Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, lors d'un entretien avec l’AFP à sa résidence de Meerab, au nord de Beyrouth, le 7 octobre 2025. Photo Joseph EID / AFP
Dans une nouvelle charge virulente contre le président du Parlement, Nabih Berry, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, lui a reproché de vouloir s'arroger le pouvoir de décision à la Chambre, en raison de ses prises de position concernant le vote des expatriés lors des législatives de mai 2026. M. Geagea a cité dans sa tirade, publiée sur X, une phrase supposément prononcée par le chef du Législatif, que celui-ci a toutefois nié avoir dite.
« C’est la majorité parlementaire, et non vous (Nabih Berry) (...), qui détient le pouvoir de décision au sein du Parlement », lui a lancé M. Geagea, alors que le chef du législatif refuse toujours d'inclure à l'ordre du jour d'une séance plénière un amendement de la loi électorale de 2017 visant à garantir aux expatriés libanais le droit de voter, depuis leur pays de résidence, pour l’ensemble des 128 députés du Parlement. « Vous ne pouvez pas réduire le Parlement à votre seule personne », s'est indigné Samir Geagea dans son message. Il est allé encore plus loin en affirmant que « c’est soit la Constitution, la loi et le système, soit la loi de la jungle. Et nous ne tolérerons plus la loi de la jungle ».
دولة الرئيس نبيه بري، لا تستطيع اختزال المجلس النيابي بشخصك. إن قولك "إننا قد جربنا تصويت المغتربين في الانتخابات النيابية السابقة لمرة واحدة وأخيرة، ولا إمكانية على الإطلاق لتكرار هذا الأمر لمرة ثانية مهما علا الصراخ والضجيج"، هو قول يضرب المجلس النيابي، والنظام البرلماني،…
— Samir Geagea (@DrSamirGeagea) October 20, 2025
Selon Samir Geagea, M. Berry aurait déclaré : « Nous avons expérimenté le vote des expatriés lors des dernières élections législatives, une première et dernière fois, et il n’est absolument pas question de le répéter, quels que soient les cris et le vacarme ». Pour Samir Geagea, les propos présumés de M. Berry « constituent une atteinte au Parlement, au système parlementaire, au système libanais et à la démocratie dans son ensemble ».
Nabih Berry n'a pas tardé à réagir, démentant avoir tenu de tels propos. « D’où tenez-vous ces paroles que vous m’attribuez ? N’avez-vous donc plus rien d’autre que de fabriquer des déclarations en mon nom ? » s'est défendu le chef du mouvement Amal, selon la chaîne NBN, affiliée au parti.
« Monsieur Berry, c’est le maximum que j’espérais, a ensuite écrit sur X M. Geagea. Dans ce cadre, nous attendons que vous inscriviez la proposition de loi, signée par 67 députés, à l’ordre du jour de la première session législative ».
La dernière déclaration du patron du perchoir publiée dans la presse au sujet des prochaines législatives remontait à vendredi dernier, lorsqu'il avait affirmé que « ceux qui souhaitent participer au scrutin (...) n'auront qu'à venir au Liban ».
La question sensible du vote des expatriés, qui polarise la scène politique depuis plusieurs mois, menace de paralyser le Parlement et fait craindre un report des élections prévues en mai prochain, voire un vote sans la diaspora. À l'instar de nombreuses organisations de la société civile au Liban et à l'étranger, certains partis dont les FL veulent amender la loi électorale de 2017. D'autres formations, en tête le tandem chiite Amal et Hezbollah, s’y opposent, préférant maintenir tel quel l’article 112, qui prévoit la création d’une circonscription spéciale pour les expatriés, composée de six sièges, qui viendraient s'ajouter aux 128 actuels. Depuis l'adoption de la loi électorale, cette modalité n'a jamais été mise en oeuvre et la loi avait été amendée afin de suspendre temporairement l'article 112.



"Vous ne pouvez pas réduire le Parlement à votre seule personne".
11 h 36, le 21 octobre 2025