Le ministre de la Défense, Michel Menassa. Photo AFP
Le ministre de la Défense Michel Menassa a affirmé mardi soir que des « négociations indirectes avec Israël pouvaient débuter par le biais du « mécanisme » chargé de surveiller l'application du cessez-le-feu, à l'heure où le risque d'une escalade militaire israélienne sur le Liban se fait de plus en plus imminent.
«Le 'mécanisme', mis en place pour appliquer et contrôler l'accord de cessation des hostilités, s'apprête à jouer un rôle de négociateur afin de paver la voie à des négociations indirectes visant à instaurer la sécurité et la stabilité à la frontière Sud », a affirmé M. Menassa, dans un entretien à la chaîne Télé-Liban. Il a précisé que « les négociations indirectes peuvent débuter par le biais de ce mécanisme, compte tenu de la nécessité de mettre fin à la guerre qui a affecté les Libanais sur les plans économique, militaire et financier ». Interrogé au sujet de la déclaration de l'émissaire américain Tom Barrack, qui a appelé le président libanais Joseph Aoun à communiquer avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le ministre a indiqué que « cela ne pouvait pas arriver ».
Ces négociations, réclamées par Washington, sont estimées comme inévitables par le président Aoun. Selon les informations de L'OLJ, l'élargissement du « mécanisme » pour y inclure des civils, une suggestion faite par l'émissaire américaine Morgan Ortagus, fait l'objet d'un accord de principe des différents pôles du pouvoir libanais. La formule que le Liban envisage d’accepter consiste en ce que l’armée ait recours à des figures « civiles et techniciennes » pour étudier certains dossiers. Une formule assez vague qui pourrait ne pas suffire à Israël qui réclamait de son côté des figures « diplomatiques et officielles ».
Désarmement au sud du Litani
Le ministre Menassa a par ailleurs affirmé que l'armée libanaise poursuit la mise en œuvre de son plan sur le désarmement du Hezbollah « dans le sud du Litani par étapes successives », précisant que « le passage à la deuxième étape sera lié à un rapport publié par le commandement de l'armée à la fin de la première étape, sans calendrier prédéfini, car la nature du terrain et les missions sur le terrain imposent leur réalité ». Il a aussi fait état « d'importantes difficultés sur le terrain, en particulier dans les zones montagneuses et les vallées, où l'armée procède à des fouilles minutieuses des tunnels et des caches d'armes », soulignant que « le temps n'est pas un critère aussi important que l'accomplissement de la mission et la protection des vies humaines ».
En ce qui concerne les relations avec le Hezbollah, il a précisé qu'il existait « une communication similaire à celle entretenue avec les autres partis libanais, et que le plan militaire visait essentiellement à rétablir la souveraineté libanaise sur l'ensemble du territoire », estimant que « la coopération nationale était nécessaire pour garantir le succès de ces efforts ».
« Défendre la souveraineté libanaise »
Commentant les attaques israéliennes, Michel Menassa a déclaré que « l'armée s'engage à défendre la souveraineté libanaise et à riposter à toute incursion », après que le président Aoun l'a appelée à « faire face » à toute incursion israélienne suite à l'incursion sanglante à Blida jeudi dernier.
En matière de soutien international, le ministre a annoncé que le Liban a reçu « une aide américaine de 230 millions de dollars sans conditions, ainsi qu'une aide européenne de 12,5 millions d'euros destinée à l'achat d'équipements non militaires ». Il a aussi fait état de contacts menés avec la Grèce et le Koweït pour « fournir à l'armée des armes et des équipements supplémentaires pour lui permettre d'assumer pleinement ses missions dans le sud après le retrait de la Finul », la Force intérimaire des Nations unies pour le Liban prévu fin 2026. M. Menassa a souligné « la nécessité d'une position interne unie et du soutien à l'institution militaire ». La communauté internationale conditionne son aide au pays du Cèdre au monopole des armes aux mains de l'État. Le président français Emmanuel Macron a affirmé être « déterminé » à organiser, d'ici fin 2025, une conférence de soutien aux forces armées libanaises et une autre consacrée à la reconstruction du Liban.
« Evolution positive entre le Liban et la Syrie »
Sur le plan régional, le ministre de la Défense a aussi déclaré que « les relations libano-syriennes connaissent une évolution positive sur les plans sécuritaire et politique », rappelant « la signature d'un accord de coopération sécuritaire avec son homologue syrien lors d'une réunion tenue en Arabie saoudite, afin d'apaiser la situation à la frontière est et de contrôler les opérations de contrebande ». Il a souligné que « la coopération entre les deux pays s'étendait à d'autres domaines, notamment l'accord judiciaire prévu pour l'extradition des personnes recherchées », ajoutant que « la volonté politique était présente chez les deux parties pour parvenir à la délimitation des frontières, malgré le retard pris par la Syrie sur le plan technique ». Pour ce qui est de la lutte contre le trafic de drogue et des pilules de captagon, il précisé « la coordination de sécurité entre les armées libanaise et syrienne a permis de réduire considérablement les opérations de contrebande », alors que la frontière entre les deux pays est poreuse.
Abordant les armes dans les camps palestiniens, Michel Menassa a indiqué que « les armes lourdes et moyennes ont été retirées de cinq camps, et les opérations se poursuivent dans les autres camps », conformément à la décision du gouvernement de désarmer les factions armées dans le pays. Revenant sur le meurtre du jeune Libanais Elio Abou Hanna, tué par balles par une patrouille palestinienne armée dans le camp de Chatila, il a confirmé que « l'enquête se poursuit et ses résultats seront annoncés dès qu'elle sera terminée ».
Interrogé au sujet du rétablissement du service militaire obligatoire, Michel Menassa a affirmé que « le ministère de la Défense étudie sa réactivation sous une nouvelle forme qui encourage les jeunes à s'engager dans l'armée, avec une modification de la méthodologie pour qu'elle soit adaptée aux circonstances actuelles ».




Ça veut dire quoi indirectes ? Ça signifie qu’Israël n’éxiste pas et que l’on ne peut donc pas négocier avec un absent ? Cessons de tourner autour du pot, il faut prendre le taureau par les cornes et arriver à une solution définitive. Grâce aux bons soins de la milice écervelée et vendue, nous allons discuter avec un occupant vainqueur, alors qu’avant cette guerre stupide le pays n’était ni démoli ni occupé. Cette milice importée du pays des barbus n’a fait que du tort au Liban , et lui être encore complaisant après tous ses horribles méfaits serait un crime impardonnable contre la patrie.
05 h 49, le 06 novembre 2025