Un homme dans les décombres d'un site de stockage d'engins de chantier près d'Ansar, au Liban-Sud, le 17 octobre 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
C'est sans le président du Parlement, Nabih Berry, mais dans un complexe culturel portant son nom, à Msayleh au Liban-Sud, qu'a été lancée la première réunion de haut niveau sur la reconstruction, visant à « lancer le processus », selon le chef du Législatif, près d'un an après le cessez-le-feu de novembre 2024. L'occasion pour le tandem chiite d'insister sur l'inclusion, dans le budget de l'Etat pour l'exercice 2026, d'une clause pour le financement des chantiers de reconstruction du Sud, sans quoi le Hezbollah et le mouvement Amal refuseront de l'adopter, tandis que le ministre des Finances a estimé que ce chantier nécessite un financement international.
La rencontre de Msayleh a été organisée à la demande du chef du Législatif, qui a exhorté le gouvernement à de nombreuses reprises à lancer la reconstruction. Le choix du village dans lequel elle a lieu, où M. Berry dispose d'une résidence, est d'autant plus symbolique qu'il avait été la cible, le 11 octobre, de frappes israéliennes qui ont détruit près de 300 tracteurs et bulldozers. Pour le président du Parlement, la reconstruction du Sud doit devenir une priorité malgré la poursuite des attaques israéliennes.
Un temps annoncé, M. Berry ne participe finalement pas à la rencontre. Il a toutefois commenté, lors d'une réunion à Aïn el-Tiné, cet événement, estimant qu'il marque le « début du processus d'élaboration d'un plan » pour lancer la reconstruction.
En revanche, plusieurs membres de l’exécutif y ont pris part, notamment les ministres des Finances Yassine Jaber, de la Santé Rakan Nassereddine, de l'Environnement Tamara Elzein, tous trois proches du tandem, et leurs collègues Nizar Hani (Agriculture) et Fayez Rassamny (Travaux publics) ainsi que nombre de députés du tandem chiite Amal-Hezbollah. Egalement parmi les participants, des représentants de la Banque mondiale, des Nations unies, de la Finul, de l'armée libanaise, du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), du Conseil du Sud, et de présidents de municipalités du Sud.
« Il n’est pas possible d’attendre des années »
En conclusion de la rencontre, les participants ont formulé plusieurs recommandations. Selon le communiqué officiel, ils ont appelé à « activer le travail du gouvernement via ses ministères et à pousser le dossier de la reconstruction en adoptant toutes les mesures nécessaires ». Ils ont, dans ce cadre, « invité le Conseil des ministres à tenir une session spéciale sur le Sud, avec la participation de toutes les institutions de l’État, afin de mettre en place un mécanisme clair pour le programme de reconstruction ».
Les participants ont souligné qu’il était nécessaire de « cesser de subordonner le dossier de la reconstruction aux positions politiques et internationales » et ont insisté sur le fait que « le dossier de reconstruction doit être universel, allant de la Békaa au Sud, en passant par la banlieue sud », tout en appelant à « mobiliser les efforts et les ressources pour organiser une conférence élargie sur la reconstruction afin de répondre rapidement aux besoins des villes, villages et populations affectées ».
La question d’un « calendrier précis » a également été mise en avant. « Il n’est pas possible d’attendre des années pour les compensations et les travaux ». Les participants ont demandé à « lever les obstacles liés aux lois sur les dons et aides, soutenir les déplacés et inclure dans le budget annuel un volet spécifique pour le dossier de reconstruction ». Ils ont également appelé à « augmenter les budgets du Conseil du Sud et du Haut comité de secours, soutenir les hôpitaux et assurer les fonds nécessaires aux municipalités pour leur permettre de remplir correctement leur rôle ». Enfin, ils ont insisté sur la nécessité « de garantir un minimum de sécurité via les organismes internationaux pour les équipes de déblaiement du Conseil du Sud, dont le travail a été suspendu dans plusieurs villages en raison des attaques israéliennes ».
