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Politique - Liban

Le (dernier) message de Barrack au Liban : Le désarmement du Hezbollah ou le « chaos »

L'envoyé spécial américain a mis en garde contre une nouvelle offensive israélienne et un report des législatives si le parti chiite n'est pas désarmé.

Le (dernier) message de Barrack au Liban :  Le désarmement du Hezbollah ou le « chaos »

L’émissaire américain Thomas Barrack à Aïn el-Tiné, le 19 juin 2025. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour

Cela ressemble à un « testament ». Et encore plus à un avertissement. Alors que le rôle de Tom Barrack, envoyé spécial américain pour la Syrie et le Liban doit prendre fin dans les semaines à venir, il a publié sur X un long texte dans lequel il estime que les deux pays limitrophes d'Israël sont les « prochaines pièces du puzzle pour la paix au Levant. » Concernant le Liban, où son approche diplomatique parfois cassante s'est retrouvée au cœur de polémiques ces derniers mois, il a insisté sur l'importance du désarmement du Hezbollah, mettant en garde, si le parti chiite ne rend pas les armes, contre une nouvelle offensive israélienne et un report des législatives de mai 2026 sur impulsion du parti jaune, qui mènerait le pays au « chaos ».

Dans son message, M. Barrack a insisté sur le désarmement du Hezbollah et le lancement de « discussions sécuritaires et sur la frontière avec Israël », après « l'échec » de l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024. Il a attribué cet échec au fait qu'aucun « accord direct » n'a été conclu entre Israël et le Hezbollah, ce qui empêche la création d'un « réel mécanisme d'application » des modalités, alors qu'Israël continue de frapper quotidiennement le Liban-Sud et d'occuper au moins six positions en territoire libanais.

Le diagnostic de l'émissaire, lui-même d'origine libanaise, face à cette situation est sévère : « L’Iran continue de financer le Hezbollah malgré les sanctions, tandis qu’un Conseil des ministres libanais divisé envoie des signaux contradictoires à ses propres forces armées, privées de moyens et d’autorité. Résultat : un calme fragile sans paix, une armée sans autorité et un gouvernement sans contrôle. » Selon lui, la volonté du gouvernement de récupérer aux mains de l'Etat le monopole des armes est « une aspiration plutôt qu’une réalité, entravée par la domination politique du Hezbollah et la crainte de troubles civils. » « Le cabinet libanais, paralysé par le confessionnalisme, tente de faire des gestes de bonne foi, qu’Israël rejette totalement, jugeant que la rhétorique ne correspond pas à la réalité », a-t-il assené.

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Il a dans ce cadre reproché au cabinet d'avoir « refusé d'adopter » son plan intitulé « Un dernier essai » présenté pendant l'été, et qui prévoyait un désarmement progressif du parti chiite en échange d'incitations économiques. Le gouvernement avait approuvé début août le « préambule » de ce plan, au grand dam du Hezbollah, puis avait chargé l'armée de procéder au désarmement de toutes les milices, selon un plan présenté par la troupe. Il a regretté que toutes les initiatives présentées par Washington pour aller vers une solution « pacifique » entre le Liban et Israël, sur base d'incitations économiques, « sont au point mort », et que les autorités libanaises doivent désormais faire face à « un choix décisif : emprunter la voie du renouveau national ou rester prisonnier de la paralysie et du déclin. » Un ultimatum lancé une semaine pile après l'ouverture faite par le président libanais, Joseph Aoun, qui a appelé à lancer des négociations directes avec Israël pour résoudre les questions encore en suspens entre les deux pays, comme la délimitation de la frontière terrestre.

