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Politique - Liban-Sud

Quatre combattants de la force al-Radwan tués par Israël, qui hausse encore le ton

Benjamin Netanyahu affirme qu’il ne permettra pas au Liban de « redevenir un front contre » l’État hébreu.

Un homme passant en scooter près de la carcasse d'une voiture bombardée par Israël à Kfarremmane, au Liban-Sud, le 2 novembre 2025. Photo AFP/ MAHMOUD ZAYYAT

L’escalade verbale (et militaire) se poursuit. Ce week-end, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a lancé de nouvelles menaces contre le Liban, laissant entendre que des frappes s’abattraient sur Beyrouth et ses alentours en cas de « tentative d’attaque contre le nord d’Israël », tandis que les offensives s’intensifient dans le Liban-Sud. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a lui aussi affirmé qu’il ne permettra pas au Liban de « redevenir un front contre » l’État hébreu.

« L’engagement du gouvernement libanais à désarmer le Hezbollah et à le chasser du Liban-Sud doit être pleinement tenu », a déclaré samedi soir dans un entretien le ministre israélien de la Défense, affirmant que le parti chiite « joue avec le feu » et que le président libanais Joseph Aoun « traîne des pieds ». « L’application stricte des mesures se poursuivra et sera renforcée. Nous ne tolérerons aucune menace contre les habitants du nord » d’Israël, a-t-il ajouté. Des milliers d’Israéliens vivant près de la frontière nord avec le Liban avaient été contraints d’évacuer leurs domiciles pendant des mois, après l’ouverture par le Hezbollah d’un front contre Israël à la suite du déclenchement de la guerre à Gaza en octobre 2023. Les tirs de roquette du parti-milice ont déclenché un conflit de plus d’un an, qui a culminé avec deux mois de guerre ouverte avec Israël, avant qu’un cessez-le-feu ne soit conclu en novembre 2024. Malgré cette trêve, l’armée israélienne continue d’occuper au moins six positions en territoire libanais et poursuit ses bombardements.

Lors de son entretien, M. Katz a affirmé que l’armée israélienne avait « neutralisé 300 terroristes » depuis le cessez-le-feu, menaçant de « frapper Beyrouth » en cas de « tentative d’attaque » du Hezbollah sur le nord d’Israël.

De son côté, lors de l’ouverture d’un Conseil des ministres, Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de se « réarmer ». « Nous attendons du gouvernement libanais qu’il fasse ce qu’il s’est engagé à faire, c’est-à-dire désarmer le Hezbollah, mais il est clair que nous exercerons notre droit à l’autodéfense comme convenu dans les termes du cessez-le-feu », a-t-il averti. « Nous ne permettrons pas au Liban de redevenir un nouveau front contre nous et nous agirons comme il faudra », a-t-il lancé. Ces propos interviennent à l’heure où la tension est considérable au Liban-Sud, et que les Israéliens réclament des pourparlers directs avec les Libanais pour un retour à la stabilité.

Quatre tués et trois blessés

Au Liban-Sud, les frappes et attaques se sont poursuivies pendant le week-end. Un drone a touché samedi soir un SUV qui roulait à Daouhet Kfarremmane, dans le caza de Nabatiyé, tuant les quatre passagers et blessant trois passants. Le lendemain, l’armée israélienne a revendiqué la frappe, affirmant avoir éliminé avec ce raid le « responsable logistique » de la force al-Radwan et trois autres combattants de cette unité d’élite du Hezbollah. « Le terroriste était impliqué dans le transfert d’armes et dans les tentatives de reconstitution des infrastructures terroristes du Hezbollah au Liban-Sud », a indiqué l’armée de l’État hébreu, via son porte-parole arabophone Avichay Adraee. « Les activités de ces terroristes constituaient une menace pour l’État d’Israël et ses civils, ainsi qu’une violation des accords entre Israël et le Liban », a ajouté l’armée. Le Hezbollah a revendiqué les quatre victimes de l’attaque comme étant des combattants et des funérailles ont été organisées par le parti à Kfarremmane dans la journée. Des centaines de personnes ont participé à l'événement, au cours duquel la foule a scandé des slogans anti-israéliens et anti-américains.

Focus

Négociations avec Israël : le Liban fait un pas... sera-t-il suffisant ?

Ce raid meurtrier a eu lieu alors qu’Israël a intensifié ses attaques au cours des derniers jours. L’armée israélienne avait par ailleurs effectué jeudi un raid terrestre meurtrier dans le Sud, poussant le chef de l’État Joseph Aoun à ordonner à l’armée de faire face à de telles incursions en territoire libanais. Une initiative aussitôt saluée par le tandem chiite. Dimanche, en fin d’après-midi, trois obus incendiaires ont été tirés par l’armée israélienne à la périphérie d’Aïtaroun (dans le caza de Bint Jbeil), au Liban-Sud, selon notre correspondant Mountasser Abdallah.