Un financement international nécessaire
Le ministre des Finances, Yassine Jaber, a estimé lors de la réunion que « la reconstruction des habitations du Liban-Sud nécessite une conférence internationale », estimant la question « compliquée pour le Trésor public ». Il a toutefois souligné que le cabinet ne « lésine pas » sur les financements, notamment via le Conseil du Sud. « Malgré les circonstances et la guerre, les écoles ont été restaurées et rouvertes, et les hôpitaux continuent de soigner les gens », a indiqué le ministre des Finances qui a annoncé « 50 millions de dollars bientôt mis à la disposition des agriculteurs grâce au programme Kafalat (de prêts agricoles) ». Yassine Jaber a par ailleurs annoncé le lancement d’une initiative avec la Banque mondiale pour évaluer les dégâts des bombardements israéliens et commencer les réparations des infrastructures. « La moitié du conseil d'administration de la Banque mondiale sera au Liban cette semaine, et se rendra samedi dans le sud pour constater les dégâts », a-t-il assuré.
Le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine a, lui, rappelé que son ministère continue de prendre en charge 100% des soins aux blessés de la guerre israélienne, et qu’il a clôturé le dossier des blessés de l’attaque des bipeurs, « tous les hôpitaux ayant obtenu leurs droits ». Il a appelé à renforcer les hôpitaux publics, en particulier dans le sud et le Békaa.
Une « indemnisation claire »
Prenant la parole devant les participants, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a tenu des propos fermes pour exhorter les autorités à inclure une clause « claire » dans le budget 2026 sur la reconstruction, sans quoi la loi de finance « ne sera pas adoptée par le Parlement. » « Nous demandons au gouvernement de prévoir un budget pour financer la reconstruction. (…) Nous insistons pour que ce dossier ait la priorité absolue (…) alors que le sang coule dans le sud du pays », a-t-il martelé, en référence aux attaques israéliennes constantes. Des propos qui font échos à ceux déjà lancés par M. Berry à la mi-octobre. Le député du Hezbollah a regretté qu’« une seule initiative ait été menée jusque-là au Liban-Sud par les autorités, à savoir le déblaiement des décombres ». « Le gouvernement a pourtant la responsabilité de gérer la reconstruction, et particulièrement la question centrale des maisons détruites des habitants », a-t-il insisté. Et d'observer que « le gouvernement n'est pas tenu d'inscrire le montant total de la reconstruction dans le budget, mais qu'il doit au moins prévoir une indemnisation claire des maisons détruites afin que les citoyens sentent que le gouvernement se soucie de la reconstruction ».
Représentant le président du Parlement, le député berryste Mohammad Khawaja a de son côté annoncé la détermination de Nabih Berry « à garantir le succès du processus de reconstruction ». « La reconstruction est en tête des préoccupations de Nabih Berry. Le président du Parlement s'efforce d'en assurer le succès, et il s’est juré de ne pas connaître de repos tant que ce qui a été détruit ne sera pas reconstruit », a-t-il souligné, précisant que cette première réunion est « l’occasion d’échanger des idées ». « Cette rencontre s'inscrit dans le cadre des efforts nationaux visant à reconstruire ce qui a été détruit par la machine de guerre israélienne au Liban », a ajouté le parlementaire.



Il faut savoir, ils veulent reconstruire ou ils veulent une continuité de la guerre, parce que la on ne comprend plus rien. Le HB se plaint du retard sur les décisions pendant qu’il dépêche ses envoyés spéciaux, leurs représentants, menacer de nouvelles guerres puisque maintenant reconstitué. On ne va pas entamer des reconstructions sous les bombes ni même avant que toutes leurs armes ne soient déposées pour prouver leur volonté de renoncer à leurs maîtres qui veulent leur mort alors que leurs compatriotes veulent les sauver contre leur gré. A eux de choisir
10 h 37, le 05 novembre 2025