Des partisans du Hezbollah défilent dans la banlieue sud de Beyrouth début août 2025. Photo d'archives Mohammad Yassine/L’OLJ
La pression internationale exercée sur les autorités libanaises pour désarmer le Hezbollah s'accentue. Alors que le risque d'une possible escalade israélienne plane sur le pays, le nouvel ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, a averti que la patience de la communauté internationale n'était pas illimitée, rappelant que l'aide américaine reste conditionnée à « l'unité nationale » et à la responsabilité de tous les acteurs libanais. Sur la scène locale, le président du Parlement Nabih Berry a appelé les Libanais à « s’unir » face à une phase qui s'annonce « difficile », mettant en garde contre les « manœuvres israéliennes » contre la souveraineté nationale. Les frappes israéliennes se sont entre-temps poursuivies samedi au Liban-Sud, où un responsable du Hezbollah a été tué dans la localité de Harouf.
« Le gouvernement libanais est la seule autorité légitime représentant tous les citoyens, l’armée et les institutions officielles doivent être respectées, soutenues et fonctionner sans aucune ingérence », a ainsi souligné à Washington le diplomate US devant un groupe d'expatriés libanais. Il a dans ce cadre rappelé que « la politique des États-Unis reste constante », avertissant dans le même temps que « la patience de la communauté internationale n’est pas illimitée ». « Les États-Unis ne toléreront aucune situation qui permettrait au Liban de faire place à des groupes menaçant la paix ou hostiles au peuple américain », a-t-il ajouté. Il a aussi noté que « Washington et ses partenaires sont prêts à aider le Liban », précisant néanmoins que « cette aide doit accompagner l'unité nationale et un sentiment de responsabilité ».
Ces propos interviennent alors que la pression s’intensifie sur Beyrouth pour que l’État reprenne le monopole des armes un an après le cessez-le-feu conclu avec Israël. Washington conditionne toujours le déblocage de l’aide internationale au désarmement du Hezbollah. Selon des informations obtenues par L’Orient-Le Jour, la diplomatie américaine envisagerait de profiter de l’arrivée de Michel Issa, lui-même d’origine libanaise, pour élaborer un nouveau « plan de travail » inspiré de l’accord de Gaza. Ce projet, encore embryonnaire, insisterait sur l’importance de négociations directes entre le Liban et Israël pour régler la question des frontières et du retrait israélien.
L'Orient-Le Jour a appris de source diplomatique que l'émissaire américaine Morgan Ortagus est attendue lundi à Beyrouth en provenance de Tel-Aviv. Tom Barrack, lui, arrivera mercredi.
Berry appelle à l'unité nationale
Dans ce contexte diplomatique tendu, le président du Parlement Nabih Berry a mis en garde contre une « phase difficile » à venir. Dans un entretien accordé au quotidien al-Joumhouriya, il a averti que « les pressions pourraient s’accroître et prendre des couleurs et formes différentes dans la prochaine phase ». Selon lui, « Israël, à travers son non-respect du cessez-le-feu, s’est fixé pour objectif de saboter cet accord et de torpiller la résolution 1701 ». Les violations de la trêve conclue en novembre dernier se poursuivent en effet au Liban. Samedi, l'armée israélienne a affirmé avoir tué un responsable du système de missiles antichars de l'unité Radwan du Hezbollah, dans une frappe de drone ciblée à Harouf (Nabatiyé), près d'une école officielle du village.
Nabih Berry a également appelé les Libanais à la cohésion. « Donnez-moi l’unité des Libanais et je vous donnerai la victoire certaine sur Israël », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d'une « stabilité interne ».
Pour le Hezbollah, pas de remise des armes
Du côté du Hezbollah, la remise des armes à l'État ne semble pas à l'ordre du jour tant qu'Israël continue de violer le cessez-le-feu. Le vice-président du conseil politique du parti chiite, Mahmoud Comati, a rappelé samedi que « la résistance refuse de remettre les armes parce que le Liban reste menacé par Benjamin Netanyahu. « Le Liban, État et résistance, s’est engagé à respecter la résolution 1701, tandis qu’Israël ne s’y est jamais conformé, mettant en coordination avec les États-Unis la pression sur le Liban pour qu’il livre les armes de la résistance », a-t-il dénoncé.
Le député du Hezbollah Kassem Hachem a estimé pour sa part que « les données actuelles montrent que nous sommes dans une phase ouverte à toutes les éventualités dans les jours à venir ». Il a estimé que les dernières déclarations de l’émissaire américain Tom Barrack « ont accru l’inquiétude et élevé le niveau de tension et d’escalade ». « L’Américain parle au nom de la communauté internationale mais avec une voix israélienne claire, alors que le Liban respecte le cessez-le-feu au maximum malgré les agressions et l’occupation continue de son territoire », a-t-il ajouté.
L'émissaire américain Tom Barrack avait mis en garde lundi dernier contre une nouvelle offensive israélienne si le parti chiite n'est pas désarmé, appelant les autorités à entamer des négociations directes avec Israël.
Kassem Hachem a enfin affirmé que « la ligne Baabda-Aïn el-Tiné est ouverte, avec des conjectures sur la tenue d'une réunion tripartite à tout moment pour coordonner le mécanisme des négociations et examiner les points et les questions qui le nécessitent ».



Le Hezbollah a accepté le cessez le feu qui stipule qu'il devait remettre TOUTES ses armes dans les 60 jours qui suivent la signature. Cette reddition nous a été caché pour ne pas exposer l’étendue de sa déconfiture. Ce n'est donc pas Israël qui n'a pas respecté le cessez le feu mais bien le Hezbollah a qui cela convient pour perdurer et ne pas voir ses propres ouailles l'abandonner complètement. A présent le délai déterminé par le gouvernement prend fin. Il faudra rendre des comptes a partir de Janvier et les hezbollahis paieront le prix fort qui pourrait de traduire par un exil définitif...
14 h 54, le 27 octobre 2025