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Nabih Berry à Msayleh ?

En parallèle, plusieurs médias locaux ont indiqué que le président du Parlement, Nabih Berry, pourrait se rendre mardi à Msayleh, dans le caza de Saïda, au Liban-Sud, afin d’y présider une réunion sur la reconstruction après la guerre de l’automne 2024. Le choix de Msayleh est symbolique : d’abord parce que M. Berry y possède une résidence secondaire ; ensuite, parce qu’Israël y avait détruit une centaine d’engins de chantier le mois dernier. Cette attaque avait été interprétée comme un message adressé aux autorités libanaises : la reconstruction ne pourra pas commencer sans l’accord de Tel-Aviv.

L’escalade verbale (et militaire) se poursuit. Ce week-end, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a lancé de nouvelles menaces contre le Liban, laissant entendre que des frappes s’abattraient sur Beyrouth et ses alentours en cas de « tentative d’attaque contre le nord d’Israël », tandis que les offensives s’intensifient dans le Liban-Sud. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a lui aussi affirmé qu’il ne permettra pas au Liban de « redevenir un front contre » l’État hébreu.« L’engagement du gouvernement libanais à désarmer le Hezbollah et à le chasser du Liban-Sud doit être pleinement tenu », a déclaré samedi soir dans un entretien le ministre israélien de la Défense, affirmant que le parti chiite « joue avec le feu » et que le président libanais Joseph Aoun « traîne des...
commentaires (6)

Les leaders de ce parti n’ont eu de cesse de promettre une lutte jusqu’au dernier, alors Israël fait en sorte que leur promesse soit tenue. Au fait, combien il en reste? Parce nous patriotes avons cessé de compter.

Sissi zayyat

19 h 56, le 03 novembre 2025

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Commentaires (6)

  • Les leaders de ce parti n’ont eu de cesse de promettre une lutte jusqu’au dernier, alors Israël fait en sorte que leur promesse soit tenue. Au fait, combien il en reste? Parce nous patriotes avons cessé de compter.

    Sissi zayyat

    19 h 56, le 03 novembre 2025

  • Mais qui informe Israel des deplacements de ces sois-disants combattants? A pied, a velo, a moto ou en voiture, ils sont elimines comme des lapins. Alors, qui est derriere tout ca?

    IMB a SPO

    14 h 26, le 03 novembre 2025

  • Israël nous répète ce que l’on sait déjà. Plus de guerre contre lui, sinon…il nous confirme que le cessez-le-feu, pleinement approuvé par la milice vaincue, lui donne le droit d’utiliser le fouet à sa guise ! C’est bien à cause de cette milice de malheur que notre pays est menacé des pires représailles. Impliquer l’armée peut nous plaire, mais ne résoudra rien. C’est la milice qui a commencé et l’armée ne doit pas en payer le prix . Le Liban officiel n’a pas fait la guerre, même Mikati l’a dit. Alors la faire maintenant alors qu’elle est déjà perdue ne serait pas très sage. Du calme SVP.

    Goraieb Nada

    06 h 36, le 03 novembre 2025

  • Naiim dans son bunker ou en Iran est entrain de préparer sa riposte, il va assassiner un à un les soldats Israéliens avec ses drones ... les Israéliens n'ont qu'à bien se tenir. Pour le moment il préfère dans sa grande sagesse refuser de désarmer tout en criant vengeance, tout en menaçant mais sans bouger un doigt, accusant l'état d'inaction, le rendant responsable de leurs méfaits et pendant ce temps il observe ses combattants tomber un à un, canardés comme à la fête foraine.

    Zeidan

    15 h 39, le 02 novembre 2025

  • Naiim Kassem suppliait le grand frère pour trouver le moyen pour un cesser le feu avec Israël à tout prix. Ça il le sait. Et aujourd’hui qui va supplier quand Israël recommence le massacre sur tout ce qui bouge y compris le tunnel de sa résidence, à moins qu’il se trouve déjà chez son maître en Iran. Mais quel mercenaire criminel qui laisse tout ce monde en danger de mort assuré.

    Gebran Eid

    13 h 50, le 02 novembre 2025

  • Si n’importe quel autre pays se comportait de cette manière…….il serait banni de la société des démocraties, avec une cessation des relations commerciales. C’est exactement le raisonnement ( soi-disant ) de la Russie de Poutine en envahissant l’Ukraine. « Et si ce n’était pas toi, c’était donc ton frère….. »

    Hacker Marilyn

    13 h 06, le 02 novembre 2025

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