Hannibal Kadhafi, le fils de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Photo AFP / ALBUM DE FAMILLE
Au lendemain de la décision de la justice libanaise de remettre en liberté Hannibal Kadhafi, moyennant le versement d'une caution exorbitante, le fils de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a souhaité qu'un « éclat de vérité » soit fait sur la disparition, en 1978 en Libye, de l'imam Moussa Sadr et ses compagnons, le journaliste Abbas Badreddine et le cheikh Mohammad Yaacoub.
M. Kadhafi est en détention depuis dix ans au Liban, sans qu'aucun procès n'ait jamais eu lieu, pour « recel d'informations » sur l'affaire Moussa Sadr, ancien président du Conseil supérieur chiite et fondateur du mouvement Amal.
« Je le dis aujourd’hui, avec la conscience tranquille : la justice divine a commencé à suivre son cours comme il se doit », a écrit sur X, au nom de celui qui est toujours en prison, sa conseillère et coordinatrice de sa défense, Inès Harrak. Celle-ci a expliqué à L'Orient-Le Jour que si Hannibal Kadhafi a bien son téléphone portable en prison, il n'est pas autorisé à l'utiliser pour aller sur les réseaux sociaux, mais que les mots qu'elle a écrits sur X sont ceux de son client. Le juge d'instruction près la cour de justice chargé de l'affaire Kadhafi, Zaher Hamadé, a entendu vendredi M. Kadhafi pour la première fois depuis huit ans et a décidé à l'issue de l'audience de le remettre en liberté contre le paiement d'une caution de 11 millions de dollars. Un montant qui va faire l'objet d'un recours de la part des avocats d'Hannibal Kadhafi.
« Je prie Dieu Tout-Puissant d’honorer la famille de l’imam Moussa Sadr et de ses deux compagnons par ne serait-ce qu’un éclat de vérité qui apaise la douleur de leurs cœurs et leur rende un peu de sérénité après une si longue attente, car la vérité ne s’éteint pas avec le temps », peut-on encore lire sur X.
Mme Harrak a qualifié cette déclaration de « nouveau pas en avant » après la décision judiciaire de vendredi, « pour montrer qu'il partage la douleur des familles. »
Les familles Sadr et Badreddine avaient contesté dans des communiqués vendredi la décision du juge Hamadé. La famille de Moussa Sadr avait estimé qu'Hannibal Kadhafi continue selon elles de fournir des informations qui pourraient « aider à localiser les lieux de détention de l’imam Sadr et de ses deux compagnons afin de les libérer ». La famille Yaacoub avait, elle, dénoncé des « ingérence politiques. »
Le fils de Mouammar Kadhafi avait été enlevé dans la Békaa, le 11 décembre 2015, par un groupe armé dans lequel avait été impliqué le fils du cheikh Mohammad Yaacoub, l'ancien député Hassan Yaacoub, qui a été détenu pendant sept mois, dans le cadre de l’affaire. Après avoir été relâché par ses kidnappeurs qui l’ont aussitôt livré au service des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) dans le Hermel, M. Kadhafi a été déféré en tant que témoin devant le juge Hamadé, qui a engagé des poursuites pour diffamation. L'affaire a connu un nouveau tournant, pour la première fois depuis dix ans, avec l'approbation par la famille Badreddine, partie civile, de la dernière demande de remise en liberté de M. Kadhafi, formulée en juin dernier.


Trop bon pour penser aux familles des haineux qui l,ont sequestre dix ans sachant qu,il est innocent.
13 h 43, le 19 octobre 2025