Sit-in des professeurs vacataires horaires de l'UL devant le ministère de l'Education le 5 mars 2024. Photo Anne-Marie el-Hage/L'Orient-Le Jour
Les professeurs contractuels de l'Université libanaise ont invité le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam, la ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur Rima Karamé, et le recteur de l’université publique Bassam Badran à remettre à l’ordre du jour le dossier des statuts de vacataire à temps plein, un contrat intermédiaire entre leur situation actuelle et celui d'enseignant cadré. Le dossier est bloqué depuis onze ans pour des considérations d'équilibre communautaire.
« Depuis 2014, date à laquelle le dernier dossier d’intégration au statut de vacataire a été approuvé, l'Université libanaise n'a connu aucun nouveau recrutement à temps plein. Et pourtant, le nombre d’étudiants a doublé, les programmes académiques et de recherches se sont développés, imposant aux professeurs contractuels des charges supplémentaires dépassant leurs capacités, dans des conditions matérielles et fonctionnelles difficiles qui menacent la stabilité et la pérennité de l'université », a souligné le communiqué publié par les contractuels, une quarantaine de représentants de toutes les facultés et sections de l’UL.
« Quelque 1500 professeurs sont aujourd’hui candidats au statut de vacataires à temps plein », affirme à L’Orient-Le Jour Hicham al-Falou, professeur de physique à la faculté de Sciences de l’UL de Tripoli (section 3). « Nous réclamons que nos contrats temporaires soient transformés en contrats permanents à temps plein », explique-t-il. Et pour cause, les contractuels ne perçoivent ni salaire mensuel, ni indemnités de transport ou de fin de service, ni allocations familiales, pas plus qu’ils ne sont affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale. « Nous demandons un salaire mensuel et les allocations auxquelles nous avons droit », souligne l'enseignant, invitant les responsables à mettre le dossier des contractuels de l’UL à l’ordre du jour de la prochaine séance du Conseil des ministres.
Alors que l’équivalent du salaire moyen d’un enseignant de l’UL oscille aujourd’hui entre 2000 à 2500 dollars sans compter les allocations et autres avantages, les professeurs contractuels de la seule université publique du pays n’ont perçu, l’année dernière, qu’un salaire horaire équivalent à 25 dollars en moyenne. Avant la crise de 2019 et l’effondrement de la livre, ce salaire horaire atteignait 66 dollars pour l’échelon le plus élevé. « Selon l’échelon, le salaire horaire varie aujourd’hui entre deux millions et deux millions quatre cent mille livres », précise M. al-Falou, évoquant « la promesse du recteur de l’UL Bassam Badran aux contractuels de faire évoluer ce salaire à 45 dollars l’heure ».
« Aux demandes de temps plein, s’ajoute le fait que le salaire horaire des contractuels de l'Université libanaise est devenu le plus bas de toutes les universités du pays », ont ajouté les eneignants mobilisés. Ils ont enfin dénoncé le manque de budget alloué à l’UL.