Tom Barrack a encore averti qu'Israël pourrait « agir unilatéralement – avec des conséquences graves — si Beyrouth continue d'hésiter. » Le cas échéant, « la branche armée du Hezbollah » fera face à une « confrontation majeure avec Israël », alors qu'il est déjà affaibli. Ce qui risque de mettre sa branche politique face à un isolement certain, à quelques mois des élections législatives de mai prochain. Cela mènerait, selon l'émissaire, le parti jaune à vouloir reporter le scrutin pour préserver sa base. Ce qui, selon lui, « lui offrira un sursis pour se réarmer » et « plongera le Liban dans un chaos profond, fracturant davantage un système politique déjà fragile et ravivant les tensions confessionnelles. » « La perception qu’une seule milice puisse suspendre la démocratie éroderait la confiance publique, attirerait les ingérences régionales et risquerait de précipiter le Liban de la crise vers la désintégration institutionnelle », a-t-il mis en garde.

Accords d'Abraham : après Riyad, le reste de la région

Évoquant les accords d'Abraham, de normalisation entre les pays arabes et Israël, que Donald Trump aimerait étendre dans la région, Tom Barrack a estimé qu'après la signature par Riyad « au seuil d'une adhésion formelle », les autres pays de la région suivront, « attirés non par la contrainte, mais par la prospérité. » « Le moment est venu pour le Liban d’agir », a-t-il exhorté, soulignant que toutes ces « questions complexes » seront abordées par le Liban avec l'aide du nouvel ambassadeur Michel Issa. Grand ami de Donald Trump, M. Issa est également d'origine libanaise. Sa nomination en tant qu'ambassadeur américain au Liban avait été avalisée par le Congrès il y a deux semaines.

M. Barrack a en outre fait le bilan des avancées diplomatiques de ces derniers mois sur le dossier syrien, notamment la levée des sanctions américaines qui avaient été imposées au régime Assad (renversé le 8 décembre 2024). Selon lui, cette décision « n'est pas un acte de charité ; c’est une stratégie », en prévision de la reconstruction des infrastructures, des écoles, hôpitaux etc. par des « alliés et investisseurs privés ».

Cela ressemble à un « testament ». Et encore plus à un avertissement. Alors que le rôle de Tom Barrack, envoyé spécial américain pour la Syrie et le Liban doit prendre fin dans les semaines à venir, il a publié sur X un long texte dans lequel il estime que les deux pays limitrophes d'Israël sont les « prochaines pièces du puzzle pour la paix au Levant. » Concernant le Liban, où son approche diplomatique parfois cassante s'est retrouvée au cœur de polémiques ces derniers mois, il a insisté sur l'importance du désarmement du Hezbollah, mettant en garde, si le parti chiite ne rend pas les armes, contre une nouvelle offensive israélienne et un report des législatives de mai 2026 sur impulsion du parti jaune, qui mènerait le pays au « chaos ».A Personal Perspective – Syria and Lebanon Are the Next Pieces...
commentaires (11)

"Le désarmement du Hezbollah ou le «chaos ". Tout le monde le sait ... et tout le monc s'en fiche! Au moins en haut lieu.

Yves Prevost

11 h 41, le 21 octobre 2025

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Commentaires (11)

  • "Le désarmement du Hezbollah ou le «chaos ". Tout le monde le sait ... et tout le monc s'en fiche! Au moins en haut lieu.

    Yves Prevost

    11 h 41, le 21 octobre 2025

  • Ces déclarations américaines montrent l'incapacité américaine d'arrêter cette bande de criminels israéliens de continuer à attaquer un pays indépendant, de continuer à violer les lois internationales et humaines. Que monsieur Barrak avoue que les USA ont perdu, et donc pas besoin pour le Liban de leur faire confiance. Des menaces comme il le fait ne sont pas dignes d'un vrai Libanais, mais d'un Américano-libanais qui s'est fait avoir par l'influence néfaste américaine!! Dommage!! C'est à M. Barrak de s'excuser des menaces proférées, et à lui de montrer les dents à Israél!!

