Des habitants de la localité de Deir Seriane, dans le caza de Marjeyoun au Liban-Sud ont bloqué la route pour protester contre le retard dans le suivi du dossier des indemnisations vis-à-vis des habitants des régions sinistrées par la guerre d'automne, le 20 octobre 2025. Capture d'écran d'une vidéo parvenue à notre correspondant Mountasser Abdallah
Des habitants de Deir Seriane, village du caza de Marjeyoun au Liban-Sud, ont bloqué lundi la route principale du village pour protester contre le retard dans le suivi du dossier des indemnisations pour les habitants des régions sinistrées par les 13 mois de guerre entre Israël et le Hezbollah, rapporte notre correspondant local Mountasser Abdallah. Alors que le Sud reste visé quotidiennement par des frappes israéliennes, les habitants critiquent l'État libanais pour ce qu'ils considèrent des atermoiements pour réclamer le respect de la trêve et accélérer la reconstruction.
Les habitants ont fermé les voies avec un camion et brûlé des pneus. Ce sit-in a Deir Seriane a eu lieu alors que le ton semble monter pour réclamer au gouvernement des mesures plus concrètes concernant la reconstruction, les versements d'indemnités et des positions plus strictes face aux attaques israéliennes. Dans ce cadre, ces derniers jours, une vidéo d'un homme dénonçant le manque de « soutien » de l'État libanais face au Sud a largement circulé sur les réseaux sociaux, en écho aux critiques adressées par le président du Parlement, Nabih Berry, il y a dix jours, au Premier ministre, Nawaf Salam, qu'il accusait de se désintéresser de cette région.
M. Salam avait réagi en rappelant plusieurs mesures prises par l'exécutif pour faire suite au cessez-le-feu. Néanmoins, lors d'une visite à Saïda, grande ville du Sud, vendredi, il avait reconnu que l'État ne dispose pas actuellement de « moyens suffisants » pour financer la reconstruction, tout en se disant optimiste quant à l'organisation prochaine d'une conférence internationale pouvait amener des financements.
M. Berry a en outre reçu dimanche à Aïn el-Tiné, Tarek Mazraani, fondateur du « Rassemblement des habitants des localités frontalières du Sud ». L’ingénieur a remis au chef du Législatif « une liste des revendications et propositions » de ce collectif multiconfessionnel et apolitique, qui comprend des représentants de la plupart des villages frontaliers, réclamant notamment le lancement immédiat des travaux de déblayage des décombres et du chantier de reconstruction des zones détruites par Israël. A l'occasion des deux ans du début de la guerre, avec l'ouverture d'un front au Liban-Sud par le Hezbollah, ce Rassemblement avait organisé des sit-in accusant l'Etat d'inaction.
Les détracteurs du parti chiite refusent que le gouvernement paie pour la reconstruction et les indemnités, estimant que ce n'est pas aux Libanais de payer pour les conséquences d'une guerre lancée contre Israël par le Hezbollah.



Pour lancer la reconstruction, il faut des sous. Pour avoir les sous, il faut se debarasser completement du Hezb ET sortir de la crise bancaire. Or, ni le Hezb , ni les crapules bancaires ne veulent sortir de l'actuel status-quo branlant. A quoi ca servirait de lancer la reconstruction si les Israeliens bombardent de nouveau ?
17 h 15, le 20 octobre 2025