Des Palestiniens enterrant 54 corps non identifiés dans un cimetière de Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 22 octobre 2025, après que ces dépouilles ont été restituées par Israël dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis. Photo AFP
Un juge de la Cour suprême israélienne a demandé jeudi un délai supplémentaire pour examiner le recours déposé par l'Association de la presse étrangère à Jérusalem (FPA) pour un accès des journalistes dans la bande de Gaza.
Le juge a estimé que la situation sur le terrain était toujours délicate et difficile à analyser, en disant qu'il « espère » qu'elle sera claire d'ici 30 jours. Il n'a pas fixé de date pour une prochaine audience. L'audience devant la plus haute juridiction israélienne, la première depuis le dépôt du recours il y a deux ans, a eu lieu jeudi matin pour examiner le recours déposé par la FPA, qui représente les médias internationaux en Israël et dans les territoires palestiniens. Les choses auraient pu être réévaluées à plusieurs autres moments auparavant, a fait valoir l'avocat de la FPA, Gilead Sher, évoquant les deux précédents cessez-le-feu en novembre 2023 et début 2025, et des périodes de « réductions des combats ».
Depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas, les autorités israéliennes ont empêché les journalistes de médias étrangers d'entrer de manière indépendante dans le territoire dévasté. Elles ont autorisé au cas par cas une poignée de reporters à accompagner leurs troupes dans le territoire palestinien sous blocus israélien. « Nous avons attendu très longtemps ce jour », commentait avant l'audience la présidente de la FPA, Tania Kraemer. « Nous disons que nous espérons pouvoir entrer à Gaza, qu'ils ouvrent Gaza après ce long blocus, et nous espérons pouvoir y travailler aux côtés de nos collègues palestiniens », a-t-elle ajouté.
« Nous avons un droit d'informer la population, la population du monde, la population israélienne, la population palestinienne, nous sentons que nous devons nous tenir à côté de nos collègues palestiniens à Gaza, qui ont été les seuls à pouvoir informer le public sur ce conflit, pendant les deux dernières années », a déclaré Nicolas Rouget, membre du conseil d'administration de la FPA. « C'est sans précédent évidemment dans l'histoire du conflit, de ne pas pouvoir avoir accès à la population gazaouie (... c'est aussi une question humaine fondamentale, de pouvoir avoir accès à cette population », a-t-il ajouté.
Au cours des deux années écoulées, la FPA a demandé à plusieurs reprises l'accès à Gaza pour les journalistes. « Ces demandes ont été ignorées à maintes reprises, tandis que nos collègues palestiniens ont risqué leur vie pour fournir sans relâche des reportages courageux depuis Gaza », selon l'association. Un journaliste de l'AFP siège au conseil d'administration de la FPA. L'organisation Reporters sans frontières (RSF) s'est jointe à la requête déposée par la FPA.
La guerre a causé la mort de plus de 210 journalistes palestiniens dans le territoire, a souligné mardi Antoine Bernard, directeur du plaidoyer et de l'assistance à RSF. Le 10 octobre, un cessez-le-feu est entré en vigueur dans la bande de Gaza et Israël a commencé à retirer ses troupes de certaines zones du territoire palestinien, dans le cadre d'un accord élaboré sur la base du plan en 20 points du président américain Donald Trump visant à mettre fin à la guerre.

