L'uléma chiite Ali Fadlallah. Photo d'archives Ani
Une semaine après les propos tenus par le président de la République Joseph Aoun selon lequel « des négociations avec Israël s'imposent dans la dynamique de règlement de crise » dans la région, plusieurs personnalités proches du Hezbollah ont brisé dimanche le silence, certaines affirmant que « toute négociation directe ferait exploser le pays », d’autres dénonçant une tentative de « soumission politique » déguisée sous le slogan de la paix.
Le chef de l’État venait ainsi de briser un tabou, en plein chantier de désarmement de la formation pro-iranienne affaiblie par la récente guerre. Dans une volonté manifeste de ne pas se mettre à dos le parti chiite et le président de la Chambre, Nabih Berry, Joseph Aoun s’est également prononcé pour des négociations indirectes avec l’État hébreu, comme ce fut le cas pour le tracé de la frontière maritime en 2022.
Estimant que « c’est le moment de protéger le Liban contre le piège des négociations que Washington tente d’imposer pour consacrer les intérêts d’Israël », le mufti jaafarite Ahmad Kabalan a soutenu que l'État hébreu « est un ennemi absolu ». Le mufti, un proche du Hezbollah, a mis en garde que « toute négociation directe qui ferait exploser le pays », assurant que « le Liban n’a pas perdu la guerre et ne la perdra pas ». Il a également déclaré que « ceux qui ont affronté et combattu l’armée sioniste aux abords de Khiam ne donneront pas, par la politique, ce qu’ils n’ont pas cédé par la guerre ».
Kabalan a aussi appelé à la « préservation de l’unité nationale et des intérêts souverains » face au « pire terrorisme sioniste régional », indiquant que « sans unité libanaise, sans force intérieure et sans doctrine nationale », le Liban perdra « son identité, son poids et l’héritage de cent ans d’histoire ». Selon lui, « le danger, c’est Israël » et « la solution réside dans la neutralisation de son terrorisme ». Il a enfin souligné que « la solution réside dans le maintien du cessez-le-feu, non dans le feu politique », et a estimé que « séparer le Liban politiquement de sa doctrine nationale pourrait provoquer la pire explosion interne ».
Profitant de l’arrivée de son nouvel ambassadeur au Liban, Michel Issa, Washington envisagerait d’élaborer un nouveau « plan de travail » pour le Liban qui inclurait des indications sur l’importance de négociations directes avec Israël pour régler la question de la délimitation de la frontière et du retrait israélien des positions encore occupées. Cette feuille de route serait complémentaire de celle présentée cet été par l'émissaire américain Tom Barrack et s’inspirerait de l’accord de Gaza.
Ali Fadlallah : « Notre problème réside dans le recours aux puissances étrangères
Lors d’une cérémonie organisée en hommage à des miliciens du Hezbollah tués par Israël, le député Hassan Ezzeddine a déclaré pour sa part, à Selaa, dans le caza de Hasbaya (Liban-Sud), que « faire croire que la paix avec l’ennemi apporterait au Liban prospérité et bien-être est contraire à la réalité ». Le parlementaire du Hezbollah a ajouté : « À ceux qui pensent qu’imposer la paix par la force mènera à la stabilité, nous disons que c’est une illusion : celui qui impose la paix par la force ne crée pas la paix, car la paix véritable exige la justice ».
Le député chiite a déploré que « l’on entende désormais dans le pays des discours sur la paix, la normalisation et les négociations politiques directes », des propos qu’il a qualifiés de « slogans dont l’apparence est celle de la paix, mais dont le fond est la soumission ». Et d’affirmer : « Quiconque s’engage dans la paix de Trump et de Netanyahu s’engage en réalité dans la paix que nous avons vue à Gaza, selon la logique américaine, celle de la force imposée. Une paix qui place l’autre face à un seul choix : la reddition ou la mort ». Il a également souligné que « dans un pays comme le Liban, avec sa composition confessionnelle et politique, aucune partie ne peut imposer ses choix ni se fondre dans ce que veulent les Américains et les Israéliens ».
De son côté, l'uléma chiite Ali Fadlallah, intervenant au centre culturel islamique de Haret Hreik, a affirmé que « notre problème, c’est que nous n’avons construit ni patrie ni État. Nous restons un regroupement de clans qui se disputent le pouvoir et les privilèges, chaque communauté cherchant à dominer l’autre ou à s’appuyer sur des forces étrangères ». Pour lui, il est temps de « comprendre que notre salut passe par la solidarité et la cohésion pour affronter les défis et les projets qui se trament contre ce pays et contre toute la région ».
Un autre député du Hezbollah, Hussein Jechi, a quant à lui indiqué que « l’ennemi cherche à soumettre notre peuple, à briser notre volonté et à entraîner le Liban vers des négociations et la normalisation ». Pour le parlementaire, « l’ennemi sioniste cherche - à travers ses agressions quotidiennes - à soumettre notre peuple et à briser sa volonté et vise à entraîner le Liban vers des négociations et la normalisation, afin qu’il devienne d’abord un satellite sécuritaire et politique du projet de l’entité sioniste, avant d’imposer, dans une seconde phase, un contrôle total sur le pays et la région sous l’étendard du projet du « Grand Israël ». Ce projet commence par la pression sécuritaire, puis politique, ensuite la normalisation, pour aboutir au verrouillage total dans le cadre des efforts visant à soumettre notre peuple ». Et de conclure : «Il est impossible de cohabiter avec cet ennemi. Il ne nous reste que deux choix, sans troisième voie : soit la confrontation, soit la soumission, il n' y a pas de place pour la soumission».
Enfin, lors d'une intervention sur la radio « La Voix de Tout le Liban », le député de la Jamaa Islamiya Imad Hout a affirmé que « le Liban restera le dernier pays arabe à pouvoir s’engager dans la voie des négociations directes avec Israël », estimant que «cette option est rejetée tant sur le plan national que populaire, car elle contredit les principes fondamentaux de l’État libanais» et que « la position de Joseph Aoun est claire à ce sujet et reflète des constantes nationales indiscutables ». Il a également évoqué « la possibilité de discussions indirectes, comme cela s’est produit lors de la délimitation des frontières maritimes », précisant que «ce type de dialogue n’est pas nouveau, et la récupération de territoires libanais occupés par le biais de négociations indirectes demeure une possibilité envisageable».




OH! Comme si on demandait leur avis. Et sinon quoi? La guerre civile chère à votre cœur? Il va falloir oser répondre aux agressions de votre ennemi-ami que vous avez invité à vous envahir et vous tuer sans jamais osé montrer le bout de votre nez ni le bout d’un fusil depuis votre cachette avant de menacer. Alors comment comptez-vous faire une guerre interne depuis vos trous alors que les drones ne demandent qu’à vous voir sortir pour vous éliminer. Vous êtes forts avec des civils désarmés et lâches face à ceux qui vous ne vous laisse aucune chance pour pavoiser. Quelle résistance dites moi!
12 h 12, le 20 octobre 2025