    Hélène SOMMA

    22 h 32, le 20 octobre 2025

  • Joseph Aoun est l’ami du grand frère, il se sent protégé comme ça . Donc il faut pas attendre à des miracles. L’espoir vient d’Israel , il faut savoir quand et comment, espérons qu’il arrive rapidement. Longue vie au grand patriote Achraf RIFI

    Gebran Eid

    21 h 13, le 20 octobre 2025

  • La message est sans appel. A notre nouveau pouvoir de décider qui croire. Les vendus vaincus qui menacent désormais notre sécurité et notre existence, ou alors ceux qui les ont anéantis.

    Sissi zayyat

    18 h 02, le 20 octobre 2025

  • Personne n'a besoin d'une Ortagus ou d'un Barrack pour savoir que c'est l'Iran et son Hezbollah inféodé qui font le malheur des Libanais, y compris des chiites eux-memes! POINT

    RAYMOND SAIDAH

    17 h 56, le 20 octobre 2025

  • """"Le désarmement du Hezbollah ou le « chaos »"""". Combien de fois on a entendu ceci ou le chaos, comme si les Libanais sont assez libres pour assumer un choix. Depuis Murphy à l’occasion de l‘élection de Daher, à Barrack, c’est le même langage, celui du bâton, ceci ou le chaos. Monsieur Barrak ne dit jamais comment il empêche les drones de nos voisins du sud à survoler notre territoire.

    nabil

    12 h 51, le 20 octobre 2025

  • Mon dernier commentaire concerne ce passage de l'article : ""Concernant le Liban, où son approche diplomatique parfois cassante s'est retrouvée au cœur de polémiques ces derniers mois"", et c'est bon à savoir.

    nabil

    12 h 37, le 20 octobre 2025

  • On peut dire de Barrack et de Ortagus, une chose et son contraire, mais leur franc parler a le mérite de la clarté. Quand Madame Morgan Ortagus ne dit sur un zaïm local (le druze Joumblatt) que ce qu’il fallait dire sur ses tendances ou orientations de l’époque, ou quand elle s’étire ou qu’elle baille après la déclaration d’un leader (chiite), elle émet un message avec peu de mots. Elle a son style, sa manière de communiquer, et c’est à son honneur. Quand on se frotte au dossier libanais en pleine guerre, c’est un bonus pour l’avenir de sa carrière. Madame Ortagus désarme par son seul regard.

    nabil

    12 h 35, le 20 octobre 2025

  • C,est un fait. On ne fait que le repeter sur ce forum. Notre Etat, notre Armee, pour des raisons connues, ne peuvent pas mener a bonne FIN le JOB. D,autres, munis du droit que leur donne l,accord du cessez-le-feu signe par Berry en tete, par Kassem en second et par Mikati comme accessoire, vont lacher le CYCLONE lequel malheureusement rasera EL AKHDAR WEL YEBES.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 33, le 20 octobre 2025

  • C'est direct sec et sans confitures ni fioritures. On peut dire que son discours est alarmiste qu'il ne sait pas prendre de gants ... nous avons vu où toutes les tergiversations et les arrangements nous ont mené ... au Chaos. Il a raison de dire les choses clairement car au Liban on préfère rester aveugle et sourd en usant de langages mille fois répétés de voeux pieux jamais réalisés.

    Zeidan

    12 h 29, le 20 octobre 2025

  • ""…une nouvelle offensive israélienne et un report des législatives de mai 2026."" Les mêmes au Liban qui parlent de futures élections législatives, qui mobilisent leurs partisans en faveur du scrutin, qui se déplacent aux quatre coins du monde, par (Zoom compris) sont les mêmes qui annoncent la fin du monde par une prochaine guerre particulièrement destructrice ou par des frappes chirurgicales. Sont-ils sûr que la prochaine guerre s’arrêtera à temps pour le déroulement des élections ? S’ils sentent le vent en poupe, ils seront sûrs de remporter les élections, si la guerre s’arrêtera à temps.

    nabil

    12 h 21, le 20 octobre 2025

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