pará, au Brésil, le 6 novembre 2025. Photo Mauro Pimentel / AFP
En marge de sa visite historique à la Maison-Blanche le 10 novembre, une première pour un président syrien, Ahmad el-Chareh a accordé un entretien lundi au Washington Post, dans lequel il évoque notamment les négociations en cours, sous supervision américaine, entre la Syrie et Israël autour d'un accord sécuritaire.
« Nous sommes engagés dans des négociations directes avec Israël, et nous avons parcouru une bonne distance pour aboutir à un accord. Mais pour parvenir à un accord final, Israël doit se retirer aux frontières d’avant le 8 décembre » 2024, a affirmé le président syrien par intérim, en référence aux territoires envahis par l'armée israélienne dans la foulée de la chute du régime Assad, au-delà de la frontière du Golan syrien occupé en 1967 puis annexé en 1981. « De nombreux acteurs internationaux soutiennent notre position. Le président Donald Trump, lui aussi, partage cette perspective et veut aboutir rapidement à une solution », a-t-il poursuivi.
« Nous sommes ceux qui avons expulsé » les milices iraniennes de Syrie
Ahmad el-Chareh a également dénoncé ce qu'il a qualifié « d'ambitions expansionnistes » israéliennes et émis des réserves sur la possibilité d'une zone démilitarisée dans le sud de la Syrie, réclamée par Tel-Aviv. « Les avancées israéliennes ne relèvent pas de préoccupations sécuritaires, mais d’ambitions expansionnistes. Israël a toujours affirmé avoir des préoccupations envers la Syrie à cause de la menace portée par les milices iraniennes et le Hezbollah. Mais nous sommes ceux qui avons expulsé ces forces de Syrie », a-t-il affirmé, en rappelant qu'Israël a mené « plus de 1 000 frappes » contre son pays depuis la chute d'Assad.
« Parler d’une zone totalement démilitarisée est difficile : en cas de chaos, qui la protégerait ? (...) Au bout du compte, c’est un territoire syrien, et la Syrie doit être libre d’en disposer. Israël a occupé le Golan pour se protéger, puis impose des conditions dans le Sud pour protéger le Golan. Dans quelques années, ils occuperont bientôt le centre du pays pour protéger le sud. Ils finiront par atteindre Munich », a encore ironisé le président syrien.
En outre, M. Chareh a abordé un large panel de sujets au fil de l'interview, dont le dossier de la levée des sanctions américaines contre son pays. « L’objectif le plus important est de commencer à construire une relation entre la Syrie et les États-Unis, car au cours des cent dernières années, cette relation n’a jamais été bonne. (...) Nous avons trouvé beaucoup d'intérêts communs, en matière sécuritaire et économique notamment », a-t-il dit.
Lundi, le secrétaire d'État Marco Rubio a annoncé avoir suspendu pour 180 jours supplémentaires la « loi César », adoptée en 2019 lors du premier mandat Trump, « dans le but de soutenir les efforts de reconstruction économique » de la Syrie. Ce train de sanctions ayant asphyxié l'économie syrienne avait déjà été temporairement levé fin mai par les départements du Trésor et du Commerce américains, à la suite de la première rencontre entre Donald Trump et Ahmad el-Chareh à Riyad, alors que sa levée complète doit encore être validée par le Congrès. « L'instabilité de la Syrie affecte toute la région, et la stabilité est liée à l’économie, et le développement économique dépend de la levée des sanctions. Cette discussion dure depuis des mois, et je crois que nous avons obtenu de bons résultats. Mais nous attendons encore la décision finale », a souligné le dirigeant.
Jeudi, le Conseil de sécurité de l'ONU avait aussi levé les sanctions contre Ahmad el-Chareh, à l'initiative des États-Unis.
« La Syrie peut assumer seule la lutte contre Daech »
Le président syrien a en outre défendu son approche pragmatique vis-à-vis de la Russie, ancien allié de Bachar el-Assad, alors qu'une délégation syrienne s'est rendue à Moscou le mois dernier. Il a dans ce contexte souligné « les intérêts stratégiques communs » existants entre Damas et le Kremlin. « Nous avons mené une guerre difficile contre la Russie pendant dix ans, ils ont annoncé ma mort à plusieurs reprises. Mais nous avons besoin de la Russie : c’est un membre permanent du Conseil de sécurité, et son vote est crucial », a-t-il expliqué.
Le dirigeant syrien a d'ailleurs rappelé qu'une hypothétique extradition du dictateur déchu vers la Syrie fait partie de ces tractations, alors que Moscou a accordé l'asile à Bachar el-Assad après sa fuite de Syrie. « Le dossier Assad reste un sujet délicat pour Moscou. Notre relation avec la Russie est encore au début, mais nous maintiendrons notre droit, en tant que Syriens, à exiger qu’il soit jugé pour ses crimes », a-t-il ajouté.
Tout en évoquant son passé de combattant jihadiste, il a assuré que la Syrie était « aujourd’hui capable d’assumer seule » la lutte contre l'organisation terroriste État islamique (EI). Il a insinué que sa résurgence était notamment liée au fait que le Nord-Est syrien, toujours contrôlé par l'Administration autonome kurde, n'était pas encore revenu dans le giron de Damas. « Maintenir des zones échappant au contrôle de l’État favorise la résurgence de Daech. La meilleure solution serait que les troupes américaines supervisent l’intégration des Forces Démocratique Syriennes (FDS) aux forces de sécurité de l’État », a-t-il estimé.
Interrogé sur les épisodes de violences communautaires contre les minorités religieuses alaouites et druzes, notamment sur le littoral syrien et dans la région de Soueida, ayant ensanglanté la Syrie depuis son arrivée au pouvoir, il a fait un parallèle avec la situation des États-Unis au sortir de « la guerre de Sécession » au XIXe siècle. « La Syrie sort d’une guerre féroce et de soixante ans de dictature. Les États-Unis étaient-ils stables en un an après la guerre de Sécession ? Non, il a fallu des années. Nous reconstruisons l’État et la loi, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de problèmes ».




Il est loin le temps de BACHIR où il demandait aux responsables de dire la vérité et de ne rien cacher sous divers pretextes.... Ici, il ne dit rien..Il ne fait rien...Il agit comme si de rien n'était et comme si le Hezbollah allait lui remettre ses armes avec en bonus , une boite de chocolat !!! Ils attendent...perdent du temps jusqu'à ce que le danger frappe à la porte...Là, ils accourent...La ligue arabe...l'ONU aidez nous...Israel les vilains nous agressent et on n'a rien fait : JUSTEMENT VOUS NE FAITES JAMAIS RIEN DEPUIS LES ANNÉES 60 laissant le LIBAN au FATEH et maintenant au hezbollah
15 h 52, le 12 novembre 2025