Le journaliste Bassam Barrak, disparu le lundi 27 octobre à l'âge de 53 ans. Photo ANI
Il était un visage bien connu du petit écran au Liban, un journaliste au professionnalisme unanimement célébré, un professeur d’université et un formateur à l’élocution en langue arabe classique, une langue qu’il affectionnait particulièrement. Bassam Barrak s’est éteint à 53 ans des suites d’une longue maladie, rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle) le lundi 27 octobre.
Sitôt son décès annoncé, les réactions et hommages se sont succédé pour célébrer sa longue carrière dans les médias, la formation journalistique et l’enseignement. Bassam Barrak avait commencé son parcours dans les médias en 1991 à la LBCI et dans la radio « Voix du Liban », en tant que présentateur du bulletin d’information. Il a également couvert des événements politiques et culturels majeurs, aux niveaux local et international, et a présenté une émission appelée « l’expérience d’une vie ».
Dictée en arabe
En 2010, Bassam Barrak est recruté par la chaîne de télévision du Futur, où il présentait les nouvelles. C’est à cette époque qu’il a débuté les formations en langue arabe. Il a été formateur en présentation du journal télévisé et en élocution en langue arabe classique dans plusieurs médias au Liban et à l’étranger, et dans diverses institutions comme la fondation May Chidiac. Il enseignait également au sein de la Faculté d’information de l’Université Antonine et officiait comme coordinateur des études de langue arabe. Il a présenté notamment un programme de dictée en arabe classique sur la LBCI.
Bassam Barrak s’est illustré notamment pas sa fameuse dictée en arabe qu’il organisait chaque année à l’Université Antonine, à l’occasion de la Journée mondiale de la langue arabe.
Parmi les nombreuses personnalités à lui avoir rendu hommage, le président libanais, Joseph Aoun, qui a salué son « visage posé, ses mots élégants, sa maîtrise parfaite de la langue arabe et son professionnalisme ». Le ministre le l'Information, Paul Morcos, a pour sa part salué la mémoire d'une « figure éminente et une voix pure » des médias libanais.
Les hommages des journalistes
Ses collègues et amis ont, eux, tous insisté sur le professionnalisme et le caractère aussi chaleureux que sobre du journaliste disparu précocement. « Le journaliste honnête, compétent, cultivé et bon s’en est allé… et avec lui les dictées qu’il rédigeait avec brio et autour desquelles il nous réunissait pour une compétition de langue arabe…. L’amoureux de Feyrouz est parti… Bassam en a fini avec la maladie et la souffrance, que son âme repose en paix », a écrit la journaliste May Abi Akl sur Facebook.
« Qu’on le décrive comme un exemple de moralité dans les médias et la presse, ou comme cet homme courtois et raffiné, ou comme ce professionnel hors pair, gardien de la langue arabe et professeur infatigable, ou comme ce croyant qui a combattu la maladie par son attachement à Jésus… Il était Bassam Barrak, celui qui a tourné la page de la souffrance et s’en est allé, laissant derrière lui une réputation irréprochable… Adieu mon cher ami », écrit le vice-rédacteur en chef du journal an-Nahar, Nabil Bou Monsef, en hommage à son confrère.
Le club de la presse au Liban a annoncé la disparition du journaliste, le qualifiant de « symbole du professionnalisme et du véritable journalisme ». « Avec le départ du grand journaliste Bassam Barrak, le paysage médiatique libanais et arabe perd une voix exceptionnelle qui s’est caractérisée par le calme, le respect et le professionnalisme. Il laisse son empreinte dans le cœur de ceux qui l’ont connu, lui qui a appris à des générations entières la langue arabe et l’élocution, ainsi que l’engagement vis-à-vis des mots, de la sobriété et de la liberté d’expression », poursuit le communiqué.



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"Il laisse son empreinte dans le cœur de ceux qui l’ont connu, lui qui a appris à des générations entières la langue arabe et l’élocution, ainsi que l’engagement vis-à-vis des mots, de la sobriété et de la liberté d’expression », poursuit le communiqué." Oui, des "générations entières" qui n'ont rien retenu et qui vous massacrent l'élocution arabe à longueur de journée: ils/elles ne distinguent plus le "harf chamsi" du "harf qamari", et, comble de l'ignorance, ils/elles ont éliminé complètement la "hamzat-al-wasl" du discours, surtout durant les reportages! Qu'il repose en paix...
12 h 40, le 03 novembre 